Monde

En Syrie pour y mener de front la guerre des mèmes

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 08.08.2017 à 16 h 45

Repéré sur The Outline

Stefan Bertram-Lee soutient à sa façon la révolution de Rojava au cœur du Kurdistan syrien.

Image tirée de la page Dank memes for Democratic Confederalist Dreams

Image tirée de la page Dank memes for Democratic Confederalist Dreams

En octobre 2016, depuis sa chambre située à Athènes, une personne britannique du nom de Stefan Bertram-Lee –qui préfère être désigné par un pronom non genré de type «iel»– a décidé de soutenir la révolution de Rojava au cœur du Kurdistan syrien, qui combat al-Nosra et Daech, en commençant à poster des mèmes sur internet, ces détournements amusants à fort potentiel viral.

Iel est même parti rejoindre l'YPG, la branche armée du Parti de l'union démocratique quelques mois plus tard. Après plusieurs semaines de formation, Stefan a monté une véritable usine à mème depuis une salle de l'YPG située dans le centre-est de Rojava. Depuis, raconte le site The Outline, des centaines de blagues inondent leur page «Dank memes for Democratic Confederalists Dreams», suivie par 2.400 personnes.


Il faut savoir que la révolution de Rojava et son leader Abdullah Öcalan proposent une vision égalitaire (que ce soit au niveau du genre, de la religion ou de la nationalité), décentralisée et non-hiérarchique de la société. Beaucoup de jeunes occidentaux ont été séduits par ce mouvement, comme le prouvent de nombreux portraits réalisés par Vice, The New Yorker ou Rolling Stone. Nous vous avions à ce propos déjà parlé de ce hipster fleuriste qui a décidé d'aller combattre Daech et de s'en moquer sur son compte Twitter

«L'YPG et son organisation sœur l'YPJ, une force de combat constituée uniquement de femmes, compteraient entre 30.000 et 50.000 personnes», ajoute The Outline.

Et parmi eux, Stefan Bertram-Lee donc. Avant que le mème devient une nouvelle arme du groupe, la communication mise en place était pour le moins austère. «Ça ne parlait que de martyrs, de sacrifice héroïque, d'images d'armes à feu et des gens qui les portaient, a expliqué Stefan Bertram-Lee. Le mouvement de libération kurde a du mal à communiquer auprès de la jeune européenne non-kurde. Et il se prend très au sérieux.»

C'est pour cela qu'iel a décidé de reprendre les codes culturels de l'Occident et de les intégrer dans leurs mèmes. On aperçoit régulièrement Bob L'Eponge, des posters Tumblr inspirants mais détournés, ou l'inévitable et controversé Pepe The Frog. Et cela fonctionne: un certain Christopher, ancien employé dans une boutique de vélo à Brooklyn, a expliqué à Outline avoir trouvé dans ces mèmes une source de détente au milieu d'un combat d'une rare violence. «La guerre ici est vraiment brutale, et si vous ne riez pas vous serez déchirés», a-t-il déclaré.


Stefan Bertram-Lee, encouragé par l'YPG, est justement parti à Raqqa pour voir comment l'affrontement se déroule sur le front, loin des mèmes et d'internet. Iel a confié au magazine espérer être bientôt promu dans la salle des services de communication, juste à côté du lieu où ils travaillent dans la Rojava. «Parce que je n'ai pas de bureau», explique Stefan.

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