Culture

On a classé les 232 films Netflix des meilleurs aux plus mauvais

Temps de lecture : 102 min

Voici listés TOUS les films Original Netflix à voir en France, par ordre de priorité selon notre seule subjectivité.

Private Life | Via Netflix
Private Life | Via Netflix

Cet article sera régulièrement mis à jour au gré du calendrier de diffusion de nouveaux films dits «Original Netflix».

À lire en parallèle, ma longue analyse du cinéma selon Netflix, cliquez ici.

Depuis 2013, Netflix s'est sérieusement investi dans la production et distribution de contenus exclusifs. Si ses séries sont largement commentées dans à peu près tous les médias, les films, eux, restent à quelques exceptions près –parfois spectaculaires comme Okja, sélectionné à Cannes et mis en ligne sur la plateforme fin juin 2017 ou The Cloverfield Paradox, disponible seulement quelques heures après la diffusion de sa première bande-annonce lors du Super Bowl 2018– confidentiels.

L'interface du géant de la SVOD aide peu. L'éditorial n'y a pas sa place, chaque titre étant traité à égalité avec les autres sans réelle hiérarchie sinon la mise en avant des dernières sorties et des tendances, sans oublier les suggestions de l'algorithme.

Il est donc essentiel que les médias s'y plongent avec plus de curiosité pour offrir de nouveaux regards sur une production promise à un boom massif. Rien que pour son catalogue de films dit «Original», Netflix annonçait 50 nouveaux titres pour l'année 2017 (chiffre en réalité dépassé sur la plateforme française) et 80 pour 2018. Voici un guide subjectif de toutes ces œuvres classées par ordre antéchronologique de sortie au sein de chacune des cinq catégories.

Sommaire:
À ne pas manquer (21 films)
Recommandé (54 films)
–Ça se tente bien (83 films)
Allez, soyons fous (48 films)
Bon, si vous y tenez vraiment (26 films)

À NE PAS MANQUER (21 films)

Private Life (Tamara Jenkins, 2018, 2h06)

Cette chronique douce amère d'un couple de quadragénaire new-yorkais ayant toutes les difficultés du monde à concevoir un enfant est une jolie réussite pour Netflix. De la mise en scène de Tamara Jenkins à l'interprétation de Paul Giamatti et Kathryn Hahn en passant par l'écriture des dialogues, tout respire ici la finesse et la sensibilité pour traiter d'un sujet difficile. L'empathie est forte pour un résultat des plus émouvants. Kayli Carter est parfaite dans le rôle de la jeune nièce pleine de créativité et de fantaisie qui vient apporter son aide au couple.

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Aucun homme ni dieu (Jeremy Saulnier, 2018, 2h05)

Auteur de deux séries B remarquées – Blue Ruin et Green Room –, Jeremy Saulnier arrive chez Netflix auréolé d'une réputation flatteuse de jeune espoir du cinéma américain. Aucun homme ni dieu confirme d'ailleurs le fort potentiel du cinéaste qui signe ici un film de chasse à l'homme aussi sec que le climat de l'Alaska lui servant de cadre. Tout en tension, le long métrage centré sur une histoire de meurtre et de loups sauvages s'appuie sur son décor enneigé et un scénario à trappes emprunt de mystère pour tirer peu à peu sa mise en scène vers une fascinante abstraction trouée de saisissants moments de violence.

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Au pays des habitudes (Nicole Holofcener, 2018, 1h38)

Si l'œuvre de Nicole Holofcener bénéficie d'une vraie reconnaissance critique aux États-Unis, elle n'est jusqu'ici jamais arrivée de ce côté-ci de l'Atlantique. Impair réparé grâce à Netflix et ce Au pays des habitudes, une comédie un peu douce et très amère sur l'histoire d'un jeune retraité qui a quitté sa femme pour se trouver confronté à une forme de vide existentiel derrière où il n'est nul part à sa place. Les rapports intergénérationnels y sont touchants et tendres. Et Ben Mendelsohn est parfait pour incarner avec élégance ce malaise désabusé.

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À tous les garçons que j'ai aimés (Susan Johnson, 2018, 1h39)

Vous avez rêvé d'une comédie romantique qui traiterait sans une once d'ironie de la difficulté d'assumer ses sentiments, de deuil, de la famille, de fantaisie avec un jeune cast attachant à souhait des premiers aux seconds rôles ? Netflix l'a fait. Si la plateforme investit largement ce genre quelque peu délaissé des salles, le film de Susan Johnson adapté d'un best-seller signé Jenny Han est jusqu'ici le résultat le plus probant, confirmant une certaine montée en gamme après la hype des derniers mois entourant Petits coups montés et Alex Strangelove. Le duo formé par Lana Condor et Noah Centineo est parfait, portant avec subtilité le trouble du jeu amoureux. Malgré quelques longueurs sur la fin, tout respire ici la sensibilité et la sincérité, à la manière qu'a le film d'assumer avec naturel sa part coréenne sans jamais forcer le trait.

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Us and Them (Rene Liu, 2018, 2h00)

Carton du box-office chinois de ce début d'année, ce premier film signé de la comédienne et chanteuse taïwanaise Rene Liu suit sur une décennie deux personnages Lin Jianqing et Xiao-Xiao, dont les destins n'en finissent plus de se croiser notamment au Nouvel An quand ils quittent Pékin pour regagner leur province d'origine. Portée par deux acteurs charismatiques, cette œuvre nous présente un pays modernisé où l'individualisme et le matérialisme sont des acquis qui entravent chacun autant qu'ils ne les portent. C'est une des grandes forces de cette romance lorgnant doucement vers la critique sociale et le mélo, les personnages existent ici plus fort qu'un quelconque message que le film chercherait à asséner. Rene Liu les laisse tour à tour se perdre et se retrouver, mûrir, évoluer, tomber et se relever. Perdants magnifiques. La réalisatrice peut surtout compter sur la superbe photographie signée Mark Lee Ping-bing à qui l'on doit déjà celle d'In The Mood For Love de Wong Kar-Wai ou des films de Hou Hsiao-Hsien (Millennium Mambo, Café Lumière, The Assassin…). Sa palette de couleurs jouant aussi bien sur les tons chaleureux que le noir et blanc de manière joliment justifié par l'histoire offre au film un magnifique écrin qui donne toute sa force à ce récit amoureux.

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Rachel Dolezal, un portrait contrasté (Laura Brownson, 2018, 1h41)

C'est une de ces petites polémiques qui font le sel de l'actualité. En 2015, l'activiste Rachel Dolezal, à la tête de de l’association nationale pour la promotion des gens de couleur à Spokane dans l’État de Washington, se retrouvait au cœur d'une controverse après que ses parents ont déclaré qu'elle était une femme blanche se faisant passer pour noire. Née d'un père et d'une mère blancs, la jeune femme s'identifie afro-américaine. Un positionnement qui lui a valu de violentes accusations d'appropriation culturelle et l'ont réduit au rôle de paria. Rachel Dolezal, un portrait contrasté de Laura Brownson nous plonge dans son intimité, lui donnant une chance de raconter son histoire, tout en donnant à entendre les arguments de ses opposants. Le tout donne lieu à un portrait à la fois touchant et nuancé qui explore avec intelligence la question complexe de l'identité au croisement de l'invention de soi, de l'héritage historique et du jeu social. Je est un autre?

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Psychokinesis (Yeon Sang-Ho, 2018, 1h41)

Réalisateur du film de zombies Dernier Train pour Busan, remarqué en sélection officielle à Cannes en 2016, Yeon Sang-Ho revient avec un film qui en est presque le contrepied. À la tonalité desespérée du précédent opus qu'on se prenait comme un uppercut, le Coréen a préféré cette fois une légèreté plus amusée. Avec Psychokinesis, il mêle les codes de la comédie, du film de super-héros, de la fable politique et du mélo familial dans un récit foutraque, porté par une mise en scène très maîtrisée, autour de l'histoire d'un père qui se découvre le pouvoir de déplacer à distance les objets au moment où sa fille est menacée d'expulsion par un gang musclé. Divertissement ludique de qualité, le long métrage se permet même le luxe d'être touchant.

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Annihilation (Alex Garland, 2018, 1h55)

En raflant les droits internationaux de cette production Paramount, Netflix ajoute là la première pièce maîtresse de son catalogue 2018. Film aussi âpre dans sa narration qu'hypnotique visuellement, Annihilation a le potentiel de captiver un large public tout en générant de la conversation, sans rien renier de son ambition. Ce nouveau long métrage signé Alex Garland suit l'équipée de cinq femmes scientifiques dans une zone secrète où se multiplient des phénomènes mystérieux. On y retrouve notamment Natalie Portman dans une nouvelle performance envoûtante un an après Jackie. Comme Mother!, autre production Paramount, Annihilation tire sa force dans sa capacité à générer de nombreuses métaphores narratives dans lesquelles chacun peut venir y projeter ses angoisses, son humanité tout en maintenant une proposition visuelle audacieuse. Mais là où le film d'Aronofsky croulait sur une surenchère de bruit et de fureur, Alex Garland a choisi une épure bienvenue qui sied parfaitement à l'inquiétante étrangeté de l'ensemble. De bout en bout, Annihilation fait preuve d'une admirable maîtrise qu'on aurait tort de bouder.

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Forgotten (Hang Jun-Jang, 2018, 1h48)

Netflix a acheté les droits à l'international de ce thriller coréen à la seule lecture du scénario. On les comprend tant cette histoire d'un homme qui enquête sur ce qui est arrivé à son frère disparu dix-neuf jours pour revenir sans aucun souvenir de cet intermède impressionne par ce qu'elle recèle de tensions et dans sa deuxième heure de twists à répétition. Mais Forgotten n'aurait pas été aussi brillant sans la mise en scène au cordeau de Hang Jun-Jang très doué pour tirer le meilleur de ses décors et de ses interprètes. Si l'ensemble n'a pas le souffle ou le folie d'un Memories of Murder, ce thriller quasi depalmesque nous accroche à notre siège jusqu'au bout. Pour l'heure, de loin l'acquisition asiatique la plus convaincante du catalogue films Original.

