Monde

Au Vietnam, une blogueuse condamnée à dix ans de prison pour avoir parlé de poissons morts et de brutalité policière

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 05.07.2017 à 13 h 50

Repéré sur BBC, Quartz, ABC

La police lui reproche notamment de mettre à mal la «foi du peuple envers l'État».

Capture d'écran d'un post Facebook

Capture d'écran d'un post Facebook

Sur internet, elle est connue sous le nom de Mẹ Nấm, ou «mère des champignons». Mais pour la justice vietnamienne, Nguyen Ngoc Nhu Quynh est dangereuse. La BBC nous apprend ainsi qu'elle a été condamnée fin juin à dix ans de prison pour «propagande à l'encontre de l'État», après un seul jour de procès.

Le site nous explique qu'elle a «commencé en 2006 un blog pour attirer l'attention sur les injustices sociales et politiques, et exprimer son inquiétude sur l'environnement. […] Une de ses plus grandes causes concernait les dommages environnementaux causés par une mine de bauxite dans la région centrale du pays».

La jeune femme, qui aime se peindre un poisson sur la joue droite, a également écrit sur la mort de poissons, empoisonnés à cause d'une usine, de la brutalité policière, ou au sujet de l'intervention de la Chine dans le sud de la mer de Chine. Quartz explique que la police l'a décrite comme une femme «pessimiste, avec une vision unilatérale qui provoque une confusion au sein du public et affecte la foi du peuple [vis-à-vis de l'État]».

Prix Women of Courage

 

Le site détaille, ainsi, plusieurs de ses prises de position. En 2016, elle a dénoncé la mort de tonnes de poissons à cause d'une usine qui déversait ses déchets dans la province de Ha Tinh. Formosa, l'entreprise qui possède l'usine en question, a promis de payer 500 millions de dollars pour nettoyer les eaux polluées et compenser les pertes. Nguyen, avec d'autres, a également répertorié dans un document appelé «Empêchons la police de tuer des civils» l'identité de trente-et-une personnes mortes alors qu'elles étaient en détention.

Elle a été arrêtée en octobre dernier, après avoir aidé une mère à aller voir son fils, activiste emprisonné. «Sa fille, maintenant âgée de 11 ans, l'a vu menottée et emmenée par plusieurs policiers. Le fils de Nguyen avait tout juste 2 ans au moment de l'arrestation. En mars, les États-Unis lui ont remis le prix Women of Courage.»

Son avocat, Vo An Don, a expliqué après le jugement que Nguyen Ngoc Nhu Quynh n'a «admis aucun crime, expliquant qu'elle le droit à la liberté d'expression». De nombreux pays ont dénoncé le jugement et appelé le Viêtnam à reconnaître la liberté d'expression. La jeune femme, a encore quelques jours pour faire appel.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte