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La passion des hipsters pour le «vrai» café offre un sacré coup de main aux producteurs africains

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 03.08.2017 à 14 h 28

Repéré sur Bloomberg

Cette tendance aide une économie en déclin, dépassée par les producteurs de masse que sont le Brésil et le Vietnam.

Jack's Stir Brew Coffee, New York | Jazz Guy via Flickr CC License by

Jack's Stir Brew Coffee, New York | Jazz Guy via Flickr CC License by

Même si l’on peut se moquer de l’attrait des hipsters pour le café à cinq euro la tasse tout droit venu de la ferme d’un petit producteur d’Afrique de l’ouest, ils donnent un sérieux coup de pouce à la production locale.

En France, le prix moyen des cafés de supermarchés varie entre 12 et 23 euros le kilo, environ. Bloomberg explique que, lorsqu’on fait le choix d’acheter du café de petits producteurs africains via des «coffee shops» ou des boutiques spécialisées, on peut rapidement payer le double.

Karl Wayrauch, fondateur de Coffee Rwanda –un distributeur de café rwandais aux États-Unis– explique que les hipsters sont attirés par «l’exotisme» des cafés africains, méconnus:

«Ça pique leur intérêt. Les grains éthiopiens sont connus depuis longtemps, mais maintenant on voit de plus en plus de cafés qui proviennent du Rwanda, du Kenya, du Burundi, et même de l’Ouganda et du Congo.»

De nombreuses chaînes, comme Starbucks, ont des partenariats avec des producteurs de café africains. Elles mettent en avant le «single-origin coffee», le café obtenu à partir de grains de la même origine.

Une production qui reste en difficulté

Et c'est une bonne nouvelle pour l’industrie africaine du café, en déclin depuis plusieurs décennies et victime des exportations du Vietnam et du Brésil, les deux premiers producteurs mondiaux. Ces derniers dominent le marché en vendant peu cher des grains d’arabica ou de robusta de qualité moyenne, que l’on va retrouver dans la plupart des supermarchés.

Alors qu’en 1975, quatre pays africains faisaient partie des dix plus gros producteurs mondiaux de café, seuls l’Ethiopie et l’Ouganda se sont maintenus.

À moins d’en consommer trois kilos par jours, les hipsters ne sauveront donc pas les producteurs locaux de café à eux-seuls. La croissance démographique associée à l’urbanisation représentent des menaces sérieuses pour cette économie.

«Au Kenya, Nairobi grossit rapidement et s’étend sur des zones qui étaient avant destinées à la culture du café. Dans d’autres pays, comme le Rwanda et le Burundi, le café est remplacé par des culture de nourriture à mesure que la population augmente», explique Keith Flury, directeur de la recherche à Volcafe LTd., un des plus grands revendeurs de café au monde.

Le changement climatique, qui assèche les terres et qui pourrait rendre la production impossible dans plusieurs décennies, est également un obstacle à surmonter pour les petits producteurs de plusieurs pays africains.

L'instabilité politique ne facilite pas non plus la culture de café. En février 2017, Nespresso a dû cesser ses activités au Soudan du Sud à cause de la guerre civile qui déchire le pays.

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