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Malika el Aroud: l'histoire de la veuve de l'assassin de Massoud

Slug News, mis à jour le 21.06.2017 à 6 h 02

Femme de moudjahid, de combattant, promue veuve de martyr après que son mari a assassiné le commandant Massoud, cette pasionaria du djihad est un modèle pour les jeunes recrues du terrorisme islamiste. Voici son histoire.

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Elle est charismatique, radicale, déterminée. Fière de ses deux maris tombés «en martyrs». La presse belge l’a surnommée «la Veuve noire du djihad». Condamnée en 2010 à huit ans de prison pour avoir «diffusé durant des années l’idéologie du mouvement terroriste Al Qaïda (…) et d’avoir directement participé au recrutement de candidats au combat…(…) et financé la filière…», elle a purgé sa peine entièrement et depuis le 8 décembre 2016, Malika el Aroud est libre.

Malika El Aroud a réussi une prouesse : devenir, dans l’univers viril des guerriers d’Allah, la première femme occidentale à se faire une légende. Et pour en garder la maîtrise, elle a voulu l’écrire à la première personne. Dans son livre Les Soldats de Lumière (2004), elle relate son épopée afghane aux côtés de son homme, l’assassin du commandant Massoud, ennemi juré des Talibans. C’était le 9 septembre 2001 et deux jours plus tard à New-York, deux avions percutaient les tours jumelles du World Trade Center.

À sa sortie en 2004, le récit de Malika devient le livre de chevet d’une génération d’apprenti-djihadistes. Lors des perquisitions, les agents de l’antiterrorisme trouvent encore ses écrits en version PDF dans les disques durs de certains.

Pourtant, loin de cette vie d’aventures et des combats au nom de Dieu, la vie de Malika a commencé dans la capitale belge. Comme beaucoup de femmes au parcours similaire, avant d’embrasser l’islam radical, «elle a vécu une adolescence chaotique, explique le journaliste Jean-Pierre Martin, auteur d’un ouvrage sur les origines du terrorisme en Belgique. Il a personnellement rencontré Malika El Aroud en de rares occasions. «Malika n’a jamais terminé le lycée, elle a vécu de petits boulots. Elle a fréquenté les bars, les boites de nuit, et a eu plusieurs aventures amoureuses, une vie de jeune bruxelloise loin de la religion. D’ailleurs elle ne s’en cache pas dans son livre, même si tout cela est évoqué rapidement et avec pudeur. Mais cela a été confirmé par des membres de sa famille qui avaient rompu avec elle à une époque car ils ne supportaient pas ce type de vie.»

Le foyer du CIB

En 1991, à 32 ans, Malika El Aroud, désemparée, se tourne vers l’Islam sur les conseils de son grand frère. Quelques années plus tard, elle fait la connaissance d’un homme qui va changer sa vie : le cheikh Bassam Ayachi. Derrière sa longue barbe blanche, l’homme est un véritable gourou. Réfugié politique, issu d’une noble famille syrienne, il est imprégné de l’idéologie des frères musulmans. Il a obtenu la nationalité française avant de partir conquérir des âmes en Belgique. Là, il fonde le Centre Islamique Belge (CIB).

Dans les années 1990 cette pépinière d’islamistes avait pignon sur rue dans la capitale européenne. Le Centre était installé dans la localité de Molenbeek... On y prêchait ouvertement le djihad «défensif» contre les «ennemis de l’Islam». Les Américains, les sionistes… Et surtout, à l’époque, les Russes qui faisaient couler le sang en Afghanistan comme en Tchétchénie ou dans les Balkans. «Ce qui me choque avec le recul, concède aujourd’hui Redouane Ahrouch, membre du micro-parti politique belge ISLAM (pour Intégrité, Solidarité, Liberté, Authenticité et Moralité) et ancien du CIB, c’est l’impunité dont on bénéficiait. On nous laissait tout dire. Il serait aujourd’hui impensable de tenir de tels discours en public. Je pense que les services de renseignements étaient au courant, mais ils nous laissaient carte blanche…»

Et Cheikh Bassam «était un peu l’émir de Bruxelles» selon Ahrouch. «Pour lui, il y avait les Musulmans d’un côté, les ennemis de l’Islam de l’autre… Et il fallait choisir son camp. Il citait des sourates du coran et des exemples de la vie du prophète, il expliquait que les musulmans vivaient partout sous occupation américaine ou russe, et qu’il fallait combattre à leurs côtés pour les libérer.»