Voir le teaser coréen

Jim et Andy (Chris Smith, 2017, 1h33)

Plongée fascinante dans les coulisses du tournage du biopic de Milos Forman Man on The Moon autour de la vie du comique Andy Kaufman, Jim et Andy, le documentaire de Chris Smith raconte bien plus que ça. Il rend compte bien sûr de la fusion de l'acteur Jim Carrey avec son personnage et ses avatars sur mais aussi en dehors du plateau dans une performance totalement folle et incontrôlable, riche en scènes savoureuses. C'est la partie méta du film, le geste rejoignant ici jusqu'au vertige celui de son modèle. Il interroge aussi le parcours du comédien canadien qui a explosé au box-office en 1994 avec trois rôles qui lui ont permis d'injecter un peu de folie et de débordement dans un genre souvent très réglé. Jim et Andy offre alors une réflexion sur le pouvoir anarchique du rire, pointant en filigrane tout ce que le masque permet de libérer chez ceux qui le regardent et l'accompagnent dans une catharsis libératrice. Enfin, le documentaire porte le récit d'une quête spirituelle vers le dépassement et l'effacement de soi pour dépasser les limites contraignantes de l'ego pris au piège des mirages de la société du spectacle. Si Jim et Andy est si bouleversant, c'est qu'il enregistre le chemin parcouru. Débarrassé de ses masques, Jim Carrey se remémore ce chaos, heureux. Il a définitivement traversé le miroir.

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The Meyerowitz Stories (new and selected) (Noah Baumbach, 2017, 1h52)

Bien loin de la polémique sur l'opportunité de sa sélection en compétition à Cannes, on peut aujourd'hui apprécier les nombreux mérites du nouveau film de Noah Baumbach (Les Berkman se séparent, Frances Ha) qui ont su séduire Thierry Frémaux et ses équipes. À commencer par un cast parfait que ce soit Dustin Hoffman en patriarche sculpteur à la santé déclinante mais à l'ego certain ou bien Ben Stiller et Adam Sandler, qui incarnent ici ses fils, demi-frères aux caractères et à la fortune totalement opposés. On retrouve également ce qui fait le charme si singulier du cinéaste new-yorkais, ce mélange d'empathie totale pour ses personnages et en même temps une détermination presque cruelle à ne pas les ménager, soulignant au fil d'une intrigue construite en longs chapitres ces petits travers qui les rendent si humains. Comme chez Woody Allen, nous réalisons alors que nous sommes systématiquement plus petits que l'image que nous avons de nous. Il est grand temps de nous regarder dans le miroir, et d'en rire plutôt qu'en pleurer.

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Jessie (Mike Flanagan, 2017, 1h43)

Très bonne surprise que cette adaptation de Stephen King par Mike Flanagan, dont c'est déjà le deuxième Original Netflix. Sur une trame en apparence minimaliste –une femme (grande performance de Carla Gugino) est menottée à un lit quand son mari est subitement victime d'une crise cardiaque–, le film tient parfaitement la route entre exploration psychologique et suspense horrifique. Aux effets faciles, Flanagan préfère la plongée dans la psychée sombre du couple, abordant de manière frontale la violence faite aux femmes. L'uppercut ne frappe pas toujours où on croit.

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Okja (Bong Joon-Ho, 2017, 1h58)

Netflix tient certainement sa première œuvre majeure avec Okja, sélectionné à raison en compétition lors du dernier Festival de Cannes. Le Coréen Bong Joon-Ho y déploie avec agilité son imaginaire naviguant entre la féérie enfantine d'un Miyazaki, la farce grotesque et une critique sans fard du capitalisme. Un mélange des genres détonant porté par un drôle de cochon, qui ajoute une touche de poésie bienvenue à un univers décidément noir mais porteur d'espoir. Comme c'est écrit sur les affiches, du grand cinéma.

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War Machine (David Michôd, 2017, 2h02)

Quelques mois après la sortie en salle du très réussi Un jour dans la vie de Billy Lynn signé Ang Lee, War Machine de l'Australien David Michôd confirme que les récits les plus passionnants touchant à la guerre ont désormais quitté les zones de combat. C'est dans sa première heure –relatant la préparation de la mission de ce général inspiré par l'histoire vraie de Stanley McChrystal en Afghanistan– que le film est le plus original, drôle et pertinent. Un regard acéré sur la guerre moderne, porté par un Brad Pitt enjoué, qui malheureusement perd ensuite de son mordant.

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Get Me Roger Stone (Dylan Bank & Daniel DiMauro, 2017, 1h41)

Si Donald Trump est aujourd'hui président des États-Unis, c'est grâce à lui. Du moins, Roger Stone est prêt à tout pour vous le faire croire. Ce documentaire passionnant sur un des plus influents hommes de l'ombre du parti républicain n'a rien à envier à House of Cards. De mensonges en coup bas, on revit plus de quarante ans de coulisses de la politique américaine du Watergate, où il était l'un des plus jeunes mis en cause, à la victoire de George W. Bush, qui ne lui est pas non plus tout à fait étrangère. Le diable probablement.

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Casting JonBenet (Kitty Green, 2017, 1h20)

Si peu de films Netflix brillent par l'originalité de leur forme, Casting JonBenet est l'exception qui confirme la règle. Plutôt que de mettre en scène directement ce faits divers impliquant une jeune fille de 6 ans découverte morte dans la cave de la maison de ses parents à Boulder (Colorado), quelques heures après qu'ils ont signalé sa disparition, Kitty Green filme son casting des personnages principaux de l'affaire. Les acteurs auditionnent certaines scènes clés, donnant au passage leur interprétation divergente de ce qui a bien pu se passer, chacun prenant fait et cause pour celui qu'il est sensé incarner. Une brillante mise à distance critique de la réalité pour une affaire toujours irrésolue à ce jour.

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I Don't Feel at Home in This World Anymore (Macon Blair, 2017, 1h36)

Grand prix du jury au dernier Festival du film de Sundance, le premier long métrage du scénariste Macon Blair impressionne par sa narration jusqu'au-boutiste. Ce Big Lebowski chez les white trash mais revisité sur un ton résolument dark et pince-sans-rire offre une perspective à la fois drôle et étonnante sur les méfaits de la connerie humaine. Un joli coup pour Netflix servi par une distribution impeccable, Melanie Lynskey en tête.

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Au fin fond de la fournaise (Werner Herzog, 2016, 1h47)

Rien ne ressemble moins à un film Netflix qu'un film de Werner Herzog. C'est sans doute pourquoi ce documentaire sur les volcans à toute sa place sur la plateforme. Le cinéaste autrichien y prend pour prétexte l'accompagnement du vulcanologue britannique Clive Oppenheimer au plus près des entrailles de la Terre pour questionner notre rapport à la vie, à la mort ainsi qu'à nos origines. Peu de cinéastes parviennent comme lui à capter l'essence d'un mystère.

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Le 13e (Ava DuVernay, 2016, 1h40)

Le documentaire d'Ava DuVernay (Selma) est un modèle d'intelligence et de sensibilité. Le 13e –référence au 13e amendement qui a aboli l'esclavage en 1865 tout en incluant, on le sait moins, une clause restrictive pour les criminels– décrypte avec brio les diverses mesures qui, au fil du temps, ont fait des Afro-Américains des citoyens de seconde zone, privés pour beaucoup de leurs droits élémentaires, simples pions de la machine capitaliste. À force d'analyses et de témoignages, le film dessine les contours d'une tragédie dont les mécanismes sont malheureusement trop peu exposés.

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Tallulah (Sian Heder, 2016, 1h51)

Premier long métrage d'une scénariste d'Orange is the New Black, Tallulah se démarque légèrement des convenances du film indé américain en prenant résolument le parti des femmes. Cette histoire d'une jeune un peu paumée qui kidnappe un bébé délaissé après s'être fait larguer –brillamment interprétée par Ellen Page et Alison Janney– est le prétexte à trois beaux portraits de personnage blessés en butte avec une société patriarcale.

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Team Foxcatcher (John Greenhalgh, 2016, 1h31)

S'il n'est pas tout à fait à la hauteur du puissant film de Bennett Miller avec Steve Carell, Mark Ruffalo et Channing Tatutm sur la même affaire, ce documentaire assez classique sur la forme passionne par la folie grandissante de son personnage –le milliardaire excentrique John Du Pont–, pris dans une spirale paranoïaque qui finit dans la violence. Un récit maîtrisé aux vrais airs de tragédie.

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RECOMMANDÉS (54 films)

Un 22 Juillet (Paul Greengrass, 2018, 2h25)

Après Bloody Sunday sur la répression sanglante d'une manifestation à Derry en Irlande du nord et Vol 93 autour des événements du 11 septembre 2001, le cinéaste Paul Greengrass s'intéresse ici à une troisième tragédie moderne : les attentats d'Oslo et d'Utøya qui en 2011 ont fait 77 morts. Le film reconstitue le drame dans une première partie où le réalisateur fait à nouveau preuve d'une sécheresse exemplaire. Puis le propos s'étiole un petit peu en suivant en parallèle la préparation de la défense d'Anders Behring Breivik, dont les avocats souhaitent dans un premier qu'il plaide à la folie avant que lui-même ne décide d'assumer la charge politique de ses actes, et la lente convalescence d'une des victimes touchée à la tête, traumatisée. Un 22 juillet n'en reste pas moins un film fort sur le défi posé par ces éruptions sanglantes de haine sur nos démocraties comme dans nos vies intimes.

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Quincy (Rashida Jones et Alan Hicks, 2018, 2h04)

Ce touchant documentaire coréalisé par une des filles du célèbre compositeur et producteur s'attache à retracer son parcours exceptionnel. Né dans une famille populaire d'une mère atteint de troubles mentaux, Quincy Jones trouve vite le salut dans la musique pour laquelle il montre de vraies prédispositions. Compositeur novateur mêlant des influences jazz et pop, il ouvrira de nombreuses portes aux musiciens afro-américains jusqu'à produire les albums solo qui feront de Michael Jackson la plus grande star de la fin des années 1980. Riche de nombreuses archives et anecdotes personnelles, le film peine par moments à trouver la distance juste qui l'éloignerait totalement de l'hagiographie.

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Une femme de tête (Haifaa Al Mansour, 2018, 1h38)

Quelques semaines après I Feel Pretty, Une femme de tête vient enfoncer le clou de la comédie au message « body positive ». Soit ici l'histoire de Violet, une publicitaire dont la vie en apparence parfaite vacille le jour où son petit ami lui offre un chien à son anniversaire là où elle s'attendait à une demande en mariage. De fil en aiguille, c'est toute son existence qui se retrouve remise en cause, symbolisée par de multiples changements de coiffure qui chapitrent le film. Si certains développements sont attendus, le ton est enlevé, l'interprétation de Sanaa Lathan touchante et le propos incitant les femmes à délaisser le culte de la perfection pour mieux s'accepter soi-même toujours d'actualité.

