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Le Mexique va bientôt devancer la Syrie sur la liste des pays les plus meurtriers au monde

Temps de lecture : 2 min

Dans un pays en proie à la violence des cartels de drogue, le taux de criminalité grimpe à un rythme hallucinant.

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Patrouille de l'armée dans l'État du Guerrero suite à des violences entre des cartels rivaux. 20 juin 2017. Sergio Ocampo/AFP

Les chiffres publiés ce mercredi 21 juin par les autorités mexicaines sont sans équivoque. En mai, le taux de criminalité a atteint son pic le plus élevé sur les vingt dernières années. Si les autorités ont ouvert 2.186 enquêtes pour meurtre, le nombre de victimes d'homicide signalé est, lui, de 2.452.

À cause du trafic de drogue, de la corruption généralisée et de la demande croissante d'opioïdes –cette substance opiacée psychotrope de synthèse dont les effets sont similaires à ceux de l'opium– aux États-Unis, la violence s'est accrue de manière exponentielle dans cet État fédéral d'Amérique centrale où les gangs rivaux se montrent de plus en plus impitoyables pour le contrôle du marché de l'héroïne.

Près de 10.000 morts en l'espace de cinq mois

D'après les chiffres fournis, le pays a enregistré 9.916 meurtres au cours des cinq premiers mois de l'année 2017. Soit une augmentation d'environ un tiers par rapport à la même période en 2016. Pire, les rapports indiquent que dans l'État de Guerero par exemple, au sud de la capitale Mexico –où 43 étudiants de la ville d'Iguala avaient été massacrés en 2014–, les morgues n'arrivent même plus à contenir les cadavres.

Selon une étude de l'institut nationale d'études stratégiques (IISS) publiée début mai, le pays avait enregistré plus de 23.000 homicides en 2016 et occupait la deuxième place des pays les plus meurtiers au monde, juste derrière la Syrie. Alors que le nombre de victimes a considérablement diminué en Syrie passant de 1.171 en mai 2016 à 665 en mai 2017, il ne fait que grimper au Mexique même si le gouvernement refuse toujours d'admettre un conflit armé interne. «L'existence de groupes criminels n'est pas un critère suffisant», objecte-t-il.

La corruption des forces de l'ordre est le premier frein à la lutte contre le narcotrafic

En décembre 2006, on se souvient que l'ancien président Felipe Calderón avait déployé des dizaines de milliers de militaires dans les rues pour réprimer les cartels et tenter de mettre fin à leurs activités criminelles. Mais ces efforts ont été vains à cause de la corruption institutionnelle qui gangrène l'administration. In fine, la guerre déclenchée n'a fait que contribuer à accroître significativement la violence et les morts, au moment où Calderón s'apprêtait à quitter ses fonctions.

Tout aussi inquiétant, à l'image de ce qui se passe au sein de la Camorra –la mafia napolitaine–, les groupes mafieux sont de moins en moins structurés. Les réorganisations qui suivent l'arrestation de certains chefs comme Joaquin«Chapo» Guzman et l'éclatement des clans pour le contrôle du juteux marché d'héroïne n'ont fait que compliquer la lutte contre le narcotrafic.

La stratégie de l'actuel président Enrique Peña Nieto a plutôt consisté à prendre des mesures politiques et économiques en vue d'améliorer la gouvernance et les conditions de vie des citoyens, entraînant dans un premier temps une baisse légère de la criminalité. Mais, avec la remontée spectaculaire du nombre de crimes, les méthodes de Nieto montrent de plus en plus leurs limites.

Slate.fr

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