D’après Jean-Pierre Martin, «Cheick Bassam a toujours été soupçonné, mais jamais pris. La littérature du Centre Islamique Belge a largement répandu l’idéologie et le terreau du djihadisme à Bruxelles, et en particulier à Molenbeek». Il prônait «l’islam le plus rigoriste et mettait sans cesse en avant le rôle du martyr dans l’islam».

Le CIB devient un lieu important pour Malika. «Elle y trouve une écoute, de l’amitié, de la compassion. En moins d’une année, elle est totalement convaincue par l’idéologie de Cheick Bassam», poursuit Jean Pierre Martin. Comme beaucoup de femmes qui plongent dans l’Islam radical et la stricte observance des règles, elle y trouve aussi la possibilité d’une rédemption, la promesse de voir ses péchés effacés.

Marier «deux poids lourds»

C’est dans ce centre que Malika El Aroud va rencontrer Abdessatar Dahmane : l’un des assassins du commandant Massoud, celui qui va faire d’elle la veuve d’un héros, une veuve mythique.

Ils font connaissance en avril 1999 et se marient religieusement. D’après Redouane Ahrouch, cette rencontre «n’est pas le fruit du hasard. Bassam savait que Malika et Abdessatar étaient deux poids lourds. C’était son rôle d’unir des personnes du même bord, des personnes compatibles.»

Le journaliste Jean Pierre Martin poursuit: «je n’en ai aucun doute. Cheikh Bassam était un marieur. Il a décidé de l’avenir de Dahmane et de l’avenir de Malika. Là où l’on ne peut pas s’avancer, c’est de savoir si cheikh Bassam les a envoyés en Afghanistan pour mener à bien le projet d’assassinat du commandant Massoud. Les spécialistes du terrorisme n’ont jamais recueilli la moindre preuve, et Cheick Bassam a toujours échappé à la justice. Mais à mon avis c’est bien là que cela s’est passé, au Centre Islamique de Bruxelles…»

De Bruxelles à l’Afghanistan…

Début 2001, Malika quitte les faubourgs de Bruxelles pour les montagnes afghanes. Elle y retrouve Abdessatar, parti le premier. En quelques mois, Dahmane s’est approché du sommet de la hiérarchie d’Al Qaïda et a gagné la confiance d’Oussama Ben Laden en personne.

Dans le livre Son mari a tué Massoud, écrit par la journaliste belge Marie Rose Armesto, l’une des rares à l’avoir approchée, Malika El Aroud évoque cette période et décrit «un petit paradis»: une maison confortable avec une vue magnifique. Les combattants étrangers constituaient une élite, supérieure en droits aux autochtones qu’ils prétendaient sauver. Un phénomène qui se répète actuellement en Syrie.

Nombre d’Européennes parties en zone irako-syrienne ont d’ailleurs été appâtées par la promesse d’une vie de princesse. Dix ans plus tôt, Malika vit donc, à leur instar, une vie de colons en Afghanistan. Elle fréquente les épouses des autres djihadistes étrangers. Là naît son amitié avec la française Sylvie Beghal, la femme de Djamel Beghal. Cet ancien du GIA «Groupe Islamique Armé» algérien, impliqué dans plusieurs attentats terroristes, est venu se former au combat avec femme et enfants. En 2015, on sait Beghal très proche des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, les tueurs de Charlie Hebdo et du supermarché Hyper-Casher de la porte de Vincennes en janvier 2015.

A l’été 2001, Malika fait un bref aller-retour en Belgique. Elle veut dénoncer dans les médias le blocus imposé par les Etats-Unis contre le gouvernement des Talibans. Elle développe des réseaux, appelle des familles belges à émigrer en Afghanistan. En août, elle revient auprès de son mari.

