Pourquoi mon horloge biologique ne fait-elle pas (plus) de bruit?
Elle pourrait quand même me dire si je veux des enfants.
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Certaines font déjà des listes pour le prénom de leur futurs enfants alors qu'elles sont à peine en âge de procréer. D'autres non. Il y a des femmes qui sortent de l'université et croquent la vie à pleine dents jusqu'à leurs quarante ans sans jamais penser à avoir de bébé. Pour certaines même, la question ne se posera jamais. Parce que les femmes n'ont pas toutes envie d'être mères - et il n'y a rien de mal à ça. Pourtant, ce choix est souvent mal vu, comme si ne pas éprouver le désir d'être maman ne faisait pas de vous une vraie femme. Parfois même les regards sont condescendants, comme s'il ne s'agissait pas véritablement d'un choix et que vous finirez de toute façon par changer d'avis. Pourquoi n'a-t-on pas plus de respect pour ces femmes et leur décision ? C'est la question que s'est posée Hillary Fields aujourd'hui.
Tout a commencé lors de ma visite annuelle chez la gynéco, quand je lui ai annoncé que je venais tout juste de me marier. «Oh, et bien vous devriez mettre en route un bébé dès maintenant» m'a-t-elle dit, «Il ne vous reste plus que deux ou trois ans.» Hein, quoi?
Une fois le choc accusé, j'écoutai attentivement ce que me racontait cette minuscule femme avec son air pénétré. «Maintenant que vous êtes mariée, vous pouvez commencer à avoir des enfants. Mais comme vous avez déjà 32 ans, il va falloir se dépêcher; passés 35 ans, les femmes ont beaucoup plus de mal à concevoir et à donner naissance à des bébés en bonne santé.»
Bon, comme je n'ai pas passé les trente dernières années en hibernation, rien de neuf sous le soleil. «Désolée de vous l'apprendre docteur,» lui répondis-je, «mais j'étais déjà capable de faire des enfants avant de me marier. Et vous ne m'en aviez jamais parlé alors.»
Comme le cholestérol
Elle sourit comme si je venais de lui raconter la blague de l'année, et reprit son air grave. «Non mais je suis très sérieuse. Vous devriez commencer à fonder une famille dès maintenant ou bien vous risqueriez de le regretter.»
«Dr. ___,» rétorquai-je, «je ne suis même pas sûre de vraiment vouloir des enfants». Ce qui n'eût pas l'air de lui poser de problème, puisqu'elle enchaîna: «Même, pensez-y dès maintenant. Si vous attendez trop longtemps ce sera trop tard, et vous vous rendrez compte que vous ne produisez plus d'ovules.»
Essayant d'être aussi ferme que possible malgré son intransigeance, je répliquai «Je ne vais pas faire des enfants juste au cas où j'aurai vraiment envie d'en avoir un jour. Ça ne m'a pas l'air d'être une très bonne idée.» J'étais alors convaincue d'avoir mis fin à la discussion, et qu'on allait pouvoir enfin aborder des sujets cruciaux comme mon taux de cholestérol complètement grotesque ou encore ce grain de beauté sur mon dos qui n'a probablement pas toujours été là.
Grossière erreur.
«Je suis sérieuse,» précisa-t-elle, avec un air à la limite du zèle. «Je veux juste que vous sachiez que si vous remettez à plus tard, vous risquez de le regretter. Je vous informe, c'est tout.»
Elle devenait un peu trop agressive, même pour moi qui vit à New York depuis toujours, et donc habituée à discuter avec des gens agressifs.
«J'ai compris, Dr. ___, mais ma situation actuelle ne me permet tout simplement pas d'élever un enfant. Financièrement, c'est impossible, et on devra accrocher un hamac au plafond de notre appart pour le faire dormir.» Allez hop, on passe à autre chose maintenant.
Ou pas.
«Mais les gens ont tout le temps des enfants même s'ils n'ont pas la sécurité financière pour,» insista-t-elle. «Et leurs enfants vont à l'université?» ripostai-je.
Ma visite terminée, je sortis du cabinet et me retrouvai dans la rue, furieuse et... honteuse.
Parce que la vérité, c'est que je ne suis pas sûre de vouloir des enfants un jour, et qu'apparemment c'est anormal.
C'est quoi mon problème au juste? Je suis complètement gaga devant chatons et chiots, je fonds quand on me montre des photos de bébés pandas et de petits lapins. Mais la progéniture humaine... Je trouve qu'ils ressemblent tous à Winston Churchill, sauf qu'ils ne suscitent pas un dixième de l'admiration que j'ai pour ce grand homme. En plus ils bavent, crient, se font caca dessus - et ça c'st quand ils ne vomissent pas ou ne crachent pas un mini poumoun en toussant.
