Monde

Scandale, le vice-Premier ministre australien est aussi… néo-zélandais

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 16.08.2017 à 13 h 48

Repéré sur The Guardian

Cette nouvelle bouleverse l'échiquier politique, puisque la Constitution australienne interdit à tous les détenteurs d’une double-nationalité d’occuper des emplois publics.

Le vice-Premier ministre australien et le leader du National Party, Barnaby Joyce, s'exprime durant le lancement de la Campagne de la Coalition à Sydney, le 26 juin 2016. SAEED KHAN / AFP

Le vice-Premier ministre australien et le leader du National Party, Barnaby Joyce, s'exprime durant le lancement de la Campagne de la Coalition à Sydney, le 26 juin 2016. SAEED KHAN / AFP

Barnaby Joyce, vice-Premier ministre de l’Australie et membre du parlement, est empêtré dans une affaire de nationalité qui pourrait bien lui coûter ses mandats. Surtout connu dans l’hémisphère nord pour avoir menacé d’euthanasier les pauvres yorkshires de Johnny Depp et Amber Heard en 2015 –entrés sans autorisation–, l’homme politique fait de nouveau la une des journaux, et pas uniquement des tabloïds cette fois-ci.

Le 14 août 2017, Barnaby Joyce a déclaré devant le Parlement qu’il possédait peut-être la double-nationalité australienne et néo-zélandaise, raconte le Guardian. L'annonce suit les interrogations d'un député travailliste néo-zélandais. Celui-ci avait demandé par écrit au gouvernement de son pays si un enfant né en Australie d'un père néo-zélandais avait automatiquement la nationalité néo-zélandaise. 

L'annonce a eu l’effet d’une bombe en Australie. La Constitution du pays interdit, en effet, à quiconque possède une double-nationalité d’occuper une charge publique, sauf si cette personne démontre qu’elle prend des mesures pour renoncer à sa deuxième citoyenneté. Cette loi est notamment censée assurer la «loyauté des élus envers l’Australie», d’après le Guardian. En juillet, deux sénateurs australiens avaient déjà démissioné après qu’il a été révélé qu’ils étaient également respectivement Néo-zélandais et Canadien.

Néo-zélandais à son insu?

Barnaby Joyce a affirmé devant le Parlement qu’il ne savait pas qu’il était citoyen de la Nouvelle-Zélande:

«Mes parents et moi n’avions aucune raison de penser que je puisse être citoyen d’un autre pays. Je suis né en Australie en 1967 d’une mère australienne. Mon père est né en Nouvelle-Zélande mais est venu en Australie en 1947 en tant que sujet britannique. Le concept de citoyen néo-zélandais n’a pas été créé avant 1948. Mes parents ne m’ont jamais enregistré en tant que Néo-zélandais.»

Après cette déclaration, Bill English, le Premier ministre néo-zélandais, a confirmé et rétorqué que «qu’il le veuille ou non» Barnaby Joyce était «citoyen de la Nouvelle-Zélande»Barnaby Joyce, lui, en appelle à la plus haute cour du pays pour trancher son cas.

Cette révélation assombrit l’horizon politique pour le Premier ministre australien Malcolm Turnbull, dont la majorité au Parlement n'est que d'un siège. Le départ de Barnaby Joyce pourrait possiblement aboutir au vote d'une «motion de non-confiance» à l’encontre de la coalition de droite au pouvoir.

La revanche d'Amber Heard

 

Sur Twitter, le fait que le vice-Premier ministre australien puisse être un «kiwi» –surnom utilisé par les Australiens pour désigner leurs voisins vivant de l’autre côté de la mer de Tasman– a fait beaucoup réagir:

Il joue au rugby. Il aime les moutons. Il s'habille bizarrement. Ouais, Barnaby Joyce est un Kiwi.

Amber Heard a sauté sur l'occasion pour se venger de celui qui avait voulu euthanasier Pistol et Boo:

Pour réconforter M. Joyce en ces temps difficiles, je lui ai envoyé une boîte des meilleurs kiwis de Nouvelle-Zélande (en supposant qu'elle passera ses lois de biosécurité).

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