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En Asie, le succès d'Harry Potter menace la survie des chouettes

Repéré par Fanny Arlandis, mis à jour le 14.08.2017 à 11 h 55

Repéré sur The Guardian

De plus en plus de fans en veulent comme animal de compagnie.

Trois hiboux moyen-duc. | Sergei GAPON / AFP

Trois hiboux moyen-duc. | Sergei GAPON / AFP

En 20 ans, Harry Potter a été vendu à plus de 450 millions d’exemplaires dans le monde (dont 28 millions en France) et a été traduit en soixante-dix-neuf langues dans deux cents pays. Mais le succès planétaire des aventures du sorcier britannique a entraîné avec lui un triste phénomène. En effet, depuis une dizaine d'années, le commerce illégal de hiboux en Asie a fortement augmenté et les chercheurs craignent pour la survie de ces oiseaux. 

Les hiboux et les chouettes font en effet partie intégrante du monde des sorciers: chaque étudiant de Poudlard a son animal de compagnie à plumes. Hedwige, la chouette blanche d'Harry Potter lui apporte le courrier et lui sert de messager. 

Les fans d'Harry Potter sont de plus de plus nombreux à vouloir des chouettes comme animaux de compagnie, s'alarme le Guardian. Dans un article écrit par deux chercheurs et publié dans Global Ecology and Conservation, on apprend qu'en 2001, l'année de la sortie du premier film, quelques centaines de chouettes avaient été achetées en Indonésie. En 2013, le chiffre s'élève à plus de 13.000. Vendues entre «10 et 30 dollars, le prix est abordable pour la plupart des familles de classe moyenne», précise le quotidien britannique. 

Un piètre animal de compagnie

L'Indonésie n'est pas le seul pays à subir ce phénomène. En 2010, le ministre de l'Environnement de l'Inde, Jairam Ramesh, déplorait déjà cette mode. En Thaïlande aussi, on en retrouve à Bangkok, notamment des espèces protégées, sur le marché du week-end de Chatuchak.

Ce qui pose le plus problème, c'est que ces animaux ont été extraits d'environnements sauvages. Alors d'une part, des espèces peu abondantes se trouvent mises en danger; d'autre part ces animaux meurent bien souvent lorsqu'ils sont rapidement retirées de leur milieu naturel. 

Vincent Nijman, l'un des auteurs de l'étude, précise:

«En réalité, la plupart des animaux sauvages ne font pas de bons animaux de compagnie. C'est pourquoi les gens ont passé des milliers d'années à domestiquer les quelques espèces qui sont maintenant domestiquées.»

Par conséquent, les deux chercheurs demandent à ce que les chouettes soient ajoutées à la liste des espèces en danger en Indonésie. 

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