Oh et on a bien essayé de me rassurer. «C'est pas pareil quand ce sont les tiens.» Ce genre d'ânerie ne me rassure pas du tout. Et si jamais c'était pareil? Hein? Et si je n'avais pas tout simplement pas la fibre maternelle?
Je ne sais pas ce qui me dérange le plus, passer pour quelqu'un d'insensible - et pour un imposteur parmi la gent féminine - aux yeux de la société, ou bien me demander si plus tard je vais effectivement regretter de ne pas avoir eu d'enfants. Aurai-je l'impression que ma vie est une coquille vide? Vais-je sans cesse me demander «Et si...»? Est-ce que les gens comme ma gynéco savent quelque chose que je ne sais pas?
Depuis toute petite, je jure mes grands dieux que je n'aurai jamais d'enfants. À moins qu'un jour on me dise que je suis la dernière chance pour la survie de l'espèce et qu'on me supplie à genoux, j'ai toujours trouvé ça... je ne sais pas... orgueilleux de donner la vie à un nouvel être humain sans demander la permission. Peut-être parce que jusqu'à mes 30 ans je n'étais pas particulièrement jouasse de me trouver sur cette planète. J'ai souffert sérieusement de dépression (entre autre) en plus d'une enfance difficile, élevée par des parents qui, clairement, auraient mieux fait de ne pas avoir d'enfants. Je n'ai jamais manqué d'amour, mais parfois l'amour est une chose étrange. Et ma mère n'était pas vraiment un modèle de tendresse maternelle style guimauve. C'était (et c'est toujours) une femme formidable, simplement elle n'a pas pris de cours avec Mary Poppins.
Mais attendez une minute... et mon mari alors? J'ai épousé un homme aussi émotionnellement impliqué que je ne le suis pas, un type qui sort des «gouzis gouzis» au restaurant à chaque fois qu'un bébé se trouve à quelques tables de la nôtre, un homme si gentil, si doux, et si plein d'amour qu'il pourrait faire le meilleur papa du monde, j'en suis convaincue. A-t-il secrètement envie d'un petit garçon ou d'une petite fille? Un peu, oui. Mais il savait à quoi s'attendre en m'épousant. Je l'avais prévenu que je risquais de ne jamais vouloir de rase-moquette dans ma vie.
Pourtant ne serait-ce pas un magnifique cadeau que d'offrir à l'homme ce qui manque à sa vie, des enfants ? Est-ce que je ne l'aime pas assez pour changer mon monde et revoir mes attentes et mon confort, bouleverser complètement mon avenir pour que le sien soit comblé?
Honnêtement, je n'en ai aucune idée. Deux ans et demi après cette fameuse visite chez la gynéco, et à la limite statistique de la décrépitude ovarienne, rien n'a changé. Je suis toujours sans enfants, et je ne ressens toujours pas comme un énorme vide dans mon utérus ou ailleurs. Mais est-ce que ce sera toujours le cas dans cinq ou dix ans, quand il sera déjà trop tard?
J'ai besoin d'un signe pour m'aider à prendre une décision. Et c'est là que je maudis ces satanées hormones qui auraient quand même pu faire un peu de grabuge histoire de me donner envie d'être mère. Là, rien ne se passe comme prévu. La légende veut que l'horloge biologique des femmes qui se met en marche fasse de plus en plus de bruit, un tic-tac aussi assourdissant, aussi obsédant que le coeur révélateur de Poe, et de plus en plus pressant. Ce fût pour ma mère un facteur décisif suite à quoi elle nous a conçus mon frère et moi. Un jour, m'a-t-elle confié, elle a commencé à remarquer les enfants en poussette et à les trouver trop mignons, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant.
Moi, je ne les trouve toujours pas trop mignons. Pas encore. Je me demande si quelqu'un n'aurait pas étouffé ma propre horloge avec un oreiller, ou bien l'aurait débranchée, ou que sais-je encore. Parce qu'à en croire ma gynéco le compte à rebours de ma fertilité est bientôt terminé, et si je n'agis pas rapidement, je n'aurai bientôt plus le choix.
Peut-être que ce silence est en fait la réponse que j'attends depuis des années. Peut-être que tout ça n'est pas pour moi.
J'aimerais seulement pouvoir en être sûre.
Emma Gilbey Keller
Traduit par Nora Bouazzouni
Mis à jour le 27/12/2009 à 20h14










































Ne vous inquiétez pas les non-mères qui ne veulent pas le devenir ! Quand j'ai eu 35 ans ma gynécologue aussi m'a conseillé d'avoir vite un enfant mais je vivais dans une chambre de bonne avec mon copain qui n'avait pas de travail, c'était tout bonnement impossible (et je n'en avais pas envie) puis j'ai eu une ménopause précoce et maintenant je suis bien contente, je n'ai plus à me soucier de contraception ni de m'inquiéter tous les mois. J'avoue qu'à quarante ans passés je vis très bien ce choix, je n'envie pas du tout les mères de familles ni les femmes de mon âge qui commencent à devenir grands mères !!!! Je me sens libre de continuer à faire ce que je veux, je n'ai aucune obligation morale, aucune responsabilité vis à vis de qui que ce soit. Quand je décide quoique ce soit, je ne culpabilise pas puisque cela ne regarde que moi, de plus je fais une bonne action, je réduis mon empreinte écologique !!! Bref que du bon ! Ne pas avoir d'enfant, c'est une démarche altruiste et généreuse, on laisse de la place pour les autres et on n'embête personne avec nos enfants, ni la collectivité ni les particuliers ! Que du bonheur je vous dis !
