Monde

Pour masquer la hausse des prix, les fabricants britanniques rétrécissent les paquets

Temps de lecture : 2 min

Barres chocolatées, jus de fruit, dentifrice, et même le papier toilette: sur les cinq dernières années, plus de 2.500 produits ont été concernés par ce stratagème.

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Des consommateurs britanniques parcourent les rayons du «easyFoodstore», supermarché dans le nord-ouest de Londres. 2 février 2016. Léon Neal / AFP

Les industriels britanniques ne manquent pas d'ingéniosité pour tromper leurs clients. D'après l'Office national des statistiques britanniques (ONS) cité par la BBC, sur les cinq dernières années, plus 2.500 produits ont vu leur emballage modifié, et ce afin de réduire leur contenance. Même si cette duperie n'a pas, selon l'étude, eu un impact significatif sur le niveau global de l'inflation, la hausse du prix de certains produits comme le sucre, les confiseries, la confiture ou la sauce au chocolat reste particulièrement sensible.

A titre d'exemple de cette pratique appelée «shrinkflation» outre-Manche («inflation par rétrécissement»), le fabricant de papier toilette Andrex reconnaît avoir procédé à une diminution progressive de la longueur de ses rouleaux de papier, passant de 280 feuilles à 240, et plus récemment à 221.

«Réduire les rouleaux de papier nous a permis d'avoir des marges de plusieurs millions de livres qui ont été réinvestis pour améliorer la qualité du produit», justifie un porte-parole du groupe. Tout comme les papiers toilette et les chocolats, le café, les jus de fruits et le dentifrice sont concernés par cette stratégie des fabricants. Tropicana par exemple a diminué la contenance de ses packs de jus d'orange et de jus de framboise de 150 centilitres, la quantité réelle du carton qu'on appelle "d'un litre" n'est donc plus que de 850 centilitres. Dans le même temps, le poids du paquet de café Percol est passé de 227 à 200 grammes. Idem pour le tube de dentifrice Sensodyne, dont la contenance est passée de 100 à 75 millilitres.

Les prix sont restés identiques

Pour justifier ce «vol» masqué, certains fabricants assurent avoir procédé à ces diminutions pour permettre aux consommateurs de se procurer les produits à un prix abordable. Faux, selon l'ONS, qui souligne que les prix n'ont pratiquement pas varié dans les supermarchés. Dans les magasins tenus par le groupe de distribution Tesco, le paquet de biscuits McVitie, qui est passé de 332 à 300 grammes, a même vu son prix grimper à 1,69 livres (soit 1,89 euros) contre 1,59 livres auparavant. Même quand le consommateur peut constater une baisse du prix, elle ne suffit pas à compenser la baisse de quantité: l'agence britannique note un taux d'inflation sur le prix au kilo sensible pour certains produits comme le chocolat, où il a été estimé à 1,22 point sur les cinq dernières années.

La multinationale Mondelez –anciennement filiale alimentaire du consortium Altria plus connu sous le nom de Kraft, elle, justifie la diminution des contenus de ses produits par une hausse des matières premières. Un argumentaire battu en brèche par l'ONS. Ce dernier s'appuie sur la baisse du prix du sucre au niveau européen depuis 2014. Celle-ci a même atteint un niveau record en mars 2017. Il en est de même avec le cacao dont prix a rechuté en 2016, après avoir connu une hausse en décembre 2015. Mais quelle serait alors la cause de cette pratique rusée des fabricants? De l'effet Brexit certainement? «Notre analyse ne montre aucune corrélation notable avec le Brexit», rassure l'ONS pour conclure.

Slate.fr

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