Monde

Un journaliste australien pulvérise la prestation de Trump au G20

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 11.07.2017 à 10 h 01

Le bilan du sommet en général, et du comportement du président américain en particulier, en deux minutes.

Pour fêter la fin du G20 de Hambourg, Donald Trump a publié sur son compte Twitter une vidéo digne des meilleurs films de mariage, qui récapitule les temps forts du sommet au son du «Make America Great Again».

Mais une autre vidéo récapitulative a été largement partagée, offrant l'avis tout en synthèse sur le rassemblement en général et le président des États-Unis en particulier du journaliste Chris Uhlmann, envoyé spécial de la chaîne australienne ABC à la réputation plutôt conservatrice. En voici le texte en intégralité:

«Nous savions déjà que le président des États-Unis a un type particulier de compétences, qu'il a identifié une maladie au sein des démocraties occidentales mais n'y offre pas de remède et semble avoir l'intention de l'exploiter. Nous avons aussi appris qu'il n'a ni le désir ni la capacité de guider le monde.

 

Au final, le G20 est devenu le G19. Sur l'accord de Paris sur le climat, les États-Unis ont été laissés à leur isolement et à leur absence d'alliés. Étant donné que cela était prévisible, un président apte aurait identifié un sujet autour duquel rallier la plupart des dirigeants. Trump en avait un, idéal: les tests de missiles de la Corée du nord. Où est donc le communiqué du G20 condamnant la Corée du nord qui aurait mis sous pression la Chine et la Russie? D'autres dirigeants l'attendaient. Ils étaient prêts à le soutenir, mais il n'est jamais venu.

 

Il y a une tendance, chez certaines âmes optimistes, à assimiler les discours écrits pour Trump avec les pensées de Trump lui-même: en Pologne, il a livré des observations intéressantes, préparées à l'avance, sur la défense des valeurs occidentales. Et il est dans la position unique de l'homme qui peut faire quelque chose à ce propos. Mais c'est le Trump spontané qui compte: l'homme qui aboie des ignominies en 140 caractères, qui gâche les jours précieux de sa présidence à guerroyer contre ces institutions occidentales que sont le pouvoir judiciaire, les autorités indépendantes et la presse libre. Durant ce sommet, il s'est montré une figure mal à l'aise, solitaire, maladroite et on avait vraiment l'impression que certains dirigeants cherchaient quelle était la meilleure façon de s'en accommoder.

 

Donald Trump est un homme assoiffé de pouvoir car celui-ci décuple sa célébrité. Ce qui l'intéresse vraiment, c'est de parler sans cesse et qu'on parle de lui sans cesse et il n'accorde aucune valeur à la signification des mots: ce qu'il dit un jour peut donc être contredit le lendemain.

 

Au final, qu'avons-nous appris? Nous avons appris que Donald Trump a appuyé sur le bouton “avance rapide” du déclin des États-Unis en tant que leader mondial. Il a réussi à isoler son pays, à troubler et s'aliéner ses alliés et à rabaisser l'Amérique au profit de la Chine et de la Russie, deux États autoritaires qui vont forger des règles très différentes pour le XXIe siècle. Certains se réjouiront du déclin de l'empire américain, mais je pense qu'il nous manquera une fois parti. Et il s'agit de la principale menace envers les valeurs occidentales que Trump affirme tellement chérir.»

Des commentaires qui ont bien sûr ravi les adversaires de Trump, à l'image du chroniqueur Nicholas Kristof.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte