Culture

Voici les 15 nouvelles séries à découvrir cet été

Nora Bouazzouni, mis à jour le 04.07.2017 à 14 h 58

Il fut une époque où l'été était la saison des sempiternelles rediffs ou des sagas cheap. Cette époque est révolue, pour le meilleur (ceux qui ne partent pas) et pour le pire (ceux dont le métier consiste à critiquer des séries). Parce qu'il n'y a pas que «Game of Thrones» et «Twin Peaks» dans la vie, notre guide des nouveautés.

«The Handmaid's Tale» saison 1 sur OCS

«The Handmaid's Tale» saison 1 sur OCS

1. El Marginal (à partir du 26 juin, Canal+)

En échange de sa liberté, Miguel, un ancien flic incarcéré en Patagonie, accepte d’aider le juge Lunati à enquêter sur l’enlèvement de sa fille. Pour cela, il va devoir infiltrer la prison-favela de San Onofre, à Buenos Aires, véritable microsociété tenue par le gang des frères Borges, que le magistrat soupçonne d’être responsables du kidnapping.

Mais comme personne n’est au courant du deal, pas même l’administration pénitentiaire corrompue jusqu’à l’os, une fois que Miguel a rempli sa part du contrat, Lunati l’abandonne. Livré à lui-même, il va devoir trouver un moyen de sortir de cet enfer. Grand Prix du festival Séries Mania 2016, El Marginal est une fiction carcérale plutôt bien menée quoiqu’un peu longuette (on aurait préféré 10 épisodes resserrés au lieu de 13), qui n’est pas sans rappeler Oz par son âpreté et sa violence, donc âmes sensibles s’abstenir.

 

2.The Handmaid's Tale (à partir du 27 juin, OCS)

Une des séries de l’année, glaçante et terriblement actuelle. Dans un futur très (trop) proche, après le coup d’État d’une secte catholique, les États-Unis sont rebaptisés République de Gilead. Dans cette théocratie autoritaire où les rebelles (homos, dissidents politiques et religieux) sont exécutés et où la pollution a fait chuter drastiquement le taux de natalité, les femmes ont été privées de leurs droits et divisées en castes: les Épouses, mariées aux officiels qui dirigent le pays, les domestiques et les Servantes. Assignées aux riches couples, ces dernières ont pour unique mission de tomber enceintes par le biais de viols ritualisés. L’enfant né de ces grossesses forcées sera élevé par ses «propriétaires» et la Servante sera placée dans une autre maison.

État d’urgence, mutilations génitales, autodafé, retour aux valeurs dites «traditionnelles»… Ce 1984 féministe, écrit par la Canadienne Margaret Atwood en 1985, montre une dystopie d’autant plus terrifiante qu’elle est parfaitement crédible. The Handmaid’s Tale (La Servante écarlate, en VF) est un rappel douloureux que nos libertés ne sont pas des acquis inattaquables doublé d’une mise en garde: on ne pourra pas dire qu’on avait rien vu venir.

 

3.Biarritz Surf Gang (à partir du 30 juin, Studio+)

Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils sentaient bon la wax et la binouze. Dans les années 1980, avant que le surf ne déferle sur l’Europe (vous l’avez?) et que les marques transforment le sport en gros business, une poignée d’accros se la donnait à Biarritz: la bande de la Grande Plage. Des tarés de la planche prodiges mais branleurs, qui gagnaient des titres raides bourrés, se battaient avec les Australiens venus leur «piquer» des vagues et régulièrement bannis de la fédération.

À travers des images d’archives et les témoignages des intéressés ou ceux qui les ont connus, ce docusérie en dix courts épisodes nous fait vivre les années folles de ces pionniers qui ont fait l’histoire du surf français, pour le meilleur et, pour certains, le pire.

 

4.Snowfall (à partir du 5 juillet, FX)

1983-1984. Il a suffi d’un an pour rendre L.A. accro. À travers les destins croisés de plusieurs angeleños (un ado, un agent de la CIA, un narcotrafiquant…), John Singleton, réalisateur et scénariste nommé aux Oscars pour le cultissime Boyz n the Hood (1991), revient sur l’épidémie de crack qui a transformé certains quartiers de Los Angeles en zones de guerre, avant de se propager à travers les États-Unis comme une traînée de poudre.

Un pitch prometteur, d’autant que Snowfall a fait appel à des consultants qui ont connu ces années sombres et que sont déjà annoncés derrière la caméra Dan Attias (Les Soprano, The Wire, Six Feet Under…) et Hiro Murai, clippeur de Childish Gambino et réal de la super léchée et Golden Globe-isée série Atlanta.

