Monde

Les étudiants américains se remettent à étudier l'histoire grâce à Trump

Temps de lecture : 2 min

Sans le vouloir, le président américain a encouragé les jeunes américains à plébisciter un cursus délaissé depuis de nombreuses années.

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Manifestation étudiante en réponse à l'élection de Donald Trump, à l'Université de Californie, Los Angeles, le 10 novembre 2016. Frederic J. BROWN / AFP

Dès le 8 novembre 2016, les universités américaines sont entrées en résistance. Manifestations, marches, sit-ins... Les campus –souvent de tendance démocrate– sont devenus des points de contestations contre l’élection de Donald Trump à la tête du pays. Il faut dire que le nouveau président n’avait pas la côte auprès des étudiants: les 18-29 ans ne l’avaient gratifié que de 37% des voix en novembre dernier.

Toutefois, l'élection de Donald Trump ne fait pas que des malheureux. Quartz explique qu’il y a une instance dans toutes les universités qui se réjouit de l’arrivée du milliardaire à la tête du pays: le département d’histoire. Souvent considérée aux États-Unis, et même en France, comme une matière has been enseignée par des professeurs âgés vêtus de vestes en tweed, l’histoire semble trouver un second souffle.

L'histoire pour trouver des réponses

En 2014, le nombre de diplômes universitaires de trois ou quatre ans remis était en baisse de 9% par rapport à 2013, selon l’Association américaine d’histoire. Les étudiants américains lui préféraient des matières plus dynamiques, comme l’économie ou l’ingénierie. Des terrains qui offrent aussi un avenir plus sûr et un salaire plus élevé.

Mais quand le résultat de l’élection tombe début novembre, sur le web, c'est l’affolement. «Pourquoi Hillary a-t-elle perdu?», «Pourquoi Trump a-t-il gagné?», «Pourquoi les gens ont-ils voté pour Trump?», «Comment cela est-il arrivé?», «Comment les sondages ont-ils pu se tromper à ce point?». Autant de questions qui faisaient partie des plus posées dans le moteur de recherche de Google, d’après Google Trends. Un témoignage de l’incompréhension générale qui régnait aux États-Unis.

Pour certains étudiants, il était donc urgent de se réapproprier l'histoire de leur pays. D’après Goggle Trends, le terme «history major» (à savoir un cursus universitaire où l’histoire est la matière prédominante) a ainsi connu un pic de recherche en janvier alors que Trump allait être investi président.

Les outils du futur

Dans la prestigieuse université de Yale, l’histoire est même devenue la majeure la plus choisie pour la promotion d’étudiants qui sera diplômée en 2019. Un entrain qui n’avait pas été observé depuis vingt ans. Alan Mikhail, directeur du département histoire à l’université de Yale, fait effectivement le lien entre cet engouement et la situation politique du moment:

«Je crois que la période que l’on vit actuellement pousse les étudiants à s’intéresser à l’histoire. Les modèles économiques et politiques n’ont pas réussi à répondre à la crise financière et n’ont pas pu prévoir le résultat de cette élection. Les outils que possèdent les historiens sont plus adaptés pour comprendre le monde et ses dynamiques, et pour appréhender le futur.»

Ce qui n'empêche pas bien sûr de toujours corriger les erreurs du passé. Après tout bien avant d'engager son pays dans une longue guerre inextricable au Moyen-Orient George W. Bush avait lui aussi était diplômé en histoire à Yale.

Slate.fr

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