Culture

Scorpion, le plus grand de tous les signes

Temps de lecture : 2 min

[BLOG] Le scorpion est un astre noir devant lequel tous les autres signes ne peuvent que s'incliner.

Flickr/Shayan-Wishing Bridge, Scorpio
Flickr/Shayan-Wishing Bridge, Scorpio

Étant donné qu'il existe douze signes du zodiaque, je me doute bien que vous allez être légion à prétendre le contraire mais vos vociférations ne changeront rien à l'affaire: de tous les signes, le scorpion est le plus grand, le plus beau, le plus fort d'entre tous.

Dans les sphères autorisées, on affirme même que Dieu en personne s'est révélé au monde entre le 23 octobre et le 22 novembre, ces deux dates pivots où naissent les femmes et les hommes d'exception.

Moi-même qui suis né dans ces eaux-là, je ne peux qu'acquiescer et renchérir: le scorpion est un astre noir devant lequel tous les autres signes ne peuvent que s'incliner et prêter allégeance.

Maléfique par nature, ombrageux, manipulateur, torturé au-delà du possible, pervers, calculateur, destructeur, suicidaire, amoureux seulement de lui-même, impossible à vivre avec, il est le prince des ténèbres, l'archange du malheur, le corbeau sombre des mélancolies latentes, le poète descendu en un enfer dont il aime à se prétendre le maître.

Il n'est pas bon de frayer à ses côtés: sans scrupules, animé d'intentions maléfiques, plein d'une fierté égotiste, il profitera de la moindre de vos faiblesses, il usera de votre patience, il vivra de vos largesses et n'hésitera pas, le moment venu, à vous poignarder dans le dos avant de partir dans un grand rire sardonique –vous voilà prévenu.

Ce n'est pas un homme, c'est un diable.

Il passe son temps à comploter, à imaginer stratagèmes sur stratagèmes, à bâtir d'impossibles intrigues afin de précipiter dans la chute celui qui osera se frotter à lui. Il ne connaît pas le charme paisible de la ligne droite: il lui faut toujours emprunter des chemins de travers, des sentiers tortueux, des routes escarpées pour arriver à ses fins.

Il vomit la simplicité; il aime le désespoir des nuits sans lune, le doux parfum de landes désolées, les paysages sombres et crépusculaires où tournoient somptueux, funèbres, élégiaques, les corbeaux de son âme de damné. (Mais il a fumé quoi Stabilovitsch au juste? Les moustaches de son chat?!)

Il n'a pas son pareil pour se perdre dans des élucubrations savantes dont lui seul feint de comprendre la finalité, il se complaît dans une sorte d'auto-satisfaction érotique qui est le signe même de son goût pour la débauche et de l'avilissement par le sexe, il s'aime autant qu'il se hait, il a pour la mort une vénération et une attirance dont il sait jouer, il se situe au-delà de toute morale, de tous principes: il est un homme par qui le scandale arrive.

Puisqu'il est né à une époque où le monde se retrouve en deuil, où les êtres gémissent à la pensée de ceux qui ne sont plus, où les jours foncent tête baissée vers la nuit, il porte en lui ce goût du désastre, cette propension à détruire tout ce qu'il touche, cette capacité à toujours considérer les choses sous un aspect forcément tragique.

Il est économe de paroles comme de sentiments, il a horreur du clinquant, du superficiel, de l’anecdote ; aux grandes manifestations collectives, aux épanchements de joies et de rires, il préfère la fréquentation de cloîtres, d'églises solitaires, de temples rendus au silence par le passage du temps.

Surtout, quand il est bien inspiré, il est capable d'écrire des billets d'une connerie sans nom dont celui-ci est un exemple parmi tant d'autres. Enfin avouons, celui-ci est particulièrement gratiné.

Par pitié, si vous en connaissez-un, priez pour son âme et la mienne par l'occasion!

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Laurent Sagalovitsch romancier

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