Monde

La vidéo menaçante de la NRA à l'égard des élites «qui assassinent les vraies informations»

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 30.06.2017 à 11 h 16

Repéré sur Vox

Le lobby des armes appelle ses adhérents à lutter «poing fermé» contre «la violence des mensonges» de la gauche américaine.

Du point de vue de la NRA, le lobby américain des armes, la violence aux États-Unis n'a rien à voir avec le fait qu'il soit extrêmement facile de se procurer un revolver ou une mitraillette. Près de 1.300 enfants américains sont tués par balle chaque année, mais pour la NRA, le vrai problème de violence vient des manifestants anti-Trump, de la presse et des élites progressistes.

Lors d'une réunion officielle de la NRA en avril, le président du lobby, Wayne LaPierre, avait déclaré:

«C'est à nous de nous exprimer contre les trois voix les plus dangereuses d'Amérique: les élites universitaires, les élites politiques et les élites médiatiques. Ce sont les plus importantes menaces internes en Amérique.»

Le même thème a été repris dans une récente vidéo de recrutement, dans laquelle la présentatrice radio Dana Loesch appelle les citoyens pro-armes à la résistance et accuse les anti-Trump de tous les maux:

«Ils utilisent leurs médias pour assassiner les vraies informations. Ils utilisent leurs écoles pour apprendre aux enfants que le président est comme Hitler. Ils utilisent leurs stars, leurs chanteurs, leurs humoristes et leurs cérémonies pour répéter leur récit. Et ensuite ils utilisent leur ancien président [Obama] pour promouvoir la “résistance”. »

«C'est une vision paranoïaque de la vie américaine»

Étant donné que le président Trump et son entourage font régulièrement des déclarations fausses, qui sont ensuite défendues par des médias conservateurs pro NRA comme Fox News, les accusations d'«assassinat» de la vérité sont d'une mauvaise foi assez impressionnante. 

Selon Dana Loesch, qui est porte-parole de la NRA, la gauche manipule pour rendre les foules violentes.

«Tout cela pour les faire manifester. Protester. Les faire hurler au racisme, au sexisme, à la xénophobie et l'homophobie. Les faire briser des fenêtres, brûler des voitures, fermer des autoroutes, des aéroports et terroriser ceux qui respectent la loi – jusqu'à ce que la seule option qui reste soit pour la police de faire leur travail et d'arrêter cette folie.»

Pour donner l'impression que la résistance anti-Trump est uniquement composée d'une horde d'anarchistes violents, la vidéo est illustrée par des extraits de manifestations qui ont dégénéré à Berkeley ou à Washington. 

«C'est une vision paranoïaque de la vie américaine qui encourage les fans de la NRA à voir les progressistes non comme des opposants politiques, mais comme des monstres», écrit Zack Beauchamp dans Vox.

«Je crois que la NRA est en train de dire aux gens de nous tirer dessus»

S'il est vrai que certains groupuscules d'extrême-gauche –les Antifas– se sont rendus coupables d'actes de vandalisme lors de manifestations récentes, la violence meurtrière aux États-Unis est majoritairement le fait de l'extrême droite. Ces dix dernières années, les meurtres terroristes aux États-Unis ont été commis à 74% par des militants d'extrême droite et à 24% par des islamistes, ce qui ne laisse que 2% environ pour l'extrême gauche. 

La vidéo finit par un appel à la résistance:

«La seule façon d'arrêter cela, la seule façon de sauver notre pays et notre liberté, c'est de combattre cette violence de mensonges avec le poing fermé de la vérité».

Venant d'un groupe qui encourage les Américains à porter des armes, beaucoup ont vu dans ces mots une incitation à la violence, comme ici, le sénateur démocrate Chris Murphy du Connecticut, où a eu lieu la fusillade de l'école de Sandy Hook en 2012: 

«Je crois que la @NRA est en train de dire aux gens de nous tirer dessus. C'est peut être le moment d'annuler votre adhésion.»

Pour Deray McKesson de Black Lives Matter, s'il faisait le même genre de vidéo, il se ferait arrêter:

«Cette pub de la NRA est un apppel ouvert à la violence pour protéger la suprématie blanche. Si je faisais une vidéo comme ça, je serais en prison.»

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte