Sports

Contrôles anti-dopage: un documentaire accable le Brésil

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 13.06.2017 à 17 h 42

Repéré sur Vocativ

Le célèbre footballeur Roberto Carlos ferait partie des nombreux athlètes ayant eu recours au docteur Júlio César Alves, de son aveu même un spécialiste du dopage. Et ce devant les yeux fermés des agences antidopage du pays. Le joueur nie les accusations.

Le défenseur brésilien Roberto Carlos pendant la Coupe du monde, le 13 juin 2006. VANDERLEI ALMEIDA / AFP

Le défenseur brésilien Roberto Carlos pendant la Coupe du monde, le 13 juin 2006. VANDERLEI ALMEIDA / AFP

C’est une nation particulièrement fière de son sport national, le football, qui se retrouve au cœur d’un scandale de dopage. Intitulé Brazil’s Dirty Game («Le jeu sale du Brésil»), le documentaire de la chaîne allemande ARD diffusé le 10 juin dernier met en lumière un important système de dopage au Brésil, relève Vocativ.

Le principal protagoniste du documentaire: Júlio César Alves, un médecin exerçant à Piracicaba, au nord de Sao Paulo. Ses pratiques sont cependant particulières, puisqu’il s’est donné comme spécialité de prescrire des produits dopants à des sportifs de haut-niveau. En se faisant passer pour des managers d’équipes de football européennes, les journalistes d’investigation ont pu obtenir un rendez-vous avec le praticien.

En caméra cachée, le témoignage qu’ils recueillent est accablant: Júlio César Alves affirme qu’il a l’habitude de traiter les sportifs. Il va même jusqu’à confier aux journalistes qu’il prescrit notamment des traitements interdits –à savoir de l’EPO et du clenbutérol– à de jeunes athlètes de 13 ans en leur donnant des conseils pour tromper les tests anti-dopage.

Le docteur Júlio César Alves face aux journalistes d'ARD. Capture d'écran de Brazil's Dirty Game.

Roberto Carlos et la Seleção dans le viseur

 

Brazil’s Dirty Game révèle également que le célèbre joueur de foot Roberto Carlos aurait été l’un des patients du docteur Alves. Champion du monde en 2002 avec la l'équipe du Brésil et triple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid, Carlos aurait pourtant rendu visite à Alves en 2002, selon un dossier que se sont procurés les journalistes d’ARD.

Des révélations que l’ancien défenseur s’est empressé de nier dans un communiqué via son compte Facebook:

«Je répudie les accusations irresponsables faites par ARD et j’affirme que je n’ai jamais usé d’aucun artifice pour prendre l’avantage sur mes coéquipiers et adversaires sur le terrain. En vingt ans de carrière, je n’ai jamais été testé positif. Le documentaire parle d’un docteur dont je n’ai jamais entendu le nom. Mes avocats ont lancé une procédure judiciaire. On demandera aux journalistes de prouver ces accusations devant un juge et le public.»

D’après ARD, le médecin s’était pourtant publiquement vanté en 2013 sur la télévision nationale brésilienne de s'occuper d'athlètes olympiques mais aussi… de stars de la Seleção.

Un système antidopage défaillant

 

Ces révélations mettent en lumière le très mauvais fonctionnement des organismes luttant contre le dopage au Brésil. Luis Horta, ancien directeur de l’Agence antidopage portugaise et ex-membre de l’Agence antidopage brésilienne, a déclaré aux journalistes d’ARD qu’avant les jeux de Rio, le Comité olympique du Brésil avait «fait pression pour que les athlètes brésiliens ne soient pas soumis à des contrôles antidopage avant les Jeux». Ainsi, des sportifs positifs ont très bien pu concourir à Rio en août dernier. «Ils ne sont pas objectifs. Ils veulent des médailles sans pour autant être sûrs que ces médailles soient propres», déplore Luis Horta.

Le Comité olympique brésilien n’a pas souhaité répondre à ARD mais aurait dit aux médias locaux qu’effectuer des tests avant les Jeux aurait perturbé la préparation des athlètes.

Selon Luis Horta, il sera difficile de prouver les agissements du docteur Julio César Alves car il n’est lié à aucune fédération sportive brésilienne. Le médecin continue toujours à exercer en toute impunité, à un an de la Coupe du monde de football en Russie, à laquelle l’équipe du Brésil participera. En mars dernier, elle a été la première équipe à se qualifier pour la prestigieuse compétition.

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