Sciences

Pour aider les baleines en danger, il suffit d'examiner leurs excréments

Temps de lecture : 2 min

Manque de nourriture, stress, maladies... Les excréments de baleines contiennent d'importantes informations. Une équipe de scientifiques s'en sert d'ailleurs pour venir en aide aux plus menacées d'entre elles.

Une collecte d'excréments de baleines / New England Aquarium
Une collecte d'excréments de baleines / New England Aquarium

Depuis près de vingt ans, Rosalind Rolland, chercheuse auprès de l'aquarium New England à Boston (États-Unis) et quelques autres scientifiques ont mis au point une technique unique pour explorer la vie animale et sauvage en mer. Une technique qui permet à la fois de contourner les difficultés à approcher les animaux dans leur habitat naturel et d'obtenir des informations très utiles sans les déranger: collecter et analyser leurs excréments.

«Il n'existe pas d'autres moyens pour apprendre sur ce que j'appelle “l'inner whale”, c'est-à-dire la physiologie des baleines», explique-t-elle. Et si les scientifiques s'appuient les excréments des baleines –alors qu'il existe d'autres moyens d'examiner et d'étudier la vie sous-marine– c'est avant tout par praticité. Prélever du sang peut stresser un animal et immobiliser une énorme baleine est un exercice délicat, note Popular Science. Collecter des excréments ne dérange personne et les ressources sont, pour ainsi dire, inépuisables.

Les baleines... mais pas que

Cette collecte livre de nombreuses informations sur les cétacés concernés, impossible à tracer et donc à étudier. «Les excréments contiennent des restes d'hormones, de polluants, de microbes intestinaux, l'ADN de la baleine et de ses proies. Ils peuvent révéler à quel point une baleine est stressée, ou bien de savoir si elle est enceinte», ajoute le magazine. Après avoir appliqué cette méthodologie sur cinq espèces de baleines, l'équipe scientifique a étendu son expertise aux lions de mer, aux phoques et aux lamantins.

Et ce travail porte ses fruits. Les échantillons d'excréments ont mis en valeur à quel point ces mammifères marins sont menacés par le bruit et le manque de nourriture, ou encore des toxines et des parasites qu'ils ingurgitent. Pour Rosalind Rolland et ses collègues, ces observations pourront à l'avenir les aider à venir en aide aux espèces menacées. Et tant pis pour les odeurs. «Après des années à travailler sur des excréments de baleines en laboratoire, on s'habitue», confie-t-elle.

L'article est disponible en intégralité (en anglais) ici.

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