Monde

Ce jour de 1970 où un groupe de jeunes révoltés a tenté d’envahir Disneyland

Temps de lecture : 2 min

Sur le drapeau, qu’ils ont planté sur l’île de Tom Sawyer, on apercevait une feuille de cannabis.

Disneyland, 1969 | John VanderHaagen via Flickr CC License by
Disneyland, 1969 | John VanderHaagen via Flickr CC License by

Le parc Disneyland en Californie, qui fonctionne depuis sa création en 1955 de huit heures du matin à minuit, a dû fermer ses portes pour la première fois en 1963. JFK venait d’être assassiné. Sept ans plus tard, il a dû être évacué une seconde fois, mais pour une raison beaucoup plus étrange.

Atlas Obscura raconte que, le 6 août 1970 pendant cinq heures, la direction a évacué la foule et fermé les portes du parc pour s’occuper de jeunes rebelles appelés Yippies. Ce sont les membres du Youth International Party, une organisation issue des mouvement anti-guerre et anti-autorité mais qui a choisi un mode d’action beaucoup plus radical. «Leurs Yippies étaient anti-guerre, anti-capitalisme, anti-establishment. Ils étaient connus pour leurs coups d’éclat, qui généraient une large couverture médiatique.» Une fois, ils ont pénétré dans le New York Stock Exchange pour y lancer des billets sur le sol de la salle de la bourse.

Leurs plans sont en général très préparés, mais leur happening à Disneyland ne s’est pas passé comme prévu. Ils ont d’abord choisi le 6 août, date anniversaire d’Hiroshima; une façon de signaler leur combat contre la guerre. Mais Disneyland a aussi été choisi pour protester contre l’un de ses financiers, Bank of America, et contre le dresscode du parc, qui interdisait à ses employés de porter la moindre moustache ou d’avoir les cheveux longs. Même certains visiteurs à la pilosité développée risquaient d’être refoulés à l’entrée. La police, prévenue en amont par des prospectus distribués par les Yippies (qui promettaient notamment de libérer Minnie), a dépêché un certain nombre d’agents à l’entrée, et plusieurs membres du parc se baladaient déguisés en touristes afin de repérer les fauteurs de troubles.

Ces derniers, qui se sont introduits de façon dispersée, n’étaient au final pas très menaçants. Mais après avoir fumé un peu de cannabis et chanté «Ho-ho Ho Chi Minh, Ho Chi Minh va gagner» en référence à la guerre du Vietnam, ils ont décidé de se regrouper et de prendre le contrôle de l’île de Tom Sawyer et d’y accrocher le drapeau Viet Cong. Le parc n’ayant toujours pas laissé la police rentrer, les Yippies se sont rendus sur Main Street, direction Bank of America. Mais des affrontements ont éclaté avec des visiteurs agacés, poussant la police à faire son entrée. Le public a été évacué, le parc fermé, et 23 personnes ont été poursuivies pour trouble à l’ordre public ou possession de drogues.

Comme pour leurs autres actions, les Yippies ont eu droit à une large couverture médiatique, mais n’ont pas vraiment fait évoluer les choses. Même Minnie n’a pas été libérée.

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