Une nouvelle aura d’héroïne

Un mois plus tard, le 9 septembre 2001, Abdessatar Dahmane et un autre Tunisien (tous deux prétendent être journalistes) parviennent à approcher le chef de guerre tadjik Ahmed Shah Massoud. Le Lion du Panshir, allié aux Américains, est alors le principal adversaire des Talibans. Il ne cesse de dénoncer le danger de leur invité de marque, Oussama Ben Laden. Le faux caméraman active sa ceinture d’explosifs. Massoud et les terroristes meurent. Malika est effondrée. Mais la nouvelle aussitôt connue, ses voisins se pressent chez elle, dans leur maison de Jalalabad, pour féliciter la veuve du martyr, lui témoigner son respect. Ben Laden en personne l’aurait félicitée par écrit. Elle prend la mesure de son nouveau statut.

Deux jours après la mort du commandant Massoud, Al Qaïda frappe les Etats-Unis. Le Président américain George W. Bush exige la tête d’Oussama Ben Laden et lance l’US Army dans une longue chasse à l’homme. Les marines marchent sur Kaboul. Pendant trois mois, Malika fuit à travers les montagnes au milieu des bombes. Elle se terre dans les grottes de Tora Bora avec les combattants d’Al Qaïda et leurs alliés Talibans. Dans son livre, le récit de cette période est épique : «J’étais entourée de vrais Moudjahidines, les lumières de la terre, comme je les appelle à cause justement de cette lumière qui éblouit leur visage. J’avais peur, mais en même temps, j’étais hyper excitée... (…) Ces hommes-là ont su dire “NON”, ils sont prêts à se battre jusqu’à la mort ou la victoire. Ma’cha’ALLAH... quelle chance !... Quel cadeau de la part de mon Seigneur de m’avoir fait goûter à cette ambiance, je me sens à ce moment-là, propulsée en arrière dans le 14ème siècle, à l’époque du Prophète Mahomet.»

Sur les réseaux sociaux, aux premières années du conflit syrien, les jeunes djihadistes Européens font souvent montre d’une exaltation comparable…

En décembre 2001, quand elle rentre en Belgique via le Pakistan, après plusieurs semaines de fuite dans les montagnes afghanes au côté des combattants d’Al Qaïda, Malika est auréolée de gloire. Elle était femme de moudjahid, de combattant, ce qui dans ce monde était déjà bien. La voilà promue veuve de martyr… «Elle était une simple femme. Elle est devenue une Dame, ce qu’il y a de plus respecté dans la mouvance islamiste», poursuit Redouane Ahrouch. «Les femmes dont les maris se sont sacrifiés, ont combattu le Mal, tué des Américains par exemple, jouissent d’un véritable prestige dans ce milieu. Non seulement elles sont sûres d’aller au paradis, mais en plus elles pourront emmener cent personnes de leur choix avec elles, détaille monsieur Ahrouch. D’après lui, «Malika El Aroud aura toujours son fan club… Elle fera toujours des émules.»

La stratégie de l’innocence

Malika a-t-elle joué un rôle dans la mort du commandant Massoud? Elle n’a jamais caché son opinion : ce «mauvais musulman méritait de mourir.»… Etait-elle pour autant informée du projet d’attentat? A-t-elle eu un rôle logistique?

Une fois en Belgique, interrogée par les policiers de diverses nationalités qui se pressent pour obtenir des informations, Malika ne lâche rien. Elle les balade même : «tu te rends compte, confie-t-elle alors à la journaliste Marie-Rose Armesto, ils me demandent : connais-tu tel ou tel homme, en me citant les noms. Je dis non, mais grâce à leurs questions, je sais qui ils recherchent. Tu trouves ça malin de leur part de me donner ce type d’informations?»

Les juges n’ont jamais pu établir sa culpabilité et Malika a toujours nié avoir jamais su ce que son mari allait faire. En 2003, la Justice belge échoue à prouver sa complicité dans l’assassinat de Massoud. Malika est libre, mais surveillée par les services antiterroristes. Il lui faut se mettre au vert.

Un nouveau mari et le djihad par la plume

La même année, elle rencontre justement sur un forum Internet un autre Tunisien installé en Suisse : un islamiste bien connu des services de son pays d’origine, Moezeddine Garsallaoui. Depuis 1998, «Moez» est réfugié politique en Suisse, où il ne fait pas de vagues. Il souffre d’une scoliose. Ses lunettes rondes et son air réservé lui donnent un air d’intellectuel.