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Roe v Wade : la véritable histoire de l'avortement (Ricki Stern et Anne Sundberg, 2018, 1h39)

Le titre français est trompeur. Pour comprendre le véritable enjeu de ce documentaire, mieux vaut donc se référer au titre original : Reversing Roe. Il ne s'agit pas de refaire l'histoire de cet arrêt historique de la Cour suprême qui légalisa l'avortement, mais au contraire de mettre en lumière la vaste opération de la droite conservatrice américaine pour parvenir à renverser la décision et en attendant à fragiliser toutes les possibilités offertes aux femmes d'avoir le choix. Ainsi, dans de plus en plus d'États à majorité républicaine, il n'y a plus qu'un seul établissement qui pratique l'avortement. Et le point de bascule à la Cour suprême n'est plus loin. Roe v Wade est porteur d'une incitation à se mobiliser pour défendre un acquis bien fragile.

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Sur ma peau (Alessio Cremonini, 2018, 1h40)

Inspiré d'un faits divers, ce long métrage italien tient tout entier sur un coup de force scénaristique. Incarcéré en prison pour une affaire de stupéfiants, le personnage principal est ensuite baladé de commissariats en hopitaux en tribunaux le corps de plus en plus malmené sans que l'on ne voie jamais l'origine des coups. Une dénonciation puissante du silence de plomb qui pèse sur les violences policières et carcérales.

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Les Lois de la thermodynamique (Mateo Gil, 2018, 1h40)

On est très très loin de l'intelligence et la grâce du Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais bien sûr, mais Les Lois de la thermodynamique joue avec un amusement certain de la confrontation d'observations scientifiques et de nos comportements amoureux. Manière pour le cinéaste espagnol Mateo Gil de décaler un peu les codes de la comédie romantique sans jamais s'en détourner tout à fait.

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Big Fish & Begonia (Xuan Liang, 2018, 1h45)

Riche d'un imaginaire foisonnant qui n'est pas sans rappeler l'univers Ghibli (mais sans la magie d'un Miyazaki), Big Fish & Begonia s'attache aux mésaventures d'un être céleste sauvé par un humain qui tâche ensuite de lui rendre la pareille. Visuellement très réussi, le film pèche par une caractérisation un peu limitée pour finalement toucher grâce à la complexité des liens qui unissent les différents personnages pris dans une quête spirituelle presque mélancolique.

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Flavors of Youth (Jiaoshou, Haoling Li et Yoshitaka Takeuchi, 2018, 1h14)

Cette suite de trois courts/moyens métrage d'animations, produite par le studio à qui l'on doit Your Name, a en sa faveur que chacun des films est meilleur que celui qui précède. Cette gradation nous emmène donc des souvenirs que fait remonter un plat de nouilles à la délicatesse d'un amour adolescent en passant par les tourments d'une mannequin vieillissante. Des histoires chinoises empreintes d'une forte nostalgie pour la jeunesse qui visent d'abord à reconnecter nos personnages au présent et aux êtres aimés qui les entourent. Un message universel.

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Tel père (Lauren Miller Rogen, 2018, 1h43)

Il y a des partitions rebattues qu'on a dû plaisir à réentendre. Cette comédie signée Lauren Miller Roger déroule un air bien connu, soit les retrouvailles de Rachel, executive woman rivée à son écran, et de son père qui l'avait abandonnée vingt-six ans plus tôt. De passage à New York, celui-ci assiste incognito au mariage de sa fille et la voit se faire planter à l'autel par son fiancé. Une nuit d'ivresse plus tard, les voilà tous les deux partis en croisière pour ce qui aurait dû être un voyage de lune de miel. De ce pitch, on imagine sans difficulté la suite bien sûr, mais le tout est écrit et filmé avec suffisamment de tendresse pour rendre nos deux personnages non seulement attachants mais aussi émouvants. Le résultat surtout d'un casting de choix tant Kristen Bell (The Good Place) et Kelsey Grammer (Boss) tiennent parfaitement leur rôle.

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Les Blessures de la médecine (Kirby Dick et Amy Ziering, 2018, 1h40)

Ce documentaire à charge livre un constat très inquiétant sur les instances de la régulation de la médecine américaine. Kirby Dick et Amy Ziering se sont penchés sur le secteur très lucratif des nouvelles technologies médicales (machines, matériaux, procédures...). Et si l'on a tendance à associer avancées techniques et progrès, le domaine de la santé exige quelques précautions qui ne sont pas respectées. Les exemples sont nombreux, fournis, avec des conséquences désastreuses pour des milliers de personnes, des femmes bien souvent, dont on ignore ou minimise la souffrance. Dans une des scènes les plus fortes du film, les membres de la commission d'approbation de mise en vente d'une procédure qui se révèlera potentiellement néfaste s'interrogent sur ce qu'il se passerait si, dix années après leur autorisation, on venait leur dire qu'il y avait de graves effets secondaires. Puis ils se mettent à rire.

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I Feel Pretty (Abby Kohn et Marc Silverstein, 2018, 1h50)

Parfait véhicule pour la comédienne Amy Schumer, I Feel Pretty dresse le portrait d'une jeune femme mal dans sa peau qui, à la suite d'un choc à la tête, s'imagine devenue mince et belle. Sa vie prend alors un tour inattendu. Aidée de seconds rôles savoureux, cette comédie vaut surtout pour la force de son message délivré ici avec beaucoup de sensibilité et d'intelligence à défaut de déclencher les rires à répétition.

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Zoe (Drake Doremus, 2018, 1h44)

Les humains seront-ils amenés à vivre un jour des histoires d'amour avec des machines ? Avec son nouveau film Zoe – distribué par Amazon Prime aux États-Unis, mais Netflix en France —, Drake Doremus adresse cette épineuse question à travers l'attachement naissant qui unit l'inventeur Cole (Ewan McGregor) à son premier prototype d'être synthétique évolué, Zoe (Lea Seydoux). Mais l'amour peut-il réellement surmonter une telle différence ? Ce drame intimiste porté par une performance très convaincante de la comédienne française est l'occasion d'interroger en creux ce manque, cette incomplétude qui caractérisent notre humanité. Et dont pourrait bien s'affubler à l'avenir aussi les intelligences artificielles.

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Calibre (Matt Palmer, 2018, 1h41)

Un futur père de famille et son meilleur ami partent un week-end faire la fête et chasser dans un coin paumé des Highlands en Écosse. Mais pour eux, rien ne se passera comme prévu. Sur cette trame minimaliste, Matt Palmer construit un récit sobre et prenant par sa charge tragique mettant en scène la tension grandissante entre citadins aisés et habitants revanchards d'une petite communauté reculée. Un premier film, difficile par endroits, mais prometteur.

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La Part obscure (Anthony Byrne, 2018, 1h40)

Une élégance toute britannique. Ce thriller signé Anthony Byrne, un réalisateur né en Irlande qui a fait essentiellement ses armes à la télé (on lui doit cette année cinq épisodes de la saison 5 de Peaky Blinders), a tout du travail soigné depuis l'écriture jusqu'à la mise en scène en passant par le jeu des acteurs, Natalie Dormer en tête. La comédienne aperçue dans Game of Thrones incarne ici une pianiste aveugle qui entend sa voisine du dessus se défenestrer à la suite d'une dispute. Quelques instants plus tôt, la victime lui avait confié une mystérieuse clé USB qui pourrait la mettre en danger. Des rebondissements travaillés et un fond historique impliquant une page sombre de l'histoire européenne achèvent de faire de cette Part obscure un divertissement parfaitement recommandable.

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Petits coups montés (Claire Scanlon, 2018, 1h45)

Cette nouvelle comédie romantique Netflix est un éloge de l'alchimie. Ce petit quelque chose qui sans qu'on sache bien pourquoi efface les petits défauts comme par magie. Non seulement la thématique est au cœur de cette histoire de deux assistants débordés qui décident de caser leurs patrons pour avoir un peu la paix, elle insuffle aussi le charme néo-classique de ce film signé Claire Scanlon pour lequel le constat s'impose : ça fonctionne. Rythme, punchline, musique, interprétation (Zoey Deutch est rayonnante)… Tout concorde ici avec une légèreté bienvenue vers une relecture à peine modernisée (patronat plus inclusif, fraîcheur des dialogues…) des canons du genre jusqu'à inclure certains poncifs (le meilleur ami gay). Mais s'il y a quelque chose qu'il faut pardonner en amour, ce sont bien les petits défauts.

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Alex Strangelove (Craig Johnson, 2018, 1h40)

L'engagement de Netflix sur les problématiques LGBT n'est aujourd'hui plus à démontrer. Il est même étonnant que la plateforme ait été devancée en la matière sur le terrain de la comédie romantique par Love, Simon, attendu ici dans les salles le 27 juin prochain. Dans Alex Strangelove, il est donc question de désir, de sexualité, mais aussi d'orientation, le personnage principal, Alex Truelove (Daniel Doheny), se trouvant attiré par Elliott (superbe Antonio Marziale) au moment même où il doit passer à l'acte avec sa petite amie Claire (Madeline Weinstein, sans rapport avec Harvey). Dans la lignée des teen comédies Apatow, les personnages sont regardés avec une juste distance, l'humour se veut gras sans trop faire tache et la thématique traitée avec beaucoup de fraîcheur et de sensibilité. Bref, tout ceci se regarde avec beaucoup de sympathie.

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Anon (Andrew Niccol, 2018, 1h40)

Il y a vingt ans, Andrew Niccol mettait en scène Bienvenue à Gattaca, une dystopie glaçante illustrant le rôle disrupteur que pourrait tenir à l'avenir la génétique pour l'humanité. Anon en est une forme de déclinaison moderne sur un autre grand sujet d'inquiétude contemporain : l'archivage et l'utilisation des data. Dans ce nouvel univers, chaque information nous concernant, chaque instant est enregistré et stocké en format écrit ou vidéo sur un serveur accessible partout. Mais voilà qu'une hackeuse (Amanda Seyfried) parvient à pénétrer le système et altérer des données de certains clients, parfois en temps réel moyennant finance. Un policier (Clive Owen) est alors chargé de l'approcher. Si le film n'a pas la finesse d'écriture de son illustre prédécesseur, il se démarque par un univers visuel captivant autour de la réalité augmenté et un discours appuyé de défense du droit à la vie privée sans conditions qu'il est sans doute urgent de rappeler.

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Mercury 13 (David Sington et Heather Walsh, 2018, 1h19)

«Il faudrait envoyer dans l'espace les personnes les plus qualifiées.» Au début de la conquête spatiale, ce vœu pieux fit long feu. Si un programme de test ouvert à treize femmes a bien existé au tournant des années 1960, celui-ci fut très vite fermé par la Nasa malgré des premiers résultats de tests d'aptitudes plus concluants que chez les hommes. Riche de nombreux témoignages, le documentaire Mercury 13 raconte le long combat de ces passionnées de vol en butte au patriarcat pour obtenir le droit de rejoindre elles aussi les étoiles. Le film s'attarde notamment sur la personnalité complexe de Jackie Cochran, influente pionnière parmi les pionnières qui finit par prendre le parti des hommes, par calcul personnel et sans doute une pointe de jalousie, ne faisant pas partie des filles sélectionnées. Si les Soviétiques ont envoyé une femme dans l'espace dès 1963. Côté américain, il faudra attendre 1983.

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Come Sunday (Joshua Marston, 2018, 1h45)

Au casting, Danny Glover, Martin Sheen, Jason Segel et Chiwetel Ejiofor. Ce dernier surtout, dans le rôle principal, offre une performance remarquable dans ce film inspiré de l'histoire vraie du prédicateur Carlton Pearson. Pasteur influent et respecté de sa communauté, celui-ci eut de manière soudaine une révélation qui vint bousculer les dogmes traditionnels de l'église. Sa vision était-elle sincère? Ou une manière inconsciente de se décharger d'un poids devenu trop lourd à porter? Le film plonge de manière douloureuse et austère dans les mystères de la foi, la part de doute qu'elle comporte, prônant une tolérance accrue envers ceux qui souffrent d'une lecture rigide des textes.

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6 Balloons (Marja-Lewis Ryan, 2018, 1h15)

Abbi Jacobson, révélée par la série Broad City, et Dave Franco portent joliment ce film modeste qui s'attaque à un grave sujet d'actualité: la crise des opioïdes qui fait des milliers de victimes chaque année aux États-Unis. Sauf que plutôt que d'en faire un traitement social classique, Marja-Lewis Ryan décale légèrement le regard recentrant son long métrage sur une journée et faisant de la sœur d'un addict son héroïne. Fort d'une atmosphère tendre et un peu rêveuse sans rien cacher du drame familial qui se noue autour d'une petite fille, le film donne à voir ses doutes, son impuissance, son amour envers son frère. L'onde d'un choc dont l'épicentre échappe sans cesse.

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Une femme d'abord (Uraaz Bahl, 2018, 0h39)

Ce documentaire indien mis en ligne à l'occasion de la journée internationale des droits de la femme s'intéresse au destin exceptionnel de Deepika Kumari. Née dans un village très pauvre, elle s'est découvert enfant un don pour le tir à l'arc. Qui la conduira à devenir à 17 ans vice-championne du monde de la discipline. Seulement voilà, elle ne confirmera par la suite pas tout à fait ses promesses échouant notamment par deux fois à briller à des Jeux olympiques qui lui semblaient promis. Une femme d'abord, c'est l'histoire de ce douloureux échec et de la misogynie encore inhérente au monde sportif. De la schizophrénie de ces championnes dont on attend les plus grandes choses sans jamais cesser de les renvoyer à leur infériorité. Aussi touchant qu'éclairant.

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Les Affamés (Robin Aubert, 2018, 1h43)

Les Affamés de Robin Aubert parvient à se jouer avec intelligence des codes du film de zombie. En les affublant d'une allure réaliste lo-fi, en ouvrant la fuite de ses personnages aux grands espaces et en maniant avec habileté ses ruptures de ton plongeant peu à peu le spectateur dans une ambiance de plus en plus sombre. Le réalisateur québecquois prend le temps de poser ses personnages au détriment de l'action. Un choix payant dans la deuxième heure où, par petites touches, il dessine une atmosphère singulière entre désespoir et résilience, portée par quelques rôles de femmes marquants autour de la performance impeccable de Marc-André Grondin.

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Gloria Allred : l'avocate des femmes (Roberta Grossman et Sophie Sartain, 2018, 1h35)

Le documentaire qui tombe à pic. Le mouvement #metoo encore brûlant, Netflix propose ce passionnant portrait de l'avocate qui incarne le mieux aux États-Unis le combat contre les violences faites aux femmes. Gloria Allred a notamment joué un rôle de premier plan dans la médiatisation des nombreuses victimes du comédien Bill Cosby, bien avant l'affaire Weinstein. Si sa pugnacité est depuis longtemps caricaturée des Simpsons à South Park en passant par le «Saturday Night Live», ce documentaire permet de remettre ses sorties les plus médiatiques en perspective avec un engagement de plus de cinquante ans en faveur de toutes les minorités opprimées. On y mesure le courage et la détermination d'une féministe qui a su utiliser avec intelligence tous les moyens à sa disposition afin de permettre au combat pour l'égalité d'avancer. L'œuvre si précieuse d'une vie entièrement dédiée à faire évoluer les mentalités.

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Le Rituel (David Bruckner, 2018, 1h34)

Bonne surprise que ce film d'horreur britannique autour d'une escapade en forêt qui tourne mal. La forte séquence d'ouverture happe le spectateur et permet de donner du relief à la fois aux personnages et à la violence qui va suivre, à la manière d'un long cauchemar empreint d'un trauma psychologique. Si le cast (feat. Rob James Collier alias Thomas Barrow dans Downtown Abbey) est solide, notamment Rafe Spall, le film se démarque surtout par son atmosphère inquiétante qui, plutôt que de céder aux jumpscares faciles, prend le temps de creuser avec intelligence son univers, en en dévoilant peu à peu les contours et les véritables enjeux. Ainsi David Bruckner finit par imposer une imagerie complexe qui ne sombre jamais dans le ridicule ou la facilité. Une descente aux enfers parfaitement maîtrisée.

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Une drôle de fin (David Wain, 2018, 1h41)

Mi-comédie mi-biopic, cet Original signé David Wain s'attaque à un monument de la culture américaine largement méconnu de ce côté-ci de l'Atlantique: National Lampoon. Soit un magazine humoristique mêlant textes, bandes dessinées et illustrations, qui connaîtra un important succès dans les années 1970 au point de se voir décliner en livres et en émission de radio. Et de devenir la principale inspiration du show télévisé « Saturday Night Live », qui viendra piller ses talents. Le film s'attache en particulier à un de ses fondateurs, Douglas Kennedy, qui sert ici de fil conducteur, de la naissance du magazine à Harvard au tournage de Caddyshack, comédie culte avec Bill Murray, dont il cosigna le scénario. Si Une drôle de fin (A Futile and Stupid Gesture en VO) paraît ne faire qu'effleurer la charge politique et l'importance du mouvement créé par la publication, que ce soit dans son retentissement ou l'importance des talents révélés, il donne à voir avec une petite once d'irréverence la dynamique collective à l'œuvre avec ses forces et ses limites. Le film dessine également avec un charme doux-amer le portrait d'une génération qui a su répondre avec un humour ravageur au vide consumériste et idéologique qui gagnait alors l'Amérique.

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Voyeur (Myles Kane et Josh Koury, 2017, 1h35)

Au départ, un article à sensation du journaliste Gay Talese pour le New Yorker dans lequel il détaille l'histoire d'un propriétaire de motel qui espionnait ses clients en cachette par un ingénieux système d'aération dans le plafond. Voyeur, le documentaire de Myles Kane et Josh Koury, en est à la fois le résume et le making of. Le journaliste remonte à l'origine de son histoire et en présente les détails les plus croustillants aidé de son personnage. Puis très vite, le récit bifurque pour interroger les motivations du journaliste et de sa source dans une drôle de lutte de pouvoir où chacun essaie de garder le contrôle sur son histoire. Plus globalement, le film au charme troublant questionne notre rapport à la vérité et à son exhibition. Sommes nous prêt à révéler tous nos secrets?

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Mudbound (Dee Rees, 2017, 2h14)

Ce drame historique suivant le destin de deux familles –une blanche, une noire– installées dans les années 1940 dans le fin fond du Mississippi bénéficie de nombreux atouts, à commencer par un casting de premier ordre dans lequel on retrouve Garrett Hedlund, Carey Mulligan, Jason Mitchell ou encore la chanteuse Mary J. Blige. Pour son troisième film, Dee Rees fait preuve d'une belle maîtrise de la composition. Ce paysage boueux dans lequel tous s'enfoncent petit à petit dans une sorte de douleur sourde est clairement un des personnages centraux au point de donner à Mudbound, cette identité particulière. Traversé par la Seconde Guerre mondiale, hanté par la question du racisme, le film se veut l'écho à la fois des grandes tragédies qui secouent l'Amérique que de drames plus intimes. C'est dans sa narration morcelée, juxtaposant six voix off comme autant de point de vue, que Mudbound arrive à rendre avec plus de force cette logique d'enfermement qui gagne les corps comme les esprits.

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Joan Didion, le centre ne tiendra pas (Griffin Dunne, 2017, 1h38)

Avertissement, les fins connaisseurs de la vie et de l'œuvre de Joan Didion risquent de ne pas apprendre grand chose de ce documentaire réalisé par son neveu, l'acteur Griffin Dunne. Ils auront tout de même le plaisir de se plonger dans les nombreuses images d'archives retraçant la vie de l'écrivaine américaine et surtout d'entendre sa voix évoquer les méandres d'une existence dédiée à ses proches et à la littérature. Les autres regretteront à coup sûr de ne pas s'être plongés plus tôt dans une œuvre qui épouse les soubresauts de l'Amérique des années 1960 à nos jours, mais aussi de manière profonde et intime tous ces moments qui font le sel d'une vie. Le centre ne tiendra pas évoque autant ce moment de bascule où le désordre gagne la pays au tournant des années 1970 que cette folie qui ne cesse de ménacer nos existences au fil des épreuves conduisant peu à peu vers une mort certaine.

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Wheelman (Jeremy Rush, 2017, 1h22)

C'est une des belles surprises de cet automne 2017. Cette série B sans prétention démarquage de Drive et autre Baby Driver est d'une redoutable efficacité. Le scénario est pourtant minimaliste –après un braquage raté, un conducteur en fuite reçoit par téléphone de drôles d'ordre menaçants pendant qu'il tente de démêler ce qui s'est passé–, mais la mise en scène restreinte autour de la voiture, la montée en tension et une superbe performance signée Frank Grillo suffisent à nous tenir en haleine du début à la fin. On en attendait pas tant.

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L'un des nôtres (Heidi Ewing et Rachel Grady, 2017, 1h35)

Plongée sans fard dans la communauté juive hassidique de New York, le documentaire L'un des nôtres en dessine la face sombre à travers le portrait de trois de ses membres qui ont décidé un jour de dire stop et ont été confrontés ensuite aux pires difficultés. Abus en tous genres, mariages forcés, menaces verbales et physiques, séparation forcée des enfants... le film montre de manière brutale à quel point le repli sur soi de ces hommes de foi pour se protéger de la modernité s'accompagne d'un lot de souffrances tues dont il est urgent de briser le silence.

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Marsha P. Johnson: histoire d'une légende (David France, 2017, 1h45)

Ce nouveau documentaire Netflix cumule plusieurs films en un, tous passionnants et parfaitement imbriqués. Il y a la fois du suspense avec la reprise d'une enquête sur la mort de Marsha P. Johnson, transsexuelle retrouvée mystérieusement noyée un jour de 1992; de l'émotion avec le portrait de cette figure généreuse rayonnante du Greenwich Village tragiquement disparue; de l'histoire avec tout un pan raconté de la lutte LGBT depuis les années 1960; et un message politique avec la dénonciation de la violence dont sont encore victimes les transsexuels aujourd'hui. Un film aussi engagé que touchant sur un sujet auquel Netflix a su donner depuis quelques années un large écho.

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Nos âmes la nuit (Ritesh Batra, 2017, 1h47)

Robert Redford, Jane Fonda. C'est un vrai plaisir que de retrouver ce couple de cinéma-là dans Nos âmes la nuit. Plutôt que de jouer les codes classiques de la comédie romantique et ses mutltiples obstacles souvent artificiels qui viennent bousculer l'amour de nos deux héros, Ritesh Batra prend le temps de donner une véritable épaisseur à ses personnages qui redécouvrent peu le plaisir de partager sa vie à deux. Un film touchant qui déborde de tendresse sur la vieillesse et la solitude. De Iain Armitage (aperçu dans Big Little Lies) à Matthias Schoenaerts en passant par Judy Greer, les seconds rôles sont aussi très réussis.

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Strong Island (Yance Ford, 2017, 1h47)

En 1992, l'acquittement de quatre policiers impliqués dans l'affaire Rodney King déclenche des émeutes sans précédent à Los Angeles, mettant en lumière les tensions raciales qui agitent toujours l'Amérique. Cette même année, à quelques milliers de kilomètres de là, un jeune homme noir meurt tué d'un tir de carabine dans l'indifférence générale sur l'île de Long Island au large de Manhattan. Son meurtrier, connu des services de police, ne sera pas poursuivi sur décision d'un grand jury composé de… Blancs. Derrière ce faits divers d'une triste banalité, le réalisateur Yance Ford donne à voir le silence, la colère rentrée d'une famille endeuillée, la victime étant son frère aîné à qui le film rend hommage. On mesure peu à peu l'onde de choc de l'injustice qui détruit de l'intérieur chacun des survivants, confronté à sa propre culpabilité. Un cri sourd par endroits bouleversant.

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Heroin(e) (Elaine McMillion Sheldon, 2017, 39 minutes)

«La capitale de l'overdose en Amérique». Voilà le triste surnom dont est affublée la ville d'Huntington en Virginie-occidentale. C'est là qu'Elaine McMillion Sheldon a posé sa caméra pour rendre compte de la catastrophe humanitaire en cours emportant près d'une personne par semaine. Souvent des jeunes marginalisés. Si cette plongée dans l'envers du rêve américain dresse un tableau noir du pouvoir de l'héroïne, le film donne aussi à voir l'inlassable combat de trois femmes pour ramener de nombreuses personnes flirtant dangereusement avec la mort vers la vie. Car fermer les yeux, c'est seulement les condamner en plus.

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Icare (Bryan Fogel, 2017, 2h01)

C'est l'histoire d'un tournage complètement fou. Un cycliste américain amateur déterminé à réaliser un documentaire sur le dopage –il s'astreint lui-même à un règime proche de celui de Lance Armstrong avec l'objectif de duper tous les contrôles– se trouve soudain à collaborer avec Grigory Rodchenkov, le patron de l'agence antidopage russe. Mais voilà que quelques mois plus tard, une enquête de la chaîne allemande ARD accuse la Russie d'un système de dopage contrôlé par l’État. Le film à la première personne bascule alors vers le thriller et la révélation douloureuse d'un scandale remontant jusqu'au sommet de l'exécutif russe. Rodchenkov s'en sortira-t-il? Jusqu'où la Russie a-t-elle dupé les autorités sportives? À défier les dieux, on prend toujours le risque de se brûler les aîles.

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Counterpunch (Jay Bulger, 2017, 1h31)

La boxe, c'était mieux avant? C'est en tout cas le constat amer que fait ce très beau documentaire consacré à l'état de la discipline aujourd'hui aux États-Unis. Jay Bulger pointe avec force la lente disparition d'un esprit olympique, social et solidaire au profit d'un appât du gain qui met en faillite tout logique sportive. Les vrais champions de l'Amérique désormais sont ceux qui perdent avec dignité.

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Shimmer Lake (Oren Uziel, 2017, 1h23)

Ce pur film de scénariste autour d'une histoire de braquage qui finit par mal tourner exploite avec intelligence sa narration qui remonte le temps pour mieux nous en délivrer le mystère. Les acteurs et la mise en scène sont au diapason d'un premier essai convaincant.

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Rodney King (Spike Lee, 2017, 52 minutes)

Spike Lee filme ici le long monologue de l'acteur Roger Guenver Smith (Do The Right Thing, Summer of Sam, American Gangster...) autour de la vie de cet Afro-Américain à l'origine des émeutes de Los Angeles en 1992 après l'acquittement des policiers qui l'avaient battu aux yeux du monde. Un texte puissant sur un destin accidenté porté par une performance habitée.

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Ne t'endors pas (Mike Flanagan, 2017, 1h37)

L'histoire d'un couple qui, quelques années après avoir perdu son enfant, en adopte un autre aux étranges pouvoirs. Une approche poétique et profondément humaine du film fantastique servie par une esthétique soignée, entre rêve et cauchemar.

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Small Crimes (E. L. Katz, 2017, 1h35)

Coscénarisé par Macon Blair, le réalisateur de I Don't Feel At Home In This World Anymore, ce thriller porté par Nikolaj Coster-Waldau (Game of Thrones) emporte l'adhésion par le masochisme avec lequel il traite son personnage tentant de se réinsérer à sa sortie de prison.

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Win It All (Joe Swanberg, 2017, 1h26)

Figure centrale du mouvement Mumblecore, Joe Swamberg reste fidèle ici à son approche lo-fi et impressionniste selon laquelle le personnage transcende le récit. Jake Johnson (New Girl), également coscénariste, est attachant en loser accro au jeu en quête de réhabilitation.

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The Discovery (Charlie McDowell, 2017, 1h26)

Robert Redford, Jason Segel, Rooney Mara… Pour son deuxième film, Charlie McDowell (The One I Love) a vu grand côté casting pour cette dystopie où la Terre connaît une folle inflation du nombre de suicides depuis qu'un scientifique a déclaré avoir des preuves de la vie après la mort. Son approche de la science-fiction, ancrée sur le drame humain, n'en garde pas moins une certaine modestie. Rooney Mara est parfaite, as usual.

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Imperial Dreams (Malik Vitthal, 2017, 1h27)

Présenté quelques années plus tôt à Sundance, ce drame intimiste sur un jeune père afro-américain qui tente de retrouver une vie normale après sa sortie de prison a fini par traverser l'Atlantique. L'occasion d'admirer la performance poignante de John Boyega.

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I Am the Pretty Thing That Lives in the House (Osgood Perkins, 2016, 1h29)

Sur une plateforme où priment les effets de scénario, cette histoire de fantôme signée du fils d'Anthony Perkins tranche par la puissance de son esthétique qui vire presque à l'abstraction (et au vide). Une vraie curiosité.

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Jadotville (Richie Smyth, 2016, 1h48)

Jadotville nous replonge avec une belle maîtrise dans une page injustement oubliée de l'histoire, soit l'envoi dans le cadre d'une opération des Nations unies de soldats irlandais dans l'État sécessionniste du Katanga en Afrique, peu après l'assassinat de Patrice Lumumba. Sur place, rien ne se passera comme prévu, au grand dam de ces gardiens de la paix bien éloignée de leur patrie. Guillaume Canet, en chef des mercenaires, et Emmanuelle Seigner, en descendante de colons, complètent l'affiche.

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Barry (Vikram Gandhi, 2016, 1h44)

En s'attachant aux années Columbia du jeune Barack Obama, Vikram Gandhi livre un film touchant sur la difficulté de s'intégrer quand on est le fruit du mélange de deux cultures. Un biopic fin et sensible.

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Les Casques blancs (Orlando Von Einsiedel, 2016, 40 min)

Oscar du meilleur court métrage documentaire, le film d'Orlando Von Einsiedel ouvre une fenêtre sur le quotidien de ces secouristes bénévoles des zones rebelles en Syrie. Le portrait poignant d'un pays résilient malgré la tragédie de la guerre.

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Audrie & Daisy (Bonni Cohen & Jon Shenk, 2016, 1h38)

Avant le succès de la série 13 Reasons Why, ce documentaire s'intéressait au problème douloureux du harcèlement en ligne en donnant la parole aux victimes et à leurs proches. Un récit particulièrement touchant sur l'effet dévastateur d'agressions sexuelles filmées à l'insu de jeunes femmes qui ne finissent plus d'en payer le prix.

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Tony Robbins: I Am Not Your Guru (Joe Berlinger, 2016, 1h56)

Ce documentaire signé Joe Berlinger, à qui l'on devait déjà un film jubilatoire sur la thérapie des membres du groupe Metallica, nous plonge au cœur d'un séminaire de six jours d'une des stars du développement personnel aux États-Unis. Le résultat, sans aucun jugement, est fascinant, notamment par les témoignages intenses que Tony Robbins arrive à faire accoucher chez ceux qui sont venus l'écouter.

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Beasts Of No Nation (Cary Joji Fukunaga, 2015, 2h17)

Pour son tout premier film de fiction labellisé «Original», Netflix n'était pas allé à la facilité avec cette histoire à la fois touchante et dure d'enfants soldats embrigadés auprès d'un rebelle charismatique interprété par Idris Elba. Toujours juste, le film de Cary Joji Fukunaga, à peine sorti de True Detective, portait la promesse d'un cinéma à visée internationale ambitieux. Joli départ.

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Tig (Kristina Goolsby & Ashley York, 2015, 1h31)

Ce documentaire modeste touche une corde sensible en suivant la comédienne Tig Notaro dans la préparation de son nouveau spectacle. En 2012, tout juste diagnostiquée d'un cancer, elle écrit un one-woman-show sur sa maladie. La bande audio connaît un important succès viral. Des mois plus tard, une fois le traitement terminé, comment faire rire à nouveau quand le corps et l'esprit se remettent à peine? Quelle juste distance trouver avec sa maladie? Quel sens donner à sa vie? Autant de questions joliment effleurées.

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Hot Girls Wanted (Jill Bauer & Ronna Gradus, 2015, 1h22)

Sur un sujet choc –les jeunes femmes se lançant dans le porno amateur–, Jill Bauer et Ronna Gradus signent un documentaire à la fois alarmant sur l'avidité d'un système en constante recherche de chair fraîche, et humain par la place laissée à ses actrices en herbe d'exprimer à la fois leurs espoirs et leurs désillusions. Le film a par la suite été décliné en série.

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Mitt (Greg Whiteley, 2015, 1h33)

En France, on a eu le film de Yann L'Hénoret Les Coulisses d'une victoire sur la campagne Macron vécue de l'intérieur. Aux États-Unis, il existe un équivalent avec Mitt, pour un résultat tout différent. Le réalisateur Greg Whiteley a suivi la famille Romney le temps des deux campagnes perdues de 2008 et 2012. Devancé par McCain pour l'investiture républicaine, le candidat est ensuite choisi pour défier le président sortant quatre ans plus tard. Une vision de ce qu'est une campagne politique approchée par la face intime, avec quelques scènes très fortes, comme ce presque soulagement de ses proches au moment de l'annonce de sa défaite.

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The Battered Basterds of Baseball (Chapman & Maclain Way, 2014, 1h20)

Autant ce documentaire n'a strictement aucun intérêt formel, alternant images d'archives et interviews posées, autant l'histoire qu'il raconte est particulièrement jouissive. Soit, dans les années 1970 à Portland, le lancement d'une franchise de baseball totalement indépendante par le passionné papa de Kurt Russell, avec une armée de marginaux et autres rejetés du monde professionnel prêts à montrer ce qu'ils valent vraiment. Bien sûr, la sauce prendra comme par magie avant que les tenants de l'ordre viennent siffler la fin de la partie. Passionnant.

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ÇA SE TENTE BIEN (83 films)

Opération finale (Chris Weitz, 2018, 2h03)

Oscar Isaac, Ben Kingsley, Mélanie Laurent… Le casting de ce film historique vaut à lui seul le détour. Opération finale raconte comment le Mossad au début des années 1960 a enlevé Adolf Eichmann en Argentine pour permettre qu'il soit jugé en Israël. Si le face à face entre le fonctionnaire nazi et le rescapé de l'horreur est prenant, l'ensemble manque un peu de souffle et de mordant pour emporter totalement le morceau.

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Le Troisième œil (Rocky Soraya, 2018, 1h47)

Une jeune fille comprend peu à peu qu'elle a le pouvoir de voir les fantômes de personnes décédées. Mais pourquoi ont-ils décidé de hanter la maison de son enfance ? Sur un scénario somme toute assez classque, ce film d'épouvante indonésien signé Rocky Soraya donne corps dans ces meilleures scènes à une imagerie prenante.

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Deux Catalogne (Gerardo Olivares et Álvaro Longoria, 2018, 1h56)

Ce documentaire se penche sur la crise politique qui oppose les partisans d'une Catalogne indépendante et le pouvoir central, avec un très fort raidissement des positions depuis un peu plus d'un an. S'il donne parfaitement à entendre les arguments de chacun et le défi démocratique posé, le film perd de sa force à rendre compte en détail de chaque micro péripéties.

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Lettres de Dunblane : retour sur une fusillade (Kim A. Snyder, 2018, 0h23)

En 2012, aux États-Unis, une fusillade au cœur de l'école primaire de Sandy Hook fait 20 morts. Le prêtre de la ville reçoit alors une lettre d'un autre prêtre, écossais, qui partage avec lui cette expérience difficile d'un deuil impossible. Lui-même a fait face aux mêmes épreuves en 1996 à Dunblane. Ce court métrage donne à entendre leur touchante correspondance et cette douloureuse quête d'un peu de lumière et d'apaisement face à l'adversité.

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L'ange du Mossad (Ariel Vromen, 2018, 1h45)

Ce thriller historique est inspiré de l'histoire vraie d'Ashraf Marwan. Gendre du président égyptien Nasser, il servait en parallèle au tourant des années 1970 d'informateur pour Israël tentant d'empêcher par tous les moyens une escalade de la violence dans la région. Si L'Ange du Mossad ne brille pas par l'éclat de sa mise en scène, le scénario basé autour des événements de la guerre de Kippour se suit sans déplaisir.

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Sierra Burgess is a loser (Ian Samuels, 2018, 1h45)

Le personnage de la jeune intello introvertie qui fait alliance avec la plus jolie fille du lycée pour décrocher chacune l'homme de leur rêve était prometteur sur le papier. Dans les faits ça donne une comédie romantique attachante en plein d'endroits mais aussi débordants de petites maladresses et autres mauvases ficèles scénaristiques qui font de Sierra Burgess is a loser une entrée très moyen de gamme du genre.

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La Femme la plus assassinée du monde (Franck Ribière, 2018, 1h45)

Ce film historique inspiré en partie de la vie de Paula Maxa, une actrice de grand guignol de l'Entre-deux-guerres à Paris mise à mort près de 30 000 fois sur scène, respire l'amour des séries B d'épouvante. Mais plutôt que d'aborder le genre frontalement, Franck Ribière sonde le trouble d'une comédienne (brillante Anna Mouglalis) confrontée soir après soir à la peur et l'angoisse et rend hommage au travail d'effets spéciaux de Paul Ratineau, dont on utilise toujours le sang artificiel au cinéma et au théâtre aujourd'hui. Dommage que l'intrigue principale et ses ramifications autour du journaliste sobrement interprété par Niels Schneider peine à pleinement emporter le spectateur malgré un travail convaincant pour restituer l'atmosphère de cette scène à part.

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Nouvelle génération (Kevin R. Adams et Joe Ksander, 2018, 1h45)

La morale et l'intrigue de ce film d'animation américain inspiré d'un manga chinois ne brillent pas par leur originalité. Nouvelle génération suit l'histoire d'une jeune fille sans père et solitaire qui trouvera à se réconcilier avec la vie grâce à l'amitié d'un robot pas comme les autres. La paire en profitera pour affronter un complot visant à envahir la planète de machines malveillantes. L'action est plutôt bien menée et les robots ont un design attachant. On est toutefois encore bien loin du standard de qualité Pixar.

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City of joy (Madeleine Gavin, 2018, 1h16)

D'un sujet grave – les (trop) nombreuses victimes de viols et de violences sexuelles en République démocratique du Congo –, Madeleine Gavin tire un documentaire porteur d'espoir sur la nécessité de permettre à ces femmes de se réconcilier avec leur corps et leur capacité à tourner cette page douloureuse dans la joie. Un exemple inspirant de résilience autant qu'un appel à la communauté internationale à ne plus détourner le regard sur cette situation dramatique.

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Perdida (Alejandro Montiel, 2018, 1h43)

En Patagonie, une adolescente disparaît un soir après une virée dans un bar entre amies. Des années après, l'une d'entre elles, devenue policière, se décide à relancer l'enquête visant à savoir ce qui s'est vraiment passée cette nuit-là. Malgré une mise en scène un peu plate, ce polar ibérico-argentin s'appuie sur de forts personnages féminins pour dessiner de manière réaliste un monde corrompu par la violence des hommes.

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El Autor (Manuel Martín Cuenca, 2018, 1h54)

Trompé par sa femme qui vient de publier un roman remarqué, un notaire décide de tout plaquer pour réaliser son rêve d'écrire lui-même un livre. Il se lie alors avec ses nouveaux voisins et s'immisce peu à peu dans leur vie pour donner corps à ses personnages. Un petit jeu pervers et de plus en plus dangereux. S'il manque d'un poil de démesure, ce film espagnol sur les affres de la création se regarde avec plaisir de bout en bout, dessinant en creux une galerie de personnages réussies sur fond de crise.

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Zion (Floyd Russ, 2018, 0h11)

Ce documentaire d'une dizaine de minutes seulement nous présente Zion Clark, un lutteur américain né sans jambes qui a été abandonné par ses parents peu après sa naissance avant de passer de famille d'accueil en famille d'accueil jusqu'à finalement être adopté à l'âge de 16 ans et trouver à s'accomplir dans le sport. Une certaine idée touchante de la résilience.

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Extinction (Ben Young, 2018, 1h35)

Avouons-le, tout l'intérêt de ce film de science-fiction tient sur son twist qui donne soudain un peu d'intérêt et de propos à une série B jusque-là plutôt terne. Soit l'histoire de Peter, un père de famille hanté par des images d'invasion d'une force mystérieuse venant jusqu'à menacer sa famille. Malgré l'angoisse qu'elles font peser sur son foyer, lui veut voir dans ses visions le signe annonciateur d'une catastrophe à venir. Son pire cauchemar serait-il sur le point de devenir réalité ?

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L'Avertissement (Daniel Calparsoro, 2018, 1h32)

Ce thriller confirme l'intérêt grandissant de Netflix pour les productions espagnoles à la suite du succès de La Casa del Papel. S'il est question d'un braquage ici, celui-ci tourne rapidement au drame laissant le meilleur ami de notre protagoniste principal aux portes de la mort. Essayant de comprendre les circonstances du drame, Jon découvre une série de faits divers ayant lieu à intervalle irrégulier tous le même jour au même endroit. Son ami est-il victime d'une malédiction ou lui-même est-il en train de devenir fou ? L'Avertissement se suit de bout en bout avec plaisir grâce à un scénario malin qui enchevêtre les fils et les pistes narratives pour ne livrer son secret qu'à la fin.

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Father of the Year (Tyler Spinde, 2018, 1h34)

Tout juste diplômé de l'université, Ben est destiné à un emploi prometteur à New York quand il retourne avec son meilleur dans la ville de leur enfance voir son père. C'est alors que les ennuis commencent mettant en péril tout ce qu'il a construit. Cette comédie catastrophe à l'humour volontairement potache se démarque par un esprit bon enfant assez communicatif. Pour ne rien gâcher, la sous-intrigue romantique du film offre à Bridgit Mendler une rôle plus que séduisant de girl next door particulièrement enjouée.

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How It Ends (David M. Rosenthal, 2018, 1h53)

Cette nouvelle déclinaison post-apocalyptique ne va pas sans son lot de frustrations. Très vite, on peine à voir où le film veut en venir, le récit prisonnier d'une succession d'obstacles qui tire sur la répétition. Sans compter une fin bâclé qui cherche une sortie par le vide. Ce sous Walking Dead peut néanmoins compter sur une certaine atmosphère et deux belles performances d'acteurs, Forest Whitaker apportant notamment une épaisseur remarquable à ce personnage de père aimant jusqu'à en devenir véritablement menaçant.

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Godzilla, la ville à l'aube du combat (Hiroyuki Seshita et Kōbun Shizuno, 2018, 1h41)

Ce deuxième volet d'une trilogie d'anime japonais autour du monstre légendaire a les qualités et les défauts du premier. Les aventures de nos héros en mal d'une planète hospitalière de retour sur Terre pour défaire la bête dépeignent avec précision les enjeux dramatiques liés à la rencontre d'une tribu de survivants qui vivent enfouis reléguant l'action seulement à la toute fin du film. Le titre annonce la couleur, nous ne sommes bien là qu'à l'aube du combat.

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My Deer Hunter Dad (Jody Hill, 2018, 1h23)

Cette comédie autour d'un père qui tente de se reconnecter à son fils adolescent en l'amenant à la chasse aux cerfs doit beaucoup à la complicité du duo d'acteurs Josh Brolin et Danny McBride. Le premier interprète un paternel imbu de lui-même terriblement humain, le second un fidèle caméraman amoureux et dévoué, mais qui ne maîtrise pas bien tous les codes. Par contre, l'alternance de scènes comiques et d'autres un peu plus graves tend à désamorcer le rire comme la tension dramatique, l'ensemble n'en restant pas moins par instant touchant.

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Recovery Boys (Elaine McMillion Sheldon, 2018, 1h29)

Après le moyen métrage Heroin(e), qui s'intéressait aux destinées de femmes engagées dans la guerre contre les opioïdes, Elaine McMillion Sheldon prolonge son exploration de la thématique avec Recovery Boys. Cette fois-ci, son documentaire prend pour cadre un tout nouveau centre de désintoxication qui vise à isoler les addicts dans une petite communauté agricole. Inégal dans l'intérêt des différents personnages que le film suit, Recovery Boys touche à quelque chose de fort avec le destin de Jeff, tout premier toxico à étrenner la structure. Ce jeune père de famille en souffrance de la séparation avec ses filles, toujours sur le fil de la rechute, pointe les limites d'un système rigide qui au final punit lourdement ceux qui ne savent plus marcher droit.

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Brain on Fire (Gerard Barrett, 2018, 1h35)

Inspiré d'une histoire vraie, Brain on Fire est le récit d'une lente descente aux enfers. Celle d'une jeune journaliste new-yorkaise dont l'esprit craque peu à peu gagné par une forme de folie sans qu'un diagnostic soit clairement posé. Chloë Grace Moretz est convaincante en Susannah Cahalan, du nom de la véritable reporter qui travaillait pour le New York Post quand elle connut ses terribles ennuis de santé. Carrie-Anne Moss et Richard Armitage notamment complètent le casting.

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La enfermedad del domingo (Ramón Salazar, 2018, 1h53)

Ce drame espagnol centré sur les retrouvailles entre une mère, célèbre actrice, et sa fille qu'elle avait abandonnée enfant déploie une imagerie riche de mystères, autour de l'univers de la forêt notamment, qui fait pencher l'ensemble du côté du conte. Ramón Salazar a la bienveillance de ne jamais chercher à surexpliquer le rapport qui se noue entre les deux personnages, renforçant ainsi sa terrible ambiguïté entre pulsion de vie et désir de mort.

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Le mariage d'Ali (Jeffrey Walker, 2018, 1h50)

Cette comédie romantique australienne est inspirée de la vie de son scénariste et acteur principal Osamah Sami. Membre de la diaspora irakienne, voilà le jeune homme, fils d'un brillant imam respecté de tous, promis à un mariage arrangé et à une carrière de docteur. Sauf qu'après avoir échoué à l'examen d'entrée à l'université, il se décide à mentir sur ses résultats plutôt qu'à décevoir les espoirs placés en lui. Et se retrouve pris au piège, tiraillé entre sa culture d'origine et celle plus libérale de son pays hôte. Portée par le charme charismatique de son interprète et une attention bienveillante accordée à ses personnages, cette comédie romantique feel good joue de manière plaisante avec les questionnements liés à l'identité et au tradition tout en portant un discours gentiment progressiste sur le droit à disposer de soi-même, hommes et femmes compris.

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Le Carnet de Sara (Norberto López Amado, 2018, 1h55)

Ce film espagnol nous immerge au Congo à travers la quête d'une avocate madrilène qui recherche dans la jungle sa sœur disparue quelques années plus tôt alors qu'elle travaillait pour une ONG. Cette histoire familiale prend à la fois les atours d'un drame et d'une aventure périlleuse mettant en lumière les conflits d'un pays tiraillé par la violence. Le tout traité avec sobriété et humanité.

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Cargo (Ben Howling et Yolanda Ramke, 2018, 1h45)

Avec Le Rituel, Les Affamés et maintenant Cargo, les amateurs de survivalists sont gâtés en ce début d'année. Même s'il faut bien avouer que le film signé Ben Howling et Yolanda Ramke s'apparente au plus faible des trois, la faute à une caractérisation très flottante des personnages et de l'environnement dans lequel ils évoluent. Pour le reste, Martin Freeman, aperçu dans Sherlock et Fargo, s'en sort très bien pour incarner avec une forme de distance ce père de famille perdu dans un outback menaçant avec la charge de son bébé. Et les deux réalisateurs savent tirer partie de l'originalité de leur décor. Pour ne rien gâcher, l'entame et la fin du film sont particulièrement soignés.

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Catching feelings (Kagiso Lediga, 2018, 2h04)

Cette production sud-africaine est comme construite en deux parties, malheureusement d'inégales valeurs. La première, très enlevée, nous présente nos deux personnages principaux, un universitaire et sa femme journaliste, au travail, chez eux ou avec des amis. On y discute amour, bonheur, désir, racisme, appropriation culturelle dans une suite d'échanges stimulants et ouverts. Puis une figure d'écrivain blanc célèbre exilé après la fin de l'apartheid vient perturber la vie du couple , diluant peu à peu le propos politique en une suite de beuveries et de jalousies. Un poil dommage.

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The Kissing Booth (Vince Marcello, 2018, 1h45)

Netflix aime décidément les films d'ados, les comédies romantiques et les comédies romantiques mettant en scène des ados. Ici, Elle a noué une relation d'amitié très forte avec Lee, pour laquelle ils ont inventé tout un tas de petites règles. Sauf qu'au lycée, la voilà attirée par le grand frère de celui-ci. De quoi mettre en péril leur amitié. Ce drôle de récit d'apprentissage se démarque par quelques effets clinquants de mise en scène, comme pour en surligner la modernité, mais surtout la légèreté toujours bienveillante et jamais grossière ou idiote de son personnage principal, heureuse de s'affirmer et de laisser peu à peu sa petite empreinte sur un monde plus large que les drôles de jeux de son enfance.

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Pardonnez-nous nos dettes (Antonio Morabito, 2018, 1h44)

Ce film italien suit la trajectoire morale d'un chômeur qui se retrouve soudain dans l'impossibilité de rembourser ses dettes. Il propose alors d'aider à recouvrir celles des autres gratuitement jusqu'à avoir remboursé ce qu'il doit. Accompagné d'un mentor diabolique, il apprend alors à utiliser tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Au risque de se perdre. Une fable politique grinçante qui perd peu à peu de sa force dans les atermoiements attendus de notre héros.

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Fin de partie : repenser la vie et la mort (Rob Epstein et Jeffrey Friedman, 2018, 0h40)

Ce moyen métrage documentaire s'intéresse à une unité médicale qui accueille des patients souffrant de longues maladies. On y réfléchit à comment aborder l'approche de la mort. Les questions qui se posent alors aussi bien d'un point de vue très concret que spirituel. Car comme le souligne un des médecins, on a beau se faire à l'idée que l'on va mourir, quand le moment approche pour de bon, c'est un puissant instinct de vie qui soudain nous étreint.

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Candy Jar (Ben Shelton, 2018, 1h32)

Leurs mères se détestent, ils ne s'entendent sur rien, mais le sort va les pousser à coopérer. Ils, ce sont Bennett et Lona, deux lycéens débatteurs hors pairs qui rêvent d'intégrer Yale et Harvard. Cette nouvelle comédie romantique Netflix ne brille toujours pas par l'inventivité de son scénario, qui bouscule peu les conventions du genre. Le jeune duo d'acteurs, un chouette cast de seconds rôles d'Helen Hunt à Christina Hendriks en passant par Uzo Aduba (Suzanne dans Orange is The New Black) et un traitement tendre de leur profonde inadaptation à la vie touchent toutefois une corde sensible.

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Kodachrome (Mark Raso, 2018, 1h37)

Cette histoire d'un fils en pleine crise existentielle qui part dans un road trip avec son père mourant, photographe de renom s'étant très peu occupé de lui, et l'assistante de vie de celui-ci est cousue de fil blanc. Chaque rebondissement est prévisible, tout comme les trajectoires de ses personnages abîmés par la vie en quête d'un peu de paix. Pourtant, le charme opère tout du long par la force d'une sensibilité dans l'approche du sujet, de très chouettes performances d'acteurs, notamment d'Ed Harris en patriarche retors, et d'une bande-son impeccable. Un film où deux personnages écoutent un vinyle de Galaxie 500 peut-il être foncièrement mauvais?

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Les Potes (Olivia Milch, 2018, 1h37)

Ce teenage movie est un drôle d'objet. Un pied dans l'hédonisme d'une jeunesse qui aime boire, fumer et faire la fête. Un autre dans un fond plus grave où il est question de deuil, de viol, d'épreuves qui pèsent sur les personnages sans jamais à chercher à les victimiser. Cette drôle de collusion ajoute une petite touche réaliste en terme d'expériences et de sentiments à un film qui ressemble pour le reste aux productions typées du genre.

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Je ne suis pas un homme facile (Éléonore Pourriat, 2018, 1h38)

La nouvelle comédie française de Netflix se présente comme une joyeuse dystopie plongeant, à la suite d'un choc, un homme un peu coureur et macho (Vincent Elbaz) dans une société matriarcale. Le film d'Éléonore Pourriat s'amuse alors à travers une foule de petits détails à inverser les rôles dans lesquels se trouvent les hommes et les femmes. Ces premiers s'épilent, s'apprêtent, sont objectivés, restreints à des tâches inférieures, sont sensibles à une horloge biologique… Un jeu de décalage, qui, au final, prend pas mal de place dans le film (presque trop) et vient pervertir la rencontre de notre héros avec Alexandra (touchante Marie-Sophie Ferdane), puissante femme de lettres et croqueuse d'hommes en mal d'inspiration. Si la suite de péripéties rentre dans les canons d'une comédie romantique très classique, on saura gré à Éléonore Pourriat de ne pas totalement effacer son questionnement politique face à la bonne conduite de son récit.

