Monde

En Égypte, le Parlement discute une proposition de loi interdisant de donner un prénom occidental

Repéré par Rodrigue Arnaud Tagnan, mis à jour le 13.06.2017 à 15 h 38

Repéré sur Egypt Independent

Les contrevenants pourraient risquer amendes et prison.

Des députés égyptiens en session au Caire. Janvier 216.  Stringer/AFP

Des députés égyptiens en session au Caire. Janvier 216. Stringer/AFP

Le comité de plaintes et de suggestions du Parlement égyptien se réunit, mardi 13 juin, pour discuter d'une proposition de loi visant à interdire aux parents d'attribuer des prénoms occidentaux à leurs enfants. Les contrevenants pourraient écoper d'une amende de 49 à 240 euros et, au pire des cas, une peine d'emprisonnement de six mois.

L'auteur de cette proposition de loi se nomme Abel Aziz Bedier. D'après le journal Egypt Independent, ce député avance l'idée selon laquelle une telle discussion au Parlement est primordiale si la société égyptienne veut préserver «son héritage culturel».

«Utiliser des prénoms occidentaux au détriment de prénoms arabes entraînera inéluctablement un changement dans notre façon de vivre», a-t-il argumenté. Pour Abdel Aziz Bedier, de tels prénoms éloigneront «les enfants de leurs véritables identités.» Outre que ces prénoms seraient difficiles à prononcer, le député souligne le fait que les enfants qui les portent pourraient être plus tard mal à l'aise sans pour autant avoir la possibilité de les changer. 

L'Egypte n'est pas un cas isolé

Le cas égyptien est loin d'être isolé. Dans de nombreux pays, le choix des prénoms est soumis au contrôle de l'État ou des collectivités. En 2014, le département des statuts civils en Arabie saoudite avait procédé à l'interdiction d'une liste de 51 prénoms pour «non conformité avec les traditions sociales» ou pour des raisons religieuses ou encore purement et simplement à cause de leur origine étrangère. En 2013, CNN avait diffusé une liste de prénoms que les parents néo-zelandais devaient se garder de donner à leurs enfants. Les prénoms tels que Lucifer, Majesty, Christ ou Messie avaient été placés sur la liste noire.

Elle n'a rien non plus de nouveau. La Suède s'est illustrée dès 1982 en tentant de limiter la démocratisation de prénoms liés traditionnellement aux familles nobles. Aujourd'hui, les lois un peu partout se justifient plus par une volonté de protéger les enfants contre des prénoms qui pourraient les mettre à l'aise. En Allemagne, les noms de famille et d'objet sont également interdits. Et un prénom doit être explicite quant au genre de celui qui le porte.

Des règles strictes

Au Danemark, la loi sur les prénoms est très stricte et les parents ne sont autorisés qu'à choisir les prénoms de leurs enfants parmi une liste de 7.000 prénoms pré-approuvés établis par l'État. Ceux qui souhaitent déroger à la règle doivent obtenir une autorisation spéciale. Sur les quelque 1.100 prénoms qui sont examinés chaque année, 15 à 20% sont rejetés.

En chine, le gouvernement recommande de plus en plus aux parents de choisir des prénoms simplifiés pour les enfants pour permettre aux scanners informatiques de les reconnaître. La langue chinoise compte plus de 70.000 caractères. Mais l'ordinateur ne peut en représenter que 13.000 de sorte de sorte qu'il est difficile d'établir des cartes d'identité pour certains citoyens. 

 
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