Monde

Comment (ne pas) tuer Kim Jong Un

Adam Rawnsley, traduit par Peggy Sastre, mis à jour le 13.07.2017 à 8 h 00

Ils ont été nombreux à vouloir assassiner les patrons de Pyongyang. Telle est la leçon de leur histoire: si vous avez un Kim en ligne de mire, mieux vaut ne pas le louper.

Cible montrant le leader nord-coréen Kim Jong-un le 29 avril 2017 à Harrisburg, Pennsylvanie. Alex Wong/Getty Images/AFP

Cible montrant le leader nord-coréen Kim Jong-un le 29 avril 2017 à Harrisburg, Pennsylvanie. Alex Wong/Getty Images/AFP

La vingtaine de mercenaires chargés de tuer le dictateur nord-coréen Kim Il Sung ne purent jamais voir Pyongyang. Recrutés dans les bas-fonds sud-coréens, les soldats du 2325e Groupe du 209e Détachement avaient été envoyés sur l'île de Silmido pour y devenir des assassins. Ce qui impliquait, aux yeux des autocrates dirigeant la Corée du Sud, en 1968, qu'on les endurcisse. Les criminels, miséreux et autres désespérés constituant le commando, furent donc rudoyés et humiliés –leurs instructeurs leur tiraient dans les pieds et les battaient comme plâtre si jamais ils ne réussissaient pas bien leurs exercices. Six d'entre eux furent exécutés pour désobéissance, un autre se noya accidentellement au cours d'une manœuvre.

Leur mission était d'infiltrer la Corée du Nord, de se faufiler dans l'un des palais de Kim et de tuer le Grand Leader, en représailles de la tentative d'assassinat de Park Chung-hee, président de la Corée du Sud, survenue en 1968. Quatre ans plus tard, Park ne pensait plus à sa vengeance. Les hommes de Silmido, eux, continuaient d'espérer. En 1971, ils mettront leurs enseignements à profit pour tuer dix-huit de leurs gardiens et voler un bateau pour traverser la Mer jaune. Arrivés à bon port, ils s'empareront de deux bus et rouleront vers Séoul, histoire de liquider ceux qui avaient ordonné qu'on les transforme en arme de guerre.

À l'instar de nombreuses tentatives d'assassinat, antérieures et ultérieures, de membres de la dynastie Kim, celle-ci fut un désastre. Elle se terminera dans un déluge de tirs et d'explosions, lors d'un face-à-face entre la police et les ultimes survivants du commando dans la capitale sud-coréenne.

Mais qu'importe que les spadassins aient ou non atteint leur destination initiale, cela n'aurait rien changé à leur sort. Même leurs officiers ne donnaient pas cher de leur peau –une information qu'ils garderont secrète. Depuis longtemps, le Nord s'était révélé être une terre inhospitalière pour les infiltrés. Selon un rapport déclassifié de la CIA, les opérations au Nord étaient loin d'être une priorité pour les renseignements sud-coréens à la fin des années 1960, au vu des «pertes escomptées pour des bénéfices nuls ou quasi nuls».

Un demi-siècle ou presque plus tard, la dynastie Kim est toujours au pouvoir en Corée du Nord et les rumeurs de décapitation se font de nouveau entendre. Aux États-Unis, la vitesse avec laquelle Pyongyang développe ses missiles balistiques et son armement nucléaire l'a fait passer d'ennemi de second rang à la pire des menaces, pour citer le Secrétaire à la Défense James Mattis. Les options pour endiguer la portée toujours croissante des missiles nucléaires nord-coréens –une guerre catastrophique ou un traité de non-prolifération politiquement peu ragoûtant que la Corée du Nord serait susceptible d'enfreindre– n'ont rien d'enviable. En 2016, le Département américain de la Défense avait tenté des exercices conjoints avec la Corée du Sud, un plan envisageant notamment des frappes contre les dirigeants nord-coréens.

