Monde

Selon Trump, il y avait «des gens très bien» parmi les néonazis de Charlottesville

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 16.08.2017 à 9 h 25

Repéré sur New York Times

L'ancien leader du Ku Klux Klan David Duke a remercié le président pour son «courage».

Des manifestants néonazis et suprémacistes blancs à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. CHIP SOMODEVILLA / AFP.

Des manifestants néonazis et suprémacistes blancs à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. CHIP SOMODEVILLA / AFP.

La conférence de presse de Donald Trump sur ses projets d'infrastructure a rapidement dégénéré. Pendant les questions-réponses avec les journalistes, le président américain s'est mis à défendre les suprémacistes blancs venus manifester à Charlottesville les 11 et 12 août. 

Alors qu'une manifestante antiraciste a été tuée par un sympathisant néonazi qui lui a foncé dessus en voiture, Trump a tenu à souligner que les deux camps devaient être tenus responsables:

«Je pense qu'il y a du tort des deux côtés. Il y avait un groupe d'un côté qui était mauvais. Et un groupe de l'autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire. Je le dis maintenant.»

Trump a aussi dit qu'il y avait «des gens très bien des deux côtés», apparemment même parmi les manifestants armés qui scandaient des slogans nazis. «Je cherche les "gens très bien" dans ce défilé», a tweeté le journaliste de CNN Jake Tapper au-dessus d'une vidéo des manifestants.

Même sur la chaîne conservatrice Fox News, le journaliste Guy Benson a critiqué les propos du président sur les «gens très bien»:

«Ils chantaient des phrases comme "Les juifs ne nous remplaceront pas". Il n'y a rien de bien là-dedans.»

La veille de la conférence de presse, les conseillers du président avaient réussi à convaincre Trump de clairement dénoncer les néonazis, le Ku Klux Klan et les suprémacistes blancs. Mais le président a rapidement abandonné cette posture pour revenir à sa réaction initiale: mettre dos à dos les manifestants néonazis et antiracistes. 

«Qu'en est-il de l'extrême gauche ("alt-left") qui a foncé sur l'alt-right, comme vous dites? Est-ce qu'il ne sont pas aussi coupables?»

John Kelly, le nouveau chef de cabinet qui était censé apporter un peu de discipine et de respectabilité à la Maison Blanche, a eu l'air particulièrement désespéré en écoutant les propos du président.

Donald Trump a aussi effectué une comparaison entre le général sudiste Robert E. Lee, dont la statue était défendue par les manifestants suprémacistes, et George Washington, le premier président des Etats-Unis, demandant s'il fallait aussi détruire les statues de Washington car il possédait des esclaves. Dans cette fausse équivalence, le président ne précise pas que Lee se battait pour maintenir l'esclavage dans le Sud alors que Washington a unifié la nation américaine.

La frange la plus raciste et antisémite de l'extrême droite américaine a adoré. Encore une fois, David Duke, l'ancien leader du Ku Klux Klan, a fait part de son enthousiasme pour Trump:

«Merci, président Trump, d'avoir eu l'honnêteté et le courage de dire la vérité au sujet de Charlottesville et d'avoir condamné les terroristes gauchistes de Black Lives Matter et Antifa.»

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