 

5.Will (à partir du 10 juillet, TNT)

Encore une série «historique» qui va faire hurler les profs d’histoire (de joie ou de fureur): Will commence pile pendant les «années perdues» du jeune Shakespeare, soit la période entre 1585 et 1592 où l’on perd sa trace, et donc sujettes à moult récits apocryphes. La vingtaine mais déjà marié et père de trois enfants, le futur dramaturge-star débarque à Londres, capitale du stupre et des possibles.

Avec Craig Pearce (co-scénariste de Baz Luhrmann sur Roméo + Juliette, Moulin Rouge! et Gatsby le Magnifique) aux manettes, on ne pouvait s’attendre à autre chose qu’un biopic chatoyant et rock, forcément. La série est tout de même réalisée par Shekhar Kapur, à qui l’on doit le superbe Elizabeth (avec Cate Blanchett), nommé 7 fois aux Oscars et lauréat d’un Bafta. Les sceptiques attendront de juger sur pièce; les fans de biopics romancés et de renaissance anglaise l’engloutiront comme un gros rainbow cake.

 

6.I'm Sorry (12 juillet, TruTV)

C’est un Français, le romancier Serge Doubrovsky, qui a inventé le terme «autofiction», mais les humoristes américains l’ont remis au goût du jour dans les années 2010, en produisant à la chaîne des séries semi-autobiographiques, irrévérencieuses mais touchantes, dont ils/elles sont les héros/héroïnes: Louie, Better Things, Lady Dynamite, One Mississippi , Crashing

I’m Sorry est donc une énième émanation de ce nouveau passage obligé pour les stand-uppers: comme Pamela Adlon dans la très réussie Better Things, Andrea Savage (iZombie, Veep…) joue une comédienne-névrosée/mère-de-famille-quadra qui n’a pas de problème à parler vagin au restau avec sa fille. Le premier épisode est déjà en ligne (je n'ai pas eu à m'inscrire ni renseigner mon fournisseur, mais je suis peut-être tombée sur un bug) et… c’est chouette.

 

7.Friends From College (14 juillet, Netflix)

Keegan-Michael Key a des goûts sûrs et une bande de potes qu’on lui envie. Jouer à plein temps dans la série à sketchs Key & Peele (R.I.P), co-créée avec son BFF Jordan Peele et malheureusement inédite en France, ne l’a pas empêché d’apparaître dans Parks & Recreation, Playing House ou encore Fargo, ni de prêter sa voix à des personnages de BoJack Horseman ou Rick & Morty.

Depuis 2015 et la fin de Key & Peele, il continuait d’enchaîner les caméos et on attendait avec impatience un vrai come-back télé. Nicholas Stoller –et sa femme Francesca Delbanco– ont exaucé nos prières et malgré un CV qui laisse un peu euh… circonspect (Yes Man, Sans Sarah rien ne va, Nos pires voisins, Zoolander 2). Friends From College –dont le titre est le pitch et inversement– a heureusement l’air absolument hilarante. Une comédie chorale avec en plus Cobie Smulders (Robin, dans How I Met Your Mother), Billy Eichner et Kate McKinnon? N’en jetez plus.

 

8.La Folle Aventure des Durrell (les 16 et 23 juillet, France 3)

Trigger warning eaux turquoise: si votre destination pour les vacances n’est pas une île paradisiaque, cette série risque de vous filer le cafard. Délicieusement drôle et diablement malicieuse, The Durrells (en VO) raconte l’histoire d’une jeune veuve sans le sou qui décide, en 1935, de quitter sur un coup de tête la morosité de Bournemouth et déménage avec ses quatre enfants à Corfou, dans une grande maison à l’abandon.

C’est le benjamin, Gerald, qui écrira plus tard une trilogie sur ces quatre années passées en famille sur l’île grecque. Une galerie de personnages hauts en couleurs, des flirts, des engueulades, des animaux, le soleil de Corfou… Bref, une série très rafraîchissante dont la deuxième saison s’est achevée en Grande-Bretagne fin mai et la troisième est en tournage.

 

9.Ozark (21 juillet, Netflix)

Marty Byrde vit à Chicago avec sa femme (Laura Linney) et leurs enfants. Il est conseiller financier. Son boulot, c’est blanchir l’argent d’un gros cartel de drogue mexicain. Mais quand les choses tournent mal (= son boss le cherche pour le buter), il déménage fissa dans la région montagneuse des Ozarks.