La Corée du Sud, pour sa part, a laissé son passé autoritaire et ses complots vengeurs derrière elle. Mais elle craint le développement de l'arsenal balistique et nucléaire du Nord, et les rodomontades de son voisin l'exaspèrent. Désormais, Séoul répond à l'agressivité de Pyongyang en menaçant de tuer Kim Jong Un d'entrée de jeu, si jamais la moindre guerre est déclarée.

Reste que les menaces pesant sur la dynastie Kim, qu'elles soient réelles ou imaginaires, remontent bien avant que Pyongyang n'exhibe ses missiles balistiques et ponde des ogives nucléaires en batterie. Dès l'époque du colonialisme japonais, dans les années 1930, jusqu'à la tumultueuse agonie des régimes communistes, dans les années 1990, beaucoup ont voulu (sans succès) tuer un Kim. Des périls internes et externes que la dynastie a toujours réussi à esquiver, à la faveur d'un instinct de survie affûté, d'ennemis malhabiles et d'un réseau sophistiqué rassemblant informateurs, gardes du corps et police secrète.

Les hommes du Grand Leader

La première valse avec la mort de la famille Kim remonte aux années 1930, à l'époque où Kim Il Sung venait de rejoindre l'Armée chinoise de la Première Route pour s'opposer au joug colonial japonais en Mandchourie et en Corée. Kim étant devenu une figure de la résistance contre l'occupation japonaise, une «unité d'activités spéciales» verra le jour au sein de la police impériale pour le traquer. Pour ce faire, les Japonais débaucheront une dizaines de compagnons d'armes de Kim en leur promettant l'amnistie. Avec l'aide d'informateurs, ces hommes pisteront leur ancien camarade et chef –une leçon de trahison dont Kim se souviendra toute sa vie.

Durant ses années de guérilla, Kim pouvait compter sur un bataillon de gardes du corps, dont aurait fait partie sa première épouse, Kim Jong Suk, la mère de Kim Jong Il. Les livres d'histoire nord-coréens relatifs à cette période relatent une bataille, survenue dans le nord-est de la Chine, au cours de laquelle Kim Jong Suk allait sauver la vie du futur leader nord-coréen en le protégeant des tirs de ses ennemis, cachés dans un champ de roseaux voisin, avant de les abattre avec son fusil Mauser. Un classique de la propagande nord-coréenne, parabole de la nécessité d'une dévotion absolue à la sécurité des Kim –mais qui manque de sources indépendantes permettant d'en attester la véracité.

Après la guerre, la première tentative d'assassinat avérée de Kim Il Sung –qui ne sera pas la dernière– survient le 1er mars 1946 à la gare de Pyongyang, durant une cérémonie commémorant le mouvement d'indépendance de la Corée. Les tueurs, a priori envoyés par le gouvernement de Corée du Sud, jettent une grenade artisanale vers la tribune où s'exprime Kim. Yakov Novichenko, lieutenant de l'armée soviétique chargé de la protection des différents dignitaires rassemblés ce jour-là, se précipite alors pour récupérer le projectile qui lui explose dans la main et lui arrache le bras. L'événement sera le point de départ d'une longue amitié entre Kim et Novichenko et fera l'objet d'un film cul-cul la praline, coproduction soviético-nord-coréenne, sorti au milieu des années 1980. (Leonid Vasin, directeur adjoint d'une section de propagande spéciale de l'Armée rouge dépêchée à Pyongyang, émettra plus tard quelques doutes sur le déroulé de l'événement. Selon lui, la grenade aurait atterri à plus de trente mètres à droite de la tribune, et Kim ne courait aucun risque).

La clique entourant Kim au milieu des années 1940 deviendra au fil du temps l'un des États policiers les plus répressifs et les plus totalitaires au monde, entièrement dévoué aux intérêts personnels de la famille Kim. Au sein de cette structure coercitive, une garde prétorienne des plus sophistiquée sera mise en place, avec des niveaux de sécurité multiples et imbriqués pour éloigner les leaders suprêmes de tout danger.

Le cercle le plus rapproché est composé de cinq à six gardes du corps d'élite, sélectionnés parmi les Bureau des Adjudants, ou Bureau n°6, qui protège directement les Kim. (C'est à peu près l'équivalent des services secrets américains –mais avec vingt fois plus de personnel, pour un pays plus de quatre-vingt fois plus petit). Les gardes personnels des Kim sont des officiers supérieurs ayant prouvé leur fiabilité et leur loyauté après des années de service au sein du Commandement de la Garde, une unité de 100.000 membres dédiée à la sécurité de la famille Kim et des dignitaires nord-coréens les plus prestigieux. En dessous d'eux, d'autres soldats du Commandement de la Garde, issus de familles sans liens connus avec l'élite communiste de Pyongyang, constituent un autre cercle de protection. Ils sont aux côtés de Kim Jong Un lors des événements et des voyages officiels, mais aussi lors de ses déplacements personnels. Ils veillent par ailleurs sur ses diverses propriétés.

La capitale est protégée par le Commandement de la défense de Pyongyang et le Commandement de la défense aérienne de Pyongyang, qui peut manœuvrer du centre de la ville et défendre son espace aérien en cas de guerre ou de tentative de coup d’État. À l'extérieur de la capitale, le IIIe corps de l'Armée populaire de Corée (APC) constitue le dernier cercle, et le plus lourdement armé. Il défend les abords occidentaux de Pyongyang, du port de Nampo au fleuve Chongchon.

En Corée du Nord, diverses agences de surveillance traquent les indices de déloyauté les plus infimes, histoire de tuer dans l’œuf le moindre début de commencement d'une idée d'un coup d’État. Le Département de la sécurité de l’État surveille les civils nord-coréens à l'aide d'un dispendieux réseau d'écoutes et d'informateurs, tandis que les dignitaires du Parti des Travailleurs sont espionnés par le Département de l'organisation et de l'orientation. Au sein de l'APC, le Commandement de sécurité militaire constitue une sorte de police secrète parallèle, consacrée à ceux qui portent l'uniforme.

Qui plus est, le renseignement intérieur et les agences de sécurité peuvent compter sur le culte de la personnalité kimiesque –la famille Kim est vénérée comme une entité surnaturelle. Pour beaucoup de Nord-Coréens, tenter d'assassiner un Kim dépasserait la simple trahison –il s’agirait d'un blasphème. Et comme les empereurs chinois, si rébellion il y a, l’État nord-coréen ne promet pas de s'en prendre uniquement aux «traîtres», mais aussi à toute leur famille, soit une arme de dissuasion massive.

Une décennie pas si glorieuse

Pour le dispositif de protection des Kim, l'épreuve la plus sérieuse est survenue dans les années 1990, alors que la Corée du Nord passait de Kim Il Sung à Kim Jong Il, son fils. Avec la chute du Mur de Berlin et le démantèlement de l'URSS, les États communistes périclitaient les uns après les autres et d'aucuns se demandaient si la Corée du Nord n'était pas le prochain sur la liste. Des changements géopolitiques qui s’accompagneront d'une petite vague de mécontentement à l'idée de voir Kim Jong Il devenir l'héritier de son père.

Des rumeurs de tentatives d’assassinat et de coup d’État commencèrent à bruisser en Corée du Nord, avant d'atteindre les médias japonais et sud-coréens. Au début des années 1990, des journaux rapportèrent un supposé complot visant à assassiner les dirigeants nord-coréens. Menée par le Colonel Général An Chang Ho et une quarantaine d'officiers formés à l'Académie militaire Frounze, la machination aurait prévu qu'ils pointent les canons de leurs tanks sur deux Kim, lors de la parade d'avril 1992 célébrant le 60e anniversaire de l'APC.

