Monde

S'il y a un groupe qui peine à irriter Trump, ce sont bien les défenseurs de la suprématie blanche et les néonazis

Temps de lecture : 2 min

Le président américain s'est refusé à nommer le groupe dans sa condamnation des violences de Charlottesville.

JIM WATSON / AFP
JIM WATSON / AFP

Donald Trump n'est pas vraiment connu pour son sens de la nuance et de la retenue. Après tout, il y a quelques jours, le président américain promettait à la Corée du Nord «le feu et la fureur» avant de préciser que les solutions militaires étaient prêtes et chargées. Et ne le lancez pas sur CNN, le New York Times, Arnold Schwarzenegger prenant un temps la présentation de l'émission «The Apprentice», les sénateurs qui refusent de voter sa réformes de la santé, les juges qui mettent en cause ses projets, les immigrés musulmans… La liste des emportements est infinie. Mais voilà quand il s'agit de condamner la violence des défenseurs de la suprématie blanche et des néo-nazis qui a fait au moins trois mort, lors d'un rassemblement à Charlottesville, Donald Trump déclare:

«Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties.»

Un «diverses parties», qui a beaucoup de mal à passer aux États-Unis, comme le rapporte le site Buzzfeed. Car résultat, personne ne savait vraiment ce que le président condamnait précisement. Son premier message sur Twitter dénonçant toutes les formes de haine aux États-Unis a même été retweeté par Richard Spencer, un leader de la cause blanche, comme pouvait s'adresser aux antifascistes, explique le site américain.

Capture Buzzfeed

The Daily Stormer, un des sites de l'extrême droite américaine, s'est officiellement réjoui de la déclaration du président américain qui ne s'est pas «explicitement attaqué à eux» et a suggéré que les antifascistes étaient tout aussi porteurs de haine. «Il a dit qu'il nous aimait, peut-on y lire. Il a refusé de répondre au sujet des défenseurs de la suprématie blanche qui le soutiennent. Aucune condamnation.»

De son côté, le site Breitbart relaie lui aussi ceux qui s'étonnent qu'on ne condamne pas également les antifascites comme ce tweet-là.

«Mon frère n'a pas donné sa vie pour combattre les nazis pour qu'on les laisse s'exprimer ici»

Ce week-end encore, de nombreuses voix ont donc dénoncé la manque de prise de position claire du président, comme les sénateurs Cory Gardner, Orrin Hatch Marco Rubio ou le gouverneur Chris Christie.

Depusi le 11-Septembre, sur les 85 actes terroristes meurtriers qui se sont déroulés aux États-Unis, 62 viennent de suprémacistes, d'après un rapport du Congrès d'avril 2017.

Une ambiguïté savamment entretenue

Déjà pendant la campagne présidentielle, la question du soutien de ces éléments extrémistes avait été posée de nombreuses fois à Trump et celui-ci était toujours resté très ambigu jusqu'à ce qu'après son élection, il se distancie de l'alt-right dans une interview au New York Times:

«Je ne dynamise pas ce groupe et je le désavoue. Ce n'est pas un mouvement que je veux encourager et d'ailleurs, s'ils sont si dynamiques, je veux comprendre pourquoi.»

De nombreux observateurs n'y voyaient qu'une déclaration de façade en contradiction avec ces actes puisqu'il nomme au même moment Stephen Bannon comme un de ses conseillers. Pendant sa campagne, Trump avait même retweeté un post venant de @whitegenocide, un compte Twitter obsédé par l’idée d’un «génocide blanc» dans une Amérique multiculturelle et avait envoyé de nombreux signaux d'encouragement à l'alt-right.

Slate.fr

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