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Pourquoi on aime autant (et secrètement) nos câbles?

Temps de lecture : 2 min

Vous vous sentez démunis sans votre câble de téléphone? C'est normal.

Des câbles / XWRN via Flickr (License by)
Des câbles / XWRN via Flickr (License by)

«Les câbles sont l'équivalent des stylos à bille d'autrefois», dit le magazine The Verge. Et comment le contredire? Dans un article aux faux airs d'éloge funèbre, la journaliste Tamara Warren tente d'expliquer notre attachement, parfois irrationnel, pour les câbles en tout genre qui nous entourent –celui de votre téléphone, celui de votre ancien appareil photo, celui de votre ordinateur portable qui ne fonctionne plus depuis des années, celui qui marche à moitié mais-on-se-sait-jamais.

«On les perd, on les casse et, parfois, on les oublie derrière nous. Ils traînent dans des coins sombres et poussiéreux des aéroports, sur des tables de bistrot tâchées et nagent au fond de nos sacs. Mais quand on en a le plus besoin, on le retrouve jamais aussi facilement qu'on le souhaiterait. Sans eux, nous sommes gelés, impuissants, limités. Les câbles sont un instrument de communication, comme le stylo sur une feuille de papier. Ils nous permettent de laisser une marque dans le monde. On n'y peut rien. Nous aimons toujours nos câbles.»

Existentialisme

Tamara Warren voit en cet attachement un sentiment de sécurité et l'idée de «connexion» qui pourrait remonter, selon elle, jusqu'à «nos jours passés dans l'utérus». Mais il y voit également le spectre de notre recherche permanente d'énergie. Une raison qui expliquerait pourquoi nous choisissons parfois de nous installer dans un bar uniquement parce qu'on sait qu'on pourra utiliser une prise électrique, ou pourquoi nous nous installons souvent à proximité des bornes de rechargement dans les gares ou aéroports.

«Une batterie, même sophistiquée, est volatile. Avoir nos câble avec nous est une forme de sécurité: nous sommes en perpétuelle recheche d'énergie, même si notre portable est déjà complètement chargé. Et on découvre souvent notre malheur –la perte de batterie– lorsque c'est trop tard.»

À partir de ce constat, Tamara Warren lie même notre rapport aux câbles à l'existentialisme. Nous vivons dans la peur d'être exclus. «Notre engagement avec les câbles sont le signe que nous vivons dans la peur de notre propre oubli, un peu comme un bouquet de fleurs pour un anniversaire».

À une époque où l'avenir des écouteurs, des casques audio ou même des ordinateurs portables est au sans fil, voilà une lecture (en anglais) que nous vous recommandons chaudement.

Slate.fr

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