«Beaucoup de sources –des coupures de presse ou des rapports d'interrogatoires des déserteurs– font état de l'arrestation de An, ainsi que d'enquêtes sur d'anciens élèves d’académies militaires de Russie ou d'Europe de l'Est», explique Michael Madden, professeur invité de Johns Hopkins et spécialiste du leadership nord-coréen. «Mais cela ne veut absolument pas dire que An ait participé à un coup d’État ou à n'importe quelle autre tentative de changement de régime».

En 1995, quelque temps avec la mort de Kim Il Sung, le VIe Corps de l'APC, stationné dans la province de l'Hamgyong du Nord, se serait mis en marche dans le but de renverser Kim Jong Il. «Le complot a été découvert au sein même du VIe Corps, ce n'est pas comme si les services de sécurité auraient démonté quoi que ce soit», déclare Ken Gause de CNA, un organisme de recherche et d'analyse à but non lucratif, spécialiste des institutions sécuritaires nord-coréennes. «Fondamentalement, c'est le commandant du VIe Corps [Kim Yong Chun] qui est allé voir le directeur du Département de la sécurité de l’État pour moucharder ses propres soldats».

Ce qui s'est réellement passé dans l'Hamgyong du Nord –un début de coup d’État ou, comme l'estime Gause, une recherche de ravitaillement– est encore sujet à débat. Dans tous les cas, l'événement révèle une panne inquiétante dans la chaîne de commandement d'un système fondé sur un contrôle absolu.

Et le VIe Corps en subira les conséquences.

«Le plus plausible, c'est qu'ils aient enfermé les officiers du VIe Corps dans un baraquement avant d'y mettre le feu», précise Madden. Aujourd'hui, le VIe Corps a été rayé de la carte.

Quelles options?

Kim Jong Il survivra au tumulte des années 1990, avant de consolider suffisamment son pouvoir pour garantir sa transmission héréditaire à son fils, Kim Jong Un. Sauf que dans la perceptive d'une frappe nucléaire, chose plus que probable vu les progrès militaires de Pyongyang, l'idée d'une annihilation préventive du commandement nord-coréen se fait de plus en plus pressante.

«Cela n'a rien d’inhabituel. Les gens en parlent, s'échauffent, mais les cibles sont nombreuses en Corée du Nord», explique David Maxwell, colonel à la retraite et ancien officier des Forces spéciales dépêché auprès du Commandement des opérations spéciales des États-Unis en Corée. «Toutes les installations de commandement et de contrôle, toutes les installations de relocalisation de Pyongyang, les villas où Kim Jong Un pourrait vivre pendant la guerre –ce sont toutes, a minima, des potentielles cibles de surveillance et, in extremis, de frappes»

Si l'anéantissement du leadership d'un ennemi pendant une guerre n'a rien d'une idée nouvelle, l'armée sud-coréenne en a beaucoup dit ces dernières années sur ses capacités de décapitation. En 2016, elle annonce mettre sur pied une unité de forces spéciales dont l'objectif est de tuer Kim Jong In et d'autres dignitaires si jamais une frappe préventive s'avère nécessaire. La Corée du Nord accusera ses adversaires à Washington et à Séoul de fomenter une étrange machination visant à préparer «un attentat terroriste contre le leadership suprême de la RPDC au moyen d'une substance bio-chimique».

Il reste un obstacle de taille à surmonter: s'approcher suffisamment près de Kim Jong Un pour le tuer.

Tout d'abord, pour infiltrer la Corée du Nord, les commandos sud-coréens devront s'associer à leurs homologues américains des Opérations spéciales de l'U.S. Air Force ou du 160e régiment des Opérations aériennes spéciales. Une fois la frontière franchie, il faudra s'occuper du IIIe Corps de l'APC, qui défend la capitale contre les intrusions maritimes, terrestres ou aériennes.

