Monde

Les folles histoires de trois princes saoudiens disparus en Europe

Temps de lecture : 2 min

Les trois hommes, critiques envers le gouvernement de leur pays, sont introuvables depuis plusieurs années.

Le prince Turki Bin Bandar Bin Abdul Rehman Al Saud (à gauche) avec le ministre des finances du Pakistan, Shaukat Aziz (à droite), le 15 septembre 2003. | Farooq Naeem / AFP
Le prince Turki Bin Bandar Bin Abdul Rehman Al Saud (à gauche) avec le ministre des finances du Pakistan, Shaukat Aziz (à droite), le 15 septembre 2003. | Farooq Naeem / AFP

En 2003, le prince saoudien Sultan ben Turki ben Abdulaziz vit à Genève pour recevoir des traitements médicaux. Mais c'est alors qu'il «commence à donner des interviews critiques envers le gouvernement saoudien», raconte le journaliste Reda El Mawy qui a réalisé un documentaire sur le sujet [Kidnapped! Saudi Arabia’s Missing Princes] pour la BBC. Le prince se met à dénoncer les violations des droits de l'homme en Arabie Saoudite, la corruption et appelle à des réformes.

Un beau matin du mois d'août, il se rend dans un palais en périphérie de Genève pour prendre le petit déjeuner avec le fils de l'ancien roi Fahd, le prince Abdulaziz ben Fahd. Ce dernier lui demande de retourner en Arabie Saoudite pour régler le conflit qui l'oppose au régime actuel. Essuyant un refus, Abdulaziz ben Fahd quitte la pièce lorsque soudain des hommes masqués sautent sur Sultan ben Turki ben Abdulaziz et lui enfoncent une aiguille dans le cou. Inconscient, il est transporté sur le tarmac de l'aéroport de Genève et emmené à Riyad.

Un autre prince saoudien a également vécu une histoire étrange. Turki ben Bandar a été jeté en prison après une querelle familiale autour d'une question d'héritage. A sa libération, il se précipite à Paris. De 2012 à 2015, ce dernier poste des vidéos critiques sur Youtube, avant de disparaître à la fin de l'année. Juste avant d'être introuvable, il avait donné à un ami la copie d'un livre qu'il avait écrit, accompagné d'une «note prophétique», raconte le journaliste:

«Cher Wael, ces déclarations ne doivent pas être partagées sauf si je suis kidnappé ou assassiné. Je sais que je serai kidnappé ou qu'ils m'assassineront. Je sais aussi comment ils violent mes droits et ceux du peuple saoudien.»

Enlèvements et détournement d'avion

Enfin, le prince Saud ben Saif al-Nasr a connu une histoire similaire. Après avoir écrit des tweets critiques et soutenu une lettre qui appelait au renversement du roi Salmane, l'actuel roi d'Arabie Saoudite, son compte twitter est resté silencieux.

Emprisonné en Arabie Saoudite, Sultan ben Turki ben Abdulaziz a finalement été autorisé à se rendre à Boston, dans le Massachusetts, en 2004, poursuit le journaliste de la BBC. Il a ainsi pu suivre des traitements médicaux car sa santé se déteriorait. Mais c'est alors qu'il porte plainte, en Suisse, contre le prince Abdulaziz ben Fahd et l'un de ses associés pour le kidnapping de 2003.

En 2016, il est à Paris quand le consulat saoudien lui propose d'utiliser un jet privé pour un voyage au Caire, ce qu'il accepte. L'avion contient dix huit personnels médicaux et gardes du corps européens et américains. Mais l'engin se pose finalement... en Arabie Saoudite. L'équipage est retenu trois jours avant que les membres ne soient renvoyés dans le pays de leur choix. «Il n'y a pas de nouvelles du prince Sultan depuis ces événements», précise le réalisateur sur BBC. Ni d'aucun des deux autres princes d'ailleurs. «J'ai demandé au gouvernement d'Arabie Saoudite de répondre aux allégations du film. Il a refusé de commenter.»

Newsletters

Attention, un Trump peut en cacher un autre

Attention, un Trump peut en cacher un autre

Dernière ligne droite avant l'investiture de Joe Biden, ce 20 janvier, à Washington. Une investiture à laquelle Donald Trump, en bon perdant, ne se rendra pas. Le 45e président des États-Unis a enfin admis sa défaite, dans les mots et dans les...

À Bali, les singes voleurs savent reconnaître les objets de valeur

À Bali, les singes voleurs savent reconnaître les objets de valeur

Au temple d'Uluwatu, les macaques ont mis au point un système de troc pour que les touristes leur donnent à manger.

Les chiottes les plus chères du mandat Trump

Les chiottes les plus chères du mandat Trump

Parce que le service de sécurité chargé d'assurer la protection d'Ivanka Trump n'avait pas accès à ses toilettes, les contribuables américains ont déboursé 3.000 dollars par mois pour que les agents puissent se soulager.

Newsletters