Science & santé

N'hésitez pas à parler tout seul

Repéré par Charlotte Pudlowski, mis à jour le 17.06.2017 à 18 h 13

Repéré sur New York Times, Futura

Parler tout seul n'a pas spécialement bonne presse. Vous passez souvent pour un pauvre type. 

Un loser. 

Ou un psychopathe. 

Mais en réalité, dialoguer avec soi-même peut avoir une influence positive sur notre comportement et nos capacités cognitives. 

Dans le New York Times, qui se penche, à l'aune de nouvelles recherches, sur les avantages de cette pratique, Ethan Kross, professeur de psychologie à l'université du Michigan, explique que «le langage nous fournit un outil pour prendre de la distance vis-à-vis de nos propres expériences quand nous réfléchissons à notre vie». 

Une étude publiée dans Procedia — Social and Behavioral Sciences a creusé la question pour évaluer les effets du monologue de motivation («Tu es génial, tu peux le faire!») et d'instruction («Mais arrête de parler tout seul bordel») en se penchant sur des joueurs de basket. Les joueurs passaient le ballon plus rapidement quand ils se motivaient à faire le geste en se parlant à voix haute.

Comprendre l'environnement

Peut-être plus frappant encore, la manière dont on se parle à soi-même peut faire une différence. Ethan Kross et ses collègues ont étudié l'impact des dialogues intérieurs: quand les sujets dialoguaient avec eux mêmes à la deuxième ou troisième personne («tu peux le faire» ou «elle/il peut le faire» plutôt que «je peux le faire») ils éprouvaient non seulement moins d'anxiété en faisant l'action souhaitée, mais les pairs estimaient en plus que les joueurs avaient mieux joué. Pour Ethan Kross c'est grâce la distanciation et à la plus grande clarté qu'elle permet. 

Cette étude renforce le corpus qui favorise le dialogue interne, à haute voix ou dans sa tête. En 2012 par exemple, des chercheurs du Wisconsin-Madison publiaient dans le Quarterly Journal of Experimental Psychology une étude montrant «que la parole autodirigée pouvait permettre de retrouver plus rapidement un objet qu'on recherchait, comme lorsqu'on perd ses clés». Futura, qui reprenait l'étude, expliquait que les chercheurs avaient demandé à 24 participants de se parler à eux-mêmes en prononçant tout haut le nom d'un objet perdu pendant qu'ils le cherchaient :ceux qui se parlaient mettaient ente 50 et 100 ms de moins pour repérer leur item que les autres. L'expérience reproduite de manière un peu différente en supermarché donnait les mêmes résultats. 

Futura notait alors: «les chercheurs concluent que le langage va au-delà de la seule communication, et qu'il prépare également le cerveau à mieux discerner certains éléments de l'environnement.»

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