«Si le IIIe et le VIe Corps tombent, les [soldats du Commandement de défense de Pyongyang] ont comme mission de défendre la ville quartier par quartier, afin de permettre à Kim Jong Un et au Commandement de la garde de se relocaliser au centre-nord du pays», explique Joseph Bermudez, spécialiste de l'armée nord-coréenne.

Depuis le 11 septembre 2001, les Américains ont mené ce genre d'opération furtive au Pakistan, en Somalie ou encore en Libye pour capturer ou tuer des terroristes. Sauf que vouloir les rééditer contre un État lourdement armé augmente considérablement les risques d'échec. «Ça donne toujours bien dans les films, mais dans la réalité, c'est une autre paire de manches», commente Maxwell.

La méthode la plus pratique serait un barrage anti-missiles, mis en œuvre par les États-Unis ou la Corée du Sud. Le plan de «représailles massives» annoncé par la Corée du Sud en septembre 2016 après un essai nucléaire de la Corée du Nord comporte le bombardement de certains quartiers de Pyongyang associés à Kim Jong Un et à ses officiers supérieurs. Quatre ans avant le déploiement de ce programme, Séoul avait ébahi son monde en testant un missile de croisière Hyunmoo-3, qui avait réduit en poussière un bâtiment ressemblant comme deux gouttes d'eau au palais du Soleil Kumsusan.

Sauf que les missiles et les commandos se serviront à rien s'ils ne savent pas où se trouve Kim Jong Un. Et ce genre de renseignement est quasiment impossible à obtenir dans un pays comme la Corée du Nord. La chasse au dahu est loin de décourager les vocations, selon Jeffrey Lewis, directeur du programme de non-prolifération pour l'Asie de l'Est au sein du Middlebury Institute. «Si la décapitation ne fonctionne jamais vraiment, elle attire irrépressiblement les chefs militaires et les dirigeants politiques. Elle rend fous les idiots».

Comme exemple des problèmes que de telles missions peuvent causer, Lewis se réfère à l'invasion de l'Irak en 2003. À l'époque, les États-Unis avaient envoyé un avion furtif bourré de bunker busters et de missiles de croisière frapper un site qui, selon des espions américains, devait abriter Saddam Hussein. Sauf que Saddam Hussein n'y était pas, il n'y avait pas non plus d'installations stratégiques et le dictateur irakien allait mettre encore huit mois avant d'être capturé.

Le jour d'après

Mais même en imaginant que les États-Unis ou la Corée du Sud réussissent leurs frappes préventives contre Kim Jong Un, la force conventionnelle de l'armée nord-coréenne est telle qu'elle sera encore capable d'infliger des dégâts dantesques à la Corée du Sud, où des milliers de soldats américains sont déployés. Rien ne dit non plus que l'APC rendra les armes à la mort de Kim Jong Un. Si James Mattis a assuré aux parlementaires américains que les États-Unis sortiraient forcément vainqueurs d'une guerre contre la Corée du Nord, le Secrétaire à la Défense a aussi précisé qu'un tel conflit «serait bien plus grave en matière de souffrances humaines que tout ce que nous avons pu connaître depuis 1953».

Les problèmes de la Corée du Nord se seront pas résolus avec la disparition de Kim Jong, car le legs de la dynastie Kim dépasse de loin les seuls héritiers en chair et en os du trône de Pyongyang. La famille royale de Corée du Nord a su planter ses racines au cœur de la société nord-coréenne, après des décennies de brutalité et de pénuries infligées à ses sujets. Les probabilités sont plus que minces que le pays puisse rapidement se relever et construire une société meilleure sur les cendres de la guerre. Les Nord-Coréens seront tourmentés par les fantômes de leurs dirigeants bien après la mort du dernier Kim.

Aussi sanglante et désastreuse que pourrait être la décapitation du dernier Kim, elle risque d'être un jeu d'enfant en comparaison du chaos qui naîtra de la destruction du royaume.

Adam Rawnsley
Adam Rawnsley (2 articles)
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