France

L'histoire d'un petit arrangement raté d'un député sortant PS avec La République en marche

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 28.06.2017 à 18 h 39

Repéré sur Le Canard enchaîné

Le député socialiste sortant aurait demandé à Emmanuel Macron de ne pas investir de candidat face à lui, mais la commission d’investiture se serait trompée de circonscription...

Guillaume Bachelay durant un discours au Congrès national du Parti socialiste à Toulouse, le 26 octobre 2012. LIONEL BONAVENTURE / AFP

Guillaume Bachelay durant un discours au Congrès national du Parti socialiste à Toulouse, le 26 octobre 2012. LIONEL BONAVENTURE / AFP

C’est le genre de cafouillage qui prête à sourire. Dans son numéro du 28 juin 2017, Le Canard enchaîné met le doigt sur un arrangement qui a coûté cher à son instigateur. Début mai 2017, Guillaume Bachelay, ancien n°2 du Parti socialiste et député sortant de la 4e circonscription de Seine-Maritime, s’inquiète qu’un candidat En marche! puisse être investi face à lui, dans cette circonscription ancrée à gauche et réputée imprenable.

Bien que Myriam El Khomri, Manuel Valls, Stéphane Le Foll ou encore Marisol Touraine soient épargnés et n’aient à souffrir d’aucune concurrence de la part du parti présidentiel dans leurs circonscriptions respectives, Guillaume Bachelay n’est pas rassuré de voir que ses collègues dirigeants du PS, Jean-Christophe Cambadélis et Christophe Borgel, doivent composer face à un candidat En marche!.

«Erreur sur la personne»

 

Comme le raconte Le Canard enchaîné, Guillaume Bachelay sollicite alors l’aide de Laurent Fabius –ami et ancien député de cette circonscription pendant près de quarante ans– pour qu’il demande à Emmanuel Macron de n’investir personne face à lui. Le président de la République accepte et transmet la directive à la commission d’investiture d’En marche!.

Tout aurait pu fonctionner pour Guillaume Bachelay si la commission en question ne s’était pas trompée de circonscription, à une près. Car au lieu de ne pas investir de candidat dans la 4e circonscription de Seine-Maritime, elle choisit de ne pas en investir dans la 5e, celle du député PS Christophe Bouillon. Le cafouillage n’est pas découvert à temps et Guillaume Bachelay se retrouve ainsi face à Sira Sylla, avocate investie par En marche!.

Une véritable «erreur sur la personne», comme titre le Canard.

Et la circonscription imprenable fut prise

 

Les résultats des votes sont sans appel: Guillaume Bachelay est vaincu dès le 1er tour, et termine en troisième position, à seulement 0,30 points de Nicolas Goury, candidat Front national, arrivé deuxième. Une semaine plus tard, Sira Sylla devient députée de la 4e circonscription de Seine-Maritime, et le bastion normand du Parti socialiste réputé imprenable tombe.

Cette circonscription était occupée depuis 1978 par Laurent Fabius, qui avait été réélu huit fois, jusqu’en 2012. Guillaume Bachelay, alors suppléant, avait pris sa place lorsque le député avait été nommé ministre des Affaires étrangères. Le 19 mai, un cadre du Parti socialiste affirmait pourtant au Monde qu’«aucune circonscription» n’était «imprenable, à part peut-être celle de Guillaume Bachelay en Seine-Maritime, qui est l’ancienne circonscription de Laurent Fabius, et celle de Boris Vallaud dans les Landes (...)».

Le candidat PS Christophe Bouillon peut cependant se réjouir de cette erreur, puisqu’il a remporté la 5e circonscription de Seine-Maritime avec 69,1% des voix, sans être gêné par un adversaire d’En Marche!.

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