Si le pitch vous fait vaguement penser à Mr Wolff, sorti l’an dernier avec Ben Affleck, c’est normal, le même mec est au scénario: Bill Dubuque. Interprété et réalisé (5 épisodes sur 10) par le sous-exploité Jason Bateman –inoubliable héros-loser de Arrested Development–, la bande-annonce rappelle furieusement Bloodline, dont les trois petites saisons ont été produites par… Netflix. Allez, pour se mettre dans le bain, le compte Instagram de la série nous embarque dans un jeu de piste façon Où est Charlie? mais flippant et sur Google Maps.

 

10.Room 104 (à partir du 29 juillet, OCS)

Un motel d’aéroport, une chambre, douze histoires. La nouvelle comédie d’anthologie des frères Duplass, qui nous manquaient depuis l’arrêt de Togetherness, a l’air génialement barrée.

On ne peut pas s’empêcher de penser au Voyeur Project mis en ligne par HBO (tiens tiens) il y a pile dix ans (tiens tiens, bis) qui nous proposait de découvrir l’histoire des habitants d’un immeuble en cliquant sur chacun des appartements.

 

11.The Last Tycoon (à partir du 28 juillet, Amazon Prime)

En 1939, son contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer ayant pris fin, F. Scott Fitzgerald devient scénariste indépendant. Il meurt à Hollywood en décembre 1940, lui qui détestait travailler pour le cinéma. C’est pourtant là qu’il plante le décor de The Last Tycoon (Le dernier nabab en VF), son cinquième roman, inachevé et publié à titre posthume.

Le héros, un certain Monroe Stahr, est largement inspiré du légendaire producteur Irving Thalberg, surnommé «The Wonder Boy» et VIP de la MGM. Dans cette adaptation télé, Matt Bomer incarne le jeune loup qui n’hésite pas à tenir tête à son boss, interprété par Kelsey Grammar. Jeux de pouvoir! Amour! Hitler! Robes à franges!

 

12.Manhunt: Unabomber (à partir du 1er août, Discovery)

Pour sa première saison, la série d’anthologie Manhunt suit la traque d’un des terroristes les plus célèbres des États-Unis, Ted Kaczynski (surnommé Unabomber). En guerre contre ce qu’il appelait le «système industrialo-technologique», ce prof de maths surdoué (interprété par Paul Bettany) posait ou envoyait des bombes artisanales intraçables à des profs d’université, informaticiens, publicitaires, compagnies aériennes… D’où son nom de code choisi par le FBI: «UNiversity and Airline BOMbing».

La chasse à l’homme a duré dix-huit longues années (1978-1996) durant lesquelles Kaczynski laissait traîner de faux indices pour embrouiller le FBI a et mobilisé plus de 150 personnes. Condamné à la perpétuité incompressible en 1998, il purge sa peine dans une prison de très haute sécurité du Colorado.

 

13.The Sinner (à partir du 2 août, NBC)

Dix ans après la fin de Sept à la maison, Jessica Biel est de retour sur le petit écran pour cette adaptation du best-seller de l’écrivaine Petra Hammesfahr (la Patricia Highsmith allemande). Le pitch est simple mais pour le moins original: prise d’un accès de rage soudain, une jeune femme poignarde brutalement un homme sur une plage bondée. Interrogée par la police, elle est incapable d’expliquer son geste, mais un flic obsédé par l’affaire va fouiller son passé pour déterrer un mobile enfoui dans son inconscient. Tin tin tiiin. Suspense.

 

14.Mr. Mercedes (à partir du 9 août, DirecTV)

David E. Kelley n’a pas chômé cette année: après l’adaptation acclamée du roman de Liane Moriarty Big Little Lies, il s’attaque au Mr Mercedes de Stephen King, premier tome d’une trilogie qui s’est achevée l’hiver dernier. L’histoire d’un flic (Brendan Gleeson, Alastor Maugrey dans la saga Harry Potter entre autres) qui sort de sa retraite pour retrouver le psychopathe (Harry Treadaway, Frankenstein dans Penny Dreadful) qui a tué huit personnes en fonçant dans la foule à bord d’une Mercedes volée. Mary-Louise Parker est également au casting –et je sais qu’elle a des fans.

 

15.The Defenders (18 août, Netflix)

Daredevil. Jessica Jones. Luke Cage. Iron Fist. Ils sont quatre, ils sont super forts, ils sont solitaires mais ils vont devoir unir leurs forces pour protéger New York City d’une puissante organisation criminelle dirigée par SIGOURNEY «BADASS» WEAVER (qui a 67 ans, waouh). Binge watching en vue, impossible de résister à l’appel du combat de couloir.

Nora Bouazzouni
Nora Bouazzouni (20 articles)
Journaliste et traductrice
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