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Pourquoi les Iraniens peuvent trouver seize traductions différentes d'un même livre

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 24.06.2017 à 15 h 08

Repéré sur The Guardian, Tehran Times

«Ainsi Résonne l'Écho Infini des Montagnes» été traduit en persan par au moins seize personnes différentes.

Rainbow of Books (Explore #86). | John Nakamura Remy via Flickr CC License by

Rainbow of Books (Explore #86). | John Nakamura Remy via Flickr CC License by

Au moins six personnes travaillent séparement sur la traduction en persan d'Au Fond de l'Eau de Paula Hawkins. «L'Iran n'appartenant à aucune convention internationale sur le copyright, les éditeurs internationaux et écrivains étrangers ne peuvent pas collaborer avec les éditeurs et traducteurs iraniens», rapporte le Tehran Times. Contrairement aux auteurs iraniens, les auteurs étrangers ne bénéficient d'aucune protection de leur œuvre dans la république islamique, ce qui explique que cinq éditions du même livre, chacune avec sa propre traduction, puissent voir le jour.

Si dans ce cas-ci, l'auteure a autorisé l'un des traducteurs à traduire son roman, cette anecdote met un coup de projecteur sur la politique iranienne sur les droits des auteurs étrangers sur leurs œuvres. Le Guardian raconte en effet que tous les éditeurs n'ont pas les mêmes scrupules et demanderont parfois à des traducteurs (parfois amateurs) de traduire les livres.

Même si la censure reste forte en Iran, les librairies de Téhéran peuvent se vanter de posséder une large palette d'œuvres étrangères: de Proust à Murakami, en passant par Flaubert. Les traducteurs, poursuit le Guardian, sont très populaires, et leurs noms accompagnent celui des auteurs sur les couvertures.

«Mais pour la plupart, la traduction est une passion, avec peu ou pas de rémunération et des mois passés à attendre d'obtenir une autorisation. La popularité de la fiction étrangère et les difficultés d'obtenir ces autorisations ont exacerbé le problème des multiples traductions du même livre, puisque certains traducteurs profitent du vide juridique, particulièrement pour les best-sellers. Ainsi Résonne l'Écho Infini des Montagnes de Khaled Hosseini a, par exemple, été traduit en persan par au moins seize personnes différentes.»

Plusieurs auteurs ont demandé aux autorités de faire changer les choses. Le Tehran Times rapporte que le gouvernement iranien a envoyé un projet de loi sur le copyright devant le parlement en mai 2016 «pour répondre au chaos qui règne dans l'industrie de l'édition iranienne. Il a fait l'objet de discussions au parlement, pour l'instant».

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