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Comment une popstar a été à l'origine de la rencontre entre Donald Trump Jr. et une avocate russe proche du Kremlin

Grégor Brandy, mis à jour le 12.07.2017 à 15 h 02

Du concours Miss Univers à la campagne présidentielle la plus folle de l'histoire.

Erin Brady, Donald Trump et Emin Agalarov, le 16 juin 2013, à Las Vegas. Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Erin Brady, Donald Trump et Emin Agalarov, le 16 juin 2013, à Las Vegas. Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La preuve la plus sérieuse avancée contre la campagne Trump et ses collusions avec la Russie trouve son origine dans un concours de Miss Univers.

Petit rappel pour ceux qui n'auraient pas suivi. En l'espace de quelques jours, le New York Times a multiplié les révélations sur les liens entre des membres de la campagne de Donald Trump (son fils, Donald Jr., son directeur de campagne d'alors Paul Manafort, et son gendre Jared Kushner) et la Russie. En juin 2016, Donald Trump Jr. a accepté une rencontre dans laquelle une avocate proche du Kremlin promettait des informations compromettantes sur Hillary Clinton. Donald Trump Jr. a reconnu que cet entretien avait bien eu lieu, mais qu'il n'en était rien ressorti et qu'il ne l'avait jamais évoqué avec son père.

Alors quel lien entre cette rencontre et le concours de Miss Univers? Pour comprendre cela, il faut remonter à 2013. Et à un concours de Miss Univers justement, détenu alors par Donald Trump et organisé à Moscou, grâce à Aras Agalarov, surnommé le «Donald Trump russe», qui s'était rendu à Las Vegas un peu moins d'un an plus tôt pour convaincre Trump.


Le fils d'Aras Agalarov, Emin, avait chanté lors de la cérémonie. Le futur président américain avait également accepté de participer à un de ses clips (il apparaît à la fin) avec plusieurs participantes du concours (non-payées) dans lequel il utilisait sa catchphrase «You're Fired» issue de son émission «The Apprentice».

 

«Emin, réveille-toi! Allez! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi? Qu'est-ce qui ne va pas chez toi, Emin? Emin, je ne vais pas y aller par quatre chemins. T'es toujours en retard. Tu es juste un autre joli visage. J'en ai vraiment marre de toi. T'es viré!»

Un an plus tard, pour fêter le 35e anniversaire d'Emin Agalarov, Donald Trump avait réalisé une vidéo dans laquelle il lui souhaitait un joyeux anniversaire et qualifiait le jeune homme de «vainqueur, tu es un champion. T'es très bon en immobilier, et bordel, tu sais divertir les gens. Joyeux 35e anniversaire!»


«Ce serait très utile pour votre père»

 

Maintenant que l'on sait qui est Emin Agalarov et que l'on connaît sa relation avec Donald Trump, revenons en juin 2016, quand un entretien entre des membres de la campagne de Trump et l'avocate russe proche du Kremlin est proposé pour offrir des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

L'homme qui envoie l'e-mail à Donald Trump Jr. est Rob Goldstone, un ancien journaliste britannique président d'une entreprise de marketing, qui a «travaillé avec Emin Agalarov et qui était impliqué dans le concours de Miss Univers organisé à Moscou», explique le New York Times.

Dans un premier e-mail, il explique à Donald Trump Jr. qu'Emin vient de l'appeler pour «lui demander de vous contacter à propos de quelque chose d'intéressant».

«Le procureur de la Couronne russe a rencontré son père Aras ce matin, et lors de leur entretien, il a proposé de fournir à la campagne Trump quelques documents et informations qui incrimineraient Hillary et ses affaires avec la Russie et ce serait très utile pour votre père.»

Goldstone et Trump Jr. s'arrangent ensuite pour mettre en place un rendez-vous avec «l'avocate du gouvernement russe». Goldstone sert de messager à Emin, qui demande à ce que la rencontre ait lieu, mais qui n'a aucun contact direct dans ces e-mails avec Donald Trump Jr. Quelques jours plus tard, les deux parties se rencontrent. Donald Trump Jr. assure qu'il avait trouvé ses déclarations «vagues, ambiguës et insensées. Aucun détail ou information confirmant ses propos n'ont été fournis ou même offerts. Il est rapidement devenu clair qu'elle ne disposait d'aucune information importante». En attendant les révélations du prochain épisode.

Grégor Brandy
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Journaliste
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