D’après Jean-Paul Rouiller, ancien commissaire de la police antiterroriste suisse, c’est Moez qui aurait fait le premier pas. Il se serait rendu à Bruxelles à une séance de dédicace des Soldats de Lumière… Les deux islamistes se plaisent. Ils se marient religieusement.

En 2004, Malika quitte donc la Belgique pour s’installer auprès de son nouvel amour et dans la petite ville de Guin, dans le canton de Fribourg, le couple se lance dans le djihad électronique. Le «djihad par la plume», comme disait Malika, est sa nouvelle mission.

Ils ouvrent une nébuleuse de sites et de forum Internet appelant à la guerre sainte, sans ambiguïtés, en français comme en arabe. «Minbar.sos» est l’un des plus connus. Des sympathisants d’Al Qaïda y diffusent des vidéos de décapitations, de tortures, d’attentats, des textes djihadistes, des manuels de guérilla ou des recettes d’explosifs.

«Elle prenait les décisions, et lui exécutait»

À l’été 2004 Jean-Paul Rouiller, aujourd’hui reconverti dans le privé, apprend par hasard la présence en Suisse de Malika el Aroud, à la suite d’une demande d’informations des autorités Pakistanaises. Ses homologues enquêtent sur une énième tentative d’attentat contre une personnalité politique locale. La revendication est postée sur un site Internet hébergé en Suisse, à 5000 km. Avec stupeur, les agents de l’antiterrorisme découvrent que Malika El Aroud en personne, la célèbre Veuve noire du djihad, vit à Guin tout en consacrant ses journées à l’apologie en ligne du terrorisme islamiste. Personne en Belgique ne les a prévenus du déménagement de Malika.

Pendant des mois, Jean Paul Rouiller et ses hommes espionnent les tourtereaux : «une mission de longue haleine qui nous a permis d’étudier la dynamique du couple. À cette époque, Malika est déjà sur le devant de la scène. Elle jouit d’une aura au sein de la galaxie djihadiste, et cela se ressent dans la dynamique du couple. Moez agit pour prouver à Malika qu’il est à la hauteur d’un fantôme: celui d’Abdessatar Dahmane, l’homme qui a tué Massoud. Il lui fallait être à la hauteur de cette ombre…» Même impression du procureur Claude Nicati, qui a instruit l’affaire pour apologie du terrorisme : «J’avais le sentiment que c’était Madame qui dirigeait. Elle prenait les décisions, et lui exécutait. Moezeddine était plus effacé, plus en retrait.»

«Les lions sont blessés. Et un lion blessé, c’est très dangereux»

Le 22 février 2005, à 5h30 du matin, les policiers suisses disposent de suffisamment de preuves pour défoncer la porte du couple. Et comme avec les terroristes on n’est jamais trop prudents, ils jettent à tout hasard dans l’appartement une grenade assourdissante. Moez se préparait à faire sa prière de l’aube. Il mettra un long moment à retrouver ses esprits. Malika, qui a déjà connu la musique de la guerre en Afghanistan, se remet prestement. Elle contre-attaque en tenue de nuit, crie au scandale, à sa pudeur bafouée, invective les policiers etc. Pendant son procès, elle menacera le procureur Nicati dans la presse: «Je vais le remettre à sa place ce Monsieur, je vous le jure. Tous mes frères moudjahidin dans le monde entier sont au courant de ce qui s’est passé ici. Ils sont furieux, fous de rage. Les lions, comme je les appelle, sont blessés. Et un lion blessé, c’est très dangereux.»

En 2007, les amoureux seront finalement condamnés. «Ce procès constituait une première, en Suisse, conclue le procureur Nicati. Pour la première fois, on démontrait qu’Internet pouvait être utilisé comme une arme de guerre.» Le jugement rendu, le couple parvient sans peine à filer en Belgique. Bon débarras pour les Suisses.

Malika retrouve Bruxelles et ses amitiés islamistes. Moez, lui, ne va pas traîner en Europe. En octobre 2007, il part au Waziristân, au cœur des zones tribales pakistanaises, sur les pas d’Abdessatar, son défunt et symbolique rival. En quelques mois, il prend du galon et devient l’émir d’un groupe d’Al Qaïda, Jund Al-Khilafah traduction : les Soldats du Califat. La NSA américaine intercepte ses communications avec Malika restée en Belgique. Moez informe sa muse de ses progrès de moudjahidin. En janvier 2008, il lui envoie une photo de lui-même tirant au lance-roquette en tenue de combat sur un fond de montagnes rocheuses, calotte blanche sur son crâne dégarni. «Oh comme tu es beau!», lui répond Malika. Le 5 juillet, via Internet, il se targue d’avoir tué cinq Américains en Afghanistan…

Recrutement actif

Après la période suisse, celle du djihad électronique, le couple passe au recrutement actif. Malika convainc des Belges et des Français d’aller combattre dans la région pakistano-afghane. A ceux qui hésitent entre consacrer leur vie à leur famille ou mourir en martyr, elle prodigue des conseils clairs. Elle fournit aussi des contacts.

Lorsqu’ils interpellent une nouvelle fois Malika el Aroud en décembre 2008, les policiers belges découvrent pas moins de 1577 messages privés de conversation sur le site minbar-sos.com. Le 24 avril 2006 dans un mail adressé à un français qui lui demande «est-il toujours possible de rejoindre nos frères?» Malika explique clairement : «Tous mes posts sont faits pour encourager, pousser mes frères à rejoindre la caravane, effectivement». La caravane… soit le terme utilisé pour évoquer les candidats djihadistes.

Installé dans les zones afghano-pakistanaises, son mari Moez reçoit et entraîne ces recrues. «J’espère que tu vas bien, ainsi que ton chat, tes poules et tes lapins», lui écrit un jour Malika, en langage à peine codé.

Merah pour recrue

L’un des stagiaires de Moez Garsallaoui sera un certain Mohamed Merah.

En septembre 2011, le jeune salafiste toulousain passe deux semaines à Miransha, un bourg pakistanais sous la coupe d’Al Qaïda. Moez en personne l’aurait entrainé au maniement des armes à feu. Six mois plus tard, le 11 mars 2012, Mohamed Merah assassine froidement un jeune militaire français à Montauban. Les jours qui suivent, il exécute 2 autres militaires français. Le matin du 19 Mars 2012, il attaque une école Juive de Toulouse, trois enfants sont assassinés, un autre blessé, un homme est mort… La France est horrifiée. On parle de Loup Solitaire, d’un tueur au scooter, et le 22 Mars, Mohamed Merah est tué lors de l’assaut mené contre lui par les hommes du RAID.

Il n’est pas juste un tueur au scooter, seul et isolé qui aurait décidé de passer à l’action. Le groupe les Soldats du Califat de Moez Garzalaoui revendique les assassinats commis par Mohamed Merah.

Le 10 octobre de la même année, Moezeddine Garsallaoui est neutralisé à Mir Ali au nord Waziristân par une frappe de drone américain.

La permanence du secret

A cette date, Malika El Aroud est en prison. Pendant toutes les années 2000, la veuve noire du Djihad est citée dans de nombreuses affaires terroristes, mais ce n’est qu’en 2010 qu’elle est condamnée par la Justice belge à huit années de prison. Reconnue coupable par le tribunal de Premier instance de Bruxelles d’avoir «participé, en tant que membre dirigeant, à une activité d’un groupe terroriste, y compris par la fourniture d’informations ou de moyens matériels au groupe terroriste».

D’après Jean Paul Rouiller, «le réseau Moezeddine-Malika est à l’origine de toute une série de réseaux et de structures qui vont essaimer plus tard, comme Sharia 4Belgium, Forsane Alizza en France ou Sharia4UK, en Angleterre. Cette dynamique va amener aux réseaux impliqués dans les premiers départs en Syrie dès 2011-2012-2013. On va retrouver des structures franco-belgo-suisses de deuxième ou troisième génération issues des réseaux de Malika et Moez. Il y a une continuité.»

Provocatrice, volubile, sûre d’elle-même, Malika est aussi une femme de secrets. Elle assumait ouvertement ses convictions djihadistes hier. Depuis quelques mois, l’égérie du djihad est libre. A-t-elle renoncé à ses inclinations profondes? Son avocat, maître Nicolas Cohen refuse de s’exprimer en son nom. Et Malika El Aroud ne parle pas aux journalistes.

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Collectif de journalistes d'investigation
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