Monde

Les électeurs de droite et les électeurs de gauche se détestent plus que jamais

Temps de lecture : 2 min

Le phénomène de polarisation politique atteint des sommets dignes de la guerre de Sécession aux États-Unis.

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Hillary Clinton et Donald Trump lors du débat à Hampstead, le 26 septembre 2016. JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

À mesure que les quartiers, les entreprises, les foyers et même les sites de rencontre se sont homogénéisés politiquement, ne mettant plus en contact que des gens partageant le même point de vue, l’hostilité des Américains envers ceux qui adhèrent à des idées politiques différentes des leurs a atteint d’inquiétants records, constate un article du New York Times. Au point qu'il faut remonter selon les historiens à l'époque de la guerre de Sécession pour retrouver des niveaux comparables de rancœur et de violence.

Dans les années 1960, les Américains avaient plus tendance qu'aujourd'hui à considérer que les membres d’un parti opposé au leur pouvaient être intelligents et ne pas être décrits comme égoïstes. Ils toléraient aussi l’idée que leur enfant se marie avec un adversaire politique. En 2010, la moitié des Républicains et le tiers des Démocrates jugeaient dérangeante une telle éventualité.

Alors que les attitudes notamment inconscientes liées à l’appartenance raciale restent prégnantes dans la société américaine, les préjugés vis-à-vis des membres du parti adverse excèdent ceux liés aux questions raciales. En fait, le rejet des adversaires politiques s’exprimerait «d’une manière qui serait publiquement inacceptable avec d’autres groupes commes les minorités, les femmes ou les gays», poursuit l’article, faute de normes sociales dissuadant les militants politiques d’exprimer de telles poussées de haine.

Médias partisans

Sur une échelle allant de 0 à 100 points, un Américain estimait dans les années 1980 la chaleur de ses sentiments vis-à-vis d'un électeur du camp adverse à 40 à 50 points. Désormais, l’électeur américain ne met que 20 points sur 100 en moyenne à un citoyen qui ne vote pas comme lui, et en 2016, la réponse la plus commune donnée à été de... 0, soit la pire possible.

Comment expliquer un tel niveau d’hostilité? Les publicités de campagne négatives, dans lesquelles le candidat s’en prend à son adversaire, et l’importance croissante des médias partisans «ont amplifié cette réthorique de campagnes, apportant la confirmation des pires stéréotypes associés à chacun», lit-on dans l’article du New York Times. Dans ce contexte, l’entretien par le président lui-même de cette réthorique de haine et de rejet ne peut qu’éroder encore plus le fond de civilité qui subsiste entre partisans des deux bords.

La solution? Comme pour combattre les préjugés raciaux, souligne le quotidien, la méthode pour retrouver un semblant de dialogue serait de faire en sorte que partisans opposés puissent à nouveau se croiser. Mais le souhaiteront-ils vraiment?

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