Monde

Mohammed al-Haj Ali, réfugié syrien, première victime identifiée de l'incendie de la Grenfell Tower

Repéré par Mathilde Dumazet, mis à jour le 15.06.2017 à 17 h 43

Repéré sur The Telegraph

Il était venu en Angleterre pour une vie meilleure, disent ses amis. C’est en Angleterre qu’il a trouvé la mort. La première victime identifiée de l’incendie de la Grenfell Tower, qui a tué au moins dix-sept personnes à Londres, est syrienne. Il s’appelait Mohammed al-Haj Ali.

Capture écran du tweet d'un ami de Mohammed al-Haj Ali

Capture écran du tweet d'un ami de Mohammed al-Haj Ali

«Mohammed al-Haj Ali était étudiant en ingénierie civile à la University of West London. Il a été séparé de son frère Omar dans les escaliers alors qu’ils essayaient d’échapper à l’incendie», raconte le Telegraph dans un portrait émouvant publié au lendemain de la tragédie.

Son frère a évité la mort mais est actuellement hospitalisé à Kings Cross. Encerclé par la fumée, Mohammed a été contraint de retourner dans l’appartement qu’il occupait au 14e étage de la tour. Pendant deux heures, il a essayé de joindre sa famille et ses amis en Syrie. «Le feu est là maintenant, adieu», auraient été ses derniers mots, destinés à ses proches.

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui s’indignent du manque de vigilance des autorités quant à la sécurité du bâtiment. La mort d’un réfugié syrien ayant bravé la mort pour arriver au Royaume-Uni leur apparaît d’autant plus absurde que la tragédie aurait pu être évitée si la société propriétaire des logements sociaux avait écouté les mises en garde de l’association des locataires de la tour.

«Un immeuble où les risques d'incendies sont élevés, voilà ce qu’on offre aux réfugiés syriens comme Mohammed al-Haj Ali et ses voisins»

Hommages

Les messages de soutien se multiplient sur les réseaux sociaux où la mort de Mohammad prend une dimension symbolique et ajoute à la colère des Londoniens. Plusieurs internautes ont tenu à rappeler à l’ordre les médias comme The Independent qui n’auraient pas pris la peine d’écrire le nom du jeune homme sur les réseaux sociaux ou dans leur titre, le présentant simplement comme «un réfugié syrien». L’université dans laquelle le jeune homme étudiait a quant à elle publié un message de condoléances sur sa page Twitter.

Le Telegraph rapporte qu’un ami de la famille, Abdulaziz Almashi, fondateur d’une association d’aide aux réfugiés syriens, a confirmé que Mohammed «était resté bloqué car les pompiers n’ont pas réussi à dépasser le 13e étage». Plusieurs témoignages avaient pourtant fait mention d’une progression des pompiers jusqu’au 20e étage. Sur le compte Twitter de l’association, un hommage a été publié de la part d’Abdulaziz Almashi.

«Son rêve était de rentrer dans son pays pour le reconstruire. [...] Il n’a pas pu joindre sa famille en Syrie à cause de la guerre. [...] Nous attendions Mohammed et son frère pour la fête de l’Aïd samedi à Chalk Farm, au centre de la communauté des réfugiés syriens [...]. À la place, nous lui rendrons hommage. [...] Mohammed est venu dans ce pas pensant y trouver la sécurité, le Royaume-Uni a échoué à le protéger.»

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