Moi non plus, j'ai pas envie de bébé. Vous n'êtes pas seule !
Par contre, je suis pour la liberté de celles qui veulent un enfant, d'en avoir. Femmes de toutes orientations, de toutes problématiques et de toutes envies, unissez-vous !
Si n'importe quelle greluche un peu bourrée peu tomber enceinte par inadvertance, pas de raison que celles qui ont un projet mûrement réfléchi, une envie qui les tiraille depuis de longs moments et de l'amour à donner, ne puissent pas le faire !
(N'en déplaise à Vanneste et Boutin)
La p'tite Blan
www.laptiteblan.fr
Pour ma part, je n'ai pas non plus voulu d'un enfant. En revanche, j'ai aidé ma soeur pour élever ses enfants. Maintenant, ils ont la quarantaine et je dois avouer que si un est formidable, celui qui a été le plus gâté est devenu imbuvable.
Alors je reconnais que le fait d'avoir des enfants est facile, le plus dur est de les élever. En matière d'éducation, il n'y a pas de théorie à ériger. C'est très difficile. J'ai l'impression aussi que la mentalité des jeunes est différente. A l'époque, il y avait le respect des ainés, un sens des valeurs. A l'heure actuelle, tout est chamboulé.
Très "jeunes", les vieux sont mis au rencard, quand ils sont chez eux tant mieux, sinon c'est la maison de retraite pour s'accaparer des biens. J'ai l'impression qu'à partir de 50 ans, les parents sont gênants. Lorsque je regarde autour de moi et que je vais dans des familles, je suis effarée comment les jeunes traitent leurs parents. De toute façon, cela finit généralement par des discussions et des scènes horribles, où souvent les parents sont traînés dans la boue alors qu'ils se "décarcassent" pour leur progéniture. bonjour les réunions de famille.... En revanche aucun merci pour services rendus, (argent donné ou services en nature) . Je suis toujours choquée par de telles réactions. A ce moment-là, je me dis que je suis bien contente de ne pas avoir d'enfant !!!!
Dans les pays d'Afrique,pays dits "sous-développés", subsiste encore le culte des anciens, on les garde à la maison.
Dans nos sociétés occidentales, fini le temps où les enfants s'occupaient de leurs parents âgés ou malades, la maison de retraite est là qui pallie leur manque de temps. Or, tout le monde n'est pas atteint de grave maladie.
C'est une autre époque ? Peut-être. Mais lorsque viendra l'heure de ma mort, je n'aurai aucun mal de quitter cette "époque" ultra-égoïste !
Merveilleux article auquel je ne changerai pas un seul mot tellement il correspond à ce que je suis et ce que je ressens. Comme l'auteur, j'ai su toute petite que je ne voulais pas avoir d'enfant, et les expériences de la vie ne m'ont pas fait changer d'avis. Disons que dans la sexualité j'ai totalement éliminé l'option reproduction et favorisé l'option érotisme.
J'ai toujours été étonnée à quel point nous, les nullipares, pouvions générer ces réactions extrémistes de la part des "autres", alors que nous sommes une minorité et que nous ne voulons pas changer l'ordre des choses. Car nous ne nous opposons pas à ce que les autres femmes aient des enfants ! C'est juste que nous on n'en veut pas et qu'on veut qu'on respecte notre choix, tout comme nous nous respectons celui des autres.
Comble de l'ironie : alors que le monde du travail stigmatise les femmes qui prennent des congés de maternité, nous qui n'en prenons pas sommes quand même mis au ban pour d'autres raisons !
Ceci dit à 35 ans je n'ai toujours pas le moindre signal biologique et je ne me fais pas trop de soucis pour ma vieillesse, l'observation de mon entourage familial m'ayant confirmé que les personnes âgées qui souffraient le plus de la solitude étaient celles qui l'avaient le moins connu, et le fait d'avoir une descendance nombreuse ne les préservaient pas de la relégation à l'hospice, pardon la maison de retraite ! Leurs enfants ne se privant pas de décider à leur place le moment venu.... comme s'ils voulaient inverser les rôles, histoire de se venger un peu. Moi je préfère ne pas continuer ce cycle-là.