Monde

Ville-entreprise ou ville-fantôme? Deux exemples à méditer pour Facebook

Repéré par Rodrigue Arnaud Tagnan, mis à jour le 26.07.2017 à 11 h 54

Repéré sur Citylab

Alors que l'entreprise de Mark Zuckerberg prévoit de construire 1.500 logements dans la Silicon Valley, l'histoire inspirante de deux villes aux destins opposés montre qu'il est important de ne pas s'isoler.

Des enfants se divertissent au QG de Facebook à Menlo Park en Californie, le 16 mai 2015. Steve Jennings/AFP

Des enfants se divertissent au QG de Facebook à Menlo Park en Californie, le 16 mai 2015. Steve Jennings/AFP

Alors que Facebook prévoit de construire 1.500 logements dans la Silicon Valley, le magazine en ligne CityLab pense que l'entreprise de Mark Zuckerberg pourrait tirer les leçons de deux exemples opposés: Marktown, dans l'Indiana, et Hershey, en Pennsylvanie. Les deux ont été fondées à 15 ans d'intervalle. Si aujourd'hui Hershey et son entreprise de bonbons comptant 14.000 employés est une ville relativement prospère, Marktown, autrefois centre d'acier, peine à trouver ses marques, se vide de ses activités, cernée par les raffineries de pétrole. Que s'est-il passé?

Deux villes, deux trajectoires 

Le déclin de la ville de Marktown, créée il y a un siècle par l'industriel Clayton Mark, est lié à l'histoire de l'industrie sidérurgique américaine. Avec les progrès technologiques, le besoin de main d'œuvre est devenu moins important. La ville, qui devait accueillir 8.000 personnes sur les rives du lac Michigan, n'a jamais été achevée. Depuis 1975, elle est inscrite au Registre national des lieux historiques. Mais la structure architecturale de la ville est tout ce qui reste de son passé.

L'installation de Hershey Foods Corp, premier fabricant de chocolat nord-américain. Hershey. Pennsylvanie. 13 septembre 2002. Tom Mihalek/AFP

Contrairement à Marktown, le développement de Hershey n'était pas lié à la seule activité de confisserie. Quand Milton Hershey  s'est installé à l'est de la Pennsylvanie au début du 20siècle, il a cherché à encourager les constructions: «C'est certainement une mauvaise affaire d'investir votre argent dans l'immobilier dans une vieille ville brumeuse où il n'y a aucun plan de modernisation et aucune industrie implantée». Même pendant la grande dépression, il a continué à investir dans des infrastructures publiques. Au fur et à mesure que le chômage touchait les gens avec la crise de 1929, il a profité d'une main d'œuvre bon marché pour la construction d'un hôtel, un théâtre ou encore un complexe sportif.

Survivre au temps

Pour survivre au temps, Hershey a compris que son projet devait s'inscrire dans le cadre d'un réseau de communautés, et non être conçu comme un fief isolé dont l'insularité aurait pu rentabiliser ses investissements.

Tous les capitaux investis par Milton Hershey dans le domaine public ont favorisé le développement de la ville, en lui permettant d'avoir des marges de manœuvre au cas où la chocolaterie venait à disparaître. De fait, malgré la fermeture de l'ancienne chocolaterie il y a de cela quelques années, l'industriel a réussi à en ouvrir une autre. En 2015, celle-ci employait 4.300 personnes.

Tout comme Hershey, Facebook doit tenir compte des villes environnantes si elle veut mieux rentabiliser son investissement. Mark Zuckerberg doit se différencier d'autres boîtes de la Silicon Valley, qui préfèrent que leurs campus soient isolés et autonomes. S'il y a une leçon à retenir, c'est que les villes-entreprises sont le produit de trois facteurs: l'expansion économique, la sophistication de l'entreprise et l'urbanisme optimiste. Alors si le projet de Facebook survit dans la durée, d'autres initiatives pourraient s'appuyer sur cette vision qui ne dissocie pas les intérêts des investisseurs à ceux des bénéficiaires.

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