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VIDÉO. John Oliver démonte les arguments des anti-vaccins dans sa dernière émission

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 27.06.2017 à 12 h 05

Repéré sur Last Week Tonight, Slate.com

L'animateur a pris trente minutes pour faire passer un message: faites vacciner vos enfants.

John Oliver est loin d'être le plus grand défenseur de l'industrie pharmaceutique. Mais ce dimanche 25 juin, il a consacré près d'une demi-heure de son émission «Last Week Tonight with John Oliver» à défendre, «l'une des plus incroyables réussites de l'humanité»: les vaccins.

Il faut dire que «même s'il est important de se rappeler que “la vaste majorité des parents font bien attention à ce que leurs enfants soient vaccinés” en temps et en heure, les voix de ceux qui ne le font pas portent plus. N'importe quelle recherche sur internet vous fera faire un saut inquiétant dans l'inconnu, et cela peut rendre certains parents nerveux».

«Les mèmes internet ne sont pas de la science», rappelle-t-il à un moment.

Même Donald Trump, le président américain, a émis quelques inquiétudes sur leur dangerosité.

Alors, John Oliver rappelle des évidences. Tout d'abord, les risques en cas de non-vaccination, comme dans le Minnesota où la communauté somalienne a drastiquement diminué le nombre d'enfants vaccinés. Depuis, le nombre de cas de rougeole dans cet État a dépassé le nombre de cas recensés dans le reste du pays.

«Tout cela a de vraies conséquences.»

Il revient également sur les craintes de voir son enfant développer un cas d'autisme. Ces craintes sont nées avec un articles scientifique publié à la fin des années 1990, et s'appuyant sur une étude de seulement douze enfants. Son auteur, Andrew Wakefield, a par ailleurs «déformé les résultats, et agi de façon contraire à l'éthique». D'autres études n'ont jamais pu trouver de tels résultats ou un lien entre le vaccin RRO (contre la rougeole, la rubéole et les oreillons) et l'autisme. Le journal scientifique qui avait publié l'article l'a ensuite retiré, et son auteur a perdu son titre de docteur.

«C'est un peu le Lance Armstrong des docteurs.»

Des cherleadeuses sur des ânes

 

D'ailleurs, explique-t-il, après avoir fait une jolie liste des anti-vaccins les plus médiatiques (un médecin déchu, un acteur has-been, un conspirationniste en chef, et Robert Kennedy Jr.), défendre le bienfait des vaccins ne veut pas dire que l'on est à la solde de l'industrie pharmaceutique.

«Je ne dis pas qu'il n'y a pas de problèmes dans cette industrie. Il y en a, et on les a déjà évoqués dans cette émission. Mais les rares fois où il y a eu des problèmes avec les vaccins, ils ont rapidement été retirés. Et je sais que cette explication ne satisfera pas tout le monde.»

Quant à ceux qui disent, comme l'élu républicain Dan Burton, que si aucune étude n'a prouvé leur dangerosité, aucune n'a démontré qu'ils n'étaient pas dangereux pour autant.

«C'est impossible de prouver une négation! Et ainsi, je peux aussi dire que Dan Burton se tape des ânes. Vous mettez des vêtements de cherleadeuses sur des ânes, et vous vous les tapez. C'est votre truc, vous faites ça tout le temps. Vous me direz qu'il n'existe aucune preuve de ça, et je vous répondrais qu'il n'existe pas de preuves que vous ne le faites pas.»

La logique vs l'insensé

 

John Oliver parle également de pratiques comme les slow-vaxxers, ces parents qui veulent espacer les vaccins de leurs enfants, un risque purement théorique et soutenu par aucune étude sérieuse. Certains médecins acceptent cependant cela, et trouvent un moyen pour que ces parents aient malgré tout leurs enfants vaccinés même si ce n'est pas en temps et en heure. Or, rappelle l'animateur.

«Ça a l'air d'être un bon compromis, parce qu'on arrive à une sorte d'équilibre. Le problème, c'est que c'est un équilibre entre la logique et l'insensé. C'est comme dire que ce serait fou de manger tout ce pain de savon, alors je ne vais en manger que la moitié.»

Et s'il est important de faire vacciner ses enfants, ce n'est pas que pour ses enfants. Il existe de nombreuses personnes qui ne peuvent pas pour diverses raisons se faire vacciner, comme les «personnes malades, ou les bébés qui sont encore trop jeunes».

«Pourquoi vous choisiriez de ne pas faire ça?»

Alors oui, les vaccins peuvent paraître terrifiants. Comme le résume Oliver, «c'est se faire injecter du jus de science avec une aiguille, même si n'importe quelle pratique médicale devient terrifiante quand on commence à la décomposer ainsi». Mais comme l'explique Slate.com, cela ne veut pas dire qu'il faut succomber à ces peurs. John Oliver a d'ailleurs évoqué son cas personnel en fin de vidéo, et son choix de faire vacciner son enfant né prématuré, même si son «cerveau reptilien terrifié» le pousse à faire l'inverse.

«Il est facile d'oublier à quel point les bénéfices des vaccins sont immenses.»

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