Sciences / Santé

Une équipe de chercheurs a recréé un virus proche de la variole

Temps de lecture : 2 min

Elle a réussi à recréer le virus de la vaccine, une maladie voisine, pour un coût de «seulement» 100.000 dollars et quelques mois de travail.

Via Wikimédia Commons.

Cela fera quarante ans l'an prochain que les derniers cas de variole, l'une des maladies les plus mortelles de l'histoire, ont été signalés, à Birmingham, en Angleterre. La maladie a été déclarée officiellement éradiquée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1980. Et pourtant, il semble étonnamment facile aujourd'hui de recréer le virus.

Telle est du moins la conclusion d'une expérience que rapporte la revue Science. Emmenée par David Evans, un virologue de l'université d'Alberta à Edmonton (Canada), une équipe de chercheurs a synthétisé à partir de fragments d'ADN disponibles dans le commerce le virus de la vaccine, une maladie infectieuse du cheval proche de la variole. Si cette expérience n'a pas encore fait l'objet d'une publication scientifique, elle a notamment été discutée en novembre 2016 lors d'une réunion de l'OMS, qui a noté que «cet effort a coûté environ 100.000 dollars et a pris six mois. Toute l'information nécessaire pour séquencer et générer le virus était publiquement disponible».

«Aucun doute: si c'est possible pour la vaccine, c'est possible pour la variole», explique à la revue le chercheur Gerd Sutter, de l'université Ludwig-Maximilians de Munich. Cette recherche a des objectifs nobles, notamment le développement de meilleurs vaccins et de traitements contre le cancer, mais pose, explique Science, la question de savoir «comment des terroristes ou des États voyous pourraient utiliser les biotechnologies modernes», et donc aussi de la façon de réguler ce genre de travaux pour empêcher qu'ils ne tombent dans de mauvaises mains. Comme le résume crûment The Verge, «ressusciter un cousin lointain de la variole peut ouvrir la voie à de meilleurs vaccins, ou à une guerre biologique».

Selon Tom Frieden, l'ancien président du Centers for Disease Control and Prevention, un organisme public américain, interviewé par le Washington Post, cette recherche pourrait par ailleurs vider de son intérêt le débat sur l'avenir des derniers échantillons du virus, conservés dans des centres de recherche à Atlanta et Novossibirsk: certains plaidaient pour les détruire pour s'en débarrasser définitivement, d'autres pour les garder comme objet d'étude. «Nous vivons dans un meilleur des mondes où il existe une capacité à recréer des organismes qui ont existé dans le passé ou à créer des organismes qui n'ont jamais existé», conclut-il avec pessimisme.

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