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La Quatrième compagnie (Amir Galván Cervera et Mitzi Vanessa Arreola, 2018, 1h56)

Inspiré d'une histoire vraie, ce film mexicain retrace la folle épopée d'une équipe de football américain montée au sein même d'une des prisons les plus dures du pays pour participer à une ligue amateur. En sous-main, ses membres aident l'administration à contrôler l'établissement, assumant toute une série de basses œuvres. Long métrage sans concession sur la violence du monde carcéral et ses dérives, La 4e Compagnie en interroge de manière intéressante les causes et les effets. L'ensemble un peu long malgré une mise en scène soignée aurait gagné à davantage de tension.

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Amateur (Ryan Koo, 2018, 1h36)

Cette histoire d'un jeune prodige du basket qui découvre la cupidité d'établissements prêts à tout pour attirer les meilleurs joueurs bénéficie de la fraîcheur de son interprète Michael Rainey Jr et de la performance impeccable d'ambivalence de Josh Charles, le Will Gardner de The Good Wife. Amateur défend ainsi un plaisir du jeu qui résonne bien au-délà des terrains. Plus que la dérive business d'un sport qui fait miroiter à de nombreux adolescents une porte de sortie vers la sécurité matérielle, c'est l'hypocrisie et le mensonge inhérent au système qui sont ici pris pour cible.

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Mon premier combat (Olivia Newman, 2018, 1h41)

C'est l'archetype du film indépendant américain solide. L'histoire d'une lycéenne élevée par une famille d'accueil qui se retrouve du jour au lendemain à la rue et va tenter de se reconnecter avec son père, un ancien lutteur tout juste sorti de prison. Olivia Newman saisit bien ici la précarité de ses vies, le combat pour la survie qui prend ici un sens très littéral. La relation tendre et complexe entre l'adolescente et son père est particulièrement réussie, grâce au jeu tout en nuance de ses interprètes. Le film a remporté un prix du public au festival South by Southwest.

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Happy Anniversary (Jared Stern, 2018, 1h18)

Cette comédie romantique avec Noël Wells (Master of None) et Ben Schwartz (Parks and Recreation) se regarde comme vivent les couples. L'entame du film, toute en dialogues percutants, est pétillante. L'opération séduction marche à merveille. Mais ensuite, la routine s'installe. Et cette histoire d'un couple en plein doute le jour de l'anniversaire de ses trois ans revient sur tous les rails classiques du genre, à coups de quiproquos et renversements (attendus) de situation. On finit par accepter le confort d'un film servi par deux interprètes pleins de charme.

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Layla M. (Mijke de Jong, 2018, 1h48)

Présenté au festival de Toronto en 2016, Layla M. arrive près de dix-huit mois plus tard sur nos contrées bardée de la bannière Netflix Original. Portrait d'une jeune fondamentaliste néerlandaise en voie de radicalisation, le film fait écho à l'actualité brûlante de ces dernières années en choisissant de faire corps avec son personnage. D'Amsterdam à Ammam, de la famille, à la religion, à l'amour, Layla cherche ce lieu où elle se sentirait enfin elle-meme, en accord avec ses envies, ses convictions. Une quête moins absolue qu'intime qui pose un regard interrogateur et décontenancé sur le monde qui nous entoure.

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Paradox (Daryl Hannah, 2018, 1h13)

Paradox, le film de Daryl Hannah tourné avec Neil Young et les musiciens de Promise of the Real en marge de leur tournée, remplit une case qu'on se désespérait un jour de voir nourrie chez Netflix et son algorithme : l'objet filmique non identifié. Ce délire à l'aura étrange pâtit certes du manque évident de moyen et de préparation pour tout ce qui touche à l'intrigue. Toutefois, le plaisir évident des musiciens à jouer ainsi que la teneur politique en phase avec l'univers du musicien tienne un ensemble poétique fragile. Reste surtout la musique de Neil Young qui de ballades élégiaques en acoustique en déflagrations électriques sur scène garde ici intact son pouvoir de sidération.

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Roxanne Roxanne (Michael Larnell, 2018, 1h40)

Pour qui ne connaît pas Roxanne Shante, la première MC star du hip-hop, son biopic Roxanne Roxanne ne donnera qu'un aperçu assez lointain de l'impact qu'elle a pu avoir encore adolescente au milieu des années 1980. La New-Yorkaise ouvrira la voie à de nombreuses autres femmes qui n'ont pas la langue dans leur poche, à l'image de Nicki Minaj. Si le film de Michael Larnell passe un peu à côté du grand tableau, outre un gimmick répétitif avec le futr Nas, il touche à quelque chose de juste versant intime, avec ce portrait de femme ballottée d'un monde violent à un autre avec une verve hors du commun et un bel esprit de résilience. Les performances des différents interprètes de Chanté Adams à Mahershala Ali, oscarisé pour Moonlight, sont impeccables.

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Take Your Pills (Alison Klayman, 2018, 1h27)

Ce documentaire américain met en exergue la culture compétitive qui a entraîné l'explosion de la prise de médicaments stimulants les facultés mentales du type Adderall. Fort de nombreux témoignages, le film d'Alison Klayman montre parfaitement le boost cognitif ou simplement de confiance en soi que permet leur prise ainsi que les nombreux dangers et dérives qu'elle entraîne. Essentiellement pour cette masse de personnes qui n'en a aucune nécessité médicale mais court inexorablement après cette obsession si contemporaine de la performance.

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Steel Rain (Yang Woo-Seok, 2018, 2h19)

Victime d'un coup d'État, le leader de la Corée du Nord s'enfuit en Corée du Sud accompagné d'un simple agent de sécurité en charge de sa protection et de sa famille. Sur place, ce dernier a la lourde tache de le maintenir en vie et d'obtenir la coopération des autorités pour rétablir la situation et éviter le déclenchement d'une guerre nucléaire. Très vite, il trouve le soutien du chef des affaires de sécurité étrangère. En plus de nombreuses scènes d'action réussies, ce thriller politique plaidant pour un apaisement des relations entre les deux Corées bénéficie de l'alchimie entre ses deux personnages principaux – l'homme d'action mutique/le haut fonctionnaire débonnaire – qui en fait un buddy movie un poil long mais parfaitement aimable.

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Mute (Duncan Jones, 2018, 2h06)

La référence est là. Écrasante. Difficile de ne pas penser à Blade Runner face à ce Berlin futuriste et nocturne et ce scénario de film noir. Ce n'est pas l'aspect le plus problématique de Mute. Au contraire même. Le long métrage de Duncan Jones baigne dans décor de science fiction plutôt riche et agréable à regarder tout en bénéficiant d'une atmosphère joliment mutante et décadente. Le souci ici a moins à voir avec la forme qu'avec le fond. À l'inverse du chef-d'œuvre de Ridley Scott, Mute ne semble déployer que des enjeux purement scénaristiques liés à la quête de son personnage principal, un géant muet à la recherche de celle qu'il aime. Le film ne questionne ou ne dépasse jamais son sujet pour vouloir lui faire dire quelque chose de nous, de notre condition humaine. Au point que la ligne d'horizon de ce nouvel ajout Netflix semble vraiment ses longs métrages de Luc Besson dont le panache visuel n'a d'équivalent que la minceur de la narration. Au final, Mute est comme prisonnier de son personnage muet. Reste le duo truculent Paul Rudd et Justin Theroux, amusant à regarder presque de bout en bout, qui là encore malheureusement n'apporte pas grand chose au Schmilblick sinon jouir de son propre spectacle.

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Mon âme sœur (Stéphanie Lang, 2018, 1h36)

Le mieux est parfois l'ennemi du bien. Voilà, la leçon (convenue) que tire l'héroïne de Mon âme sœur. Et voilà la conclusion à laquelle on souscrit également après le visionnage de cette comédie romantique qui déjoue pourtant habilement quelques codes du genre. Soit l'histoire d'Abbie (Gugu Mbatha-Raw, déjà aperçue dans Black Mirror ou The Cloverfield Paradox sur Netflix) qui, atteinte d'un cancer, décide de chercher sa future remplaçante auprès du gentil Sam (Michiel Huisman, aperçu dans Game of Thrones, sur HBO donc). Sauf que voilà, la trame romantique n'est ici qu'un prétexte à traiter la question du deuil autour d'un casting de seconds rôles trois étoiles (Christopher Walken, Steve Coogan, Kate McKinnon…) réduits chacun à quelques scènes éparses. Plongé dans un New York de carte postale, ce couple pris dans la tourmente n'en est pas moins touchant grâce notamment au charisme de son interprète principale, dont le jeu très naturel tempère l'artificialité de l'ensemble. On en laisserait même couler quelques larmes sur le final.

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L'Amour au mètre carré (Anand Tiwari, 2018, 2h13)

«C'est le sentiment le plus vieux au monde, mais il semble nouveau à chaque fois.» C'est ainsi que Sanjay, un des héros du film, parle de l'amour. La formule pourrait également s'appliquer aux meilleures comédies romantiques. Mis en ligne le jour de la Saint-Valentin, L'Amour au mètre carré n'est pas tout à fait de ce calibre-là. La faute à un scénario souvent un peu trop prévisible qui tire en longueur dans sa deuxième partie. Ce film indien prenant pour prétexte l'histoire de deux collègues pris dans des relations compliqués qui décident de se lancer dans un mariage blanc afin d'accéder à la propriété et à leur indépendance n'en manque pas moins de charme. La mise en scène est soignée, offrant notamment de jolis plans de Bombay. Et le duo d'acteurs principaux fonctionne à la perfection, plus proche des canons de jeux occidentaux que de l'image que l'on se fait de Bollywood. Ils offrent en tout cas un fond d'humanité touchant à leurs personnages, qui se débattent au milieu d'une suite de quiproquos. Si le film bouscule joliment certaines normes, on regrettera qu'au final il finisse par rentrer tranquillement dans le rang.

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Blockbuster (July Hygreck, 2018, 1h25)

En 2016, Netflix achetait les droits de diffusion de Divines, le film de Houda Benyamina, s'offrant ainsi son premier Original français. Celui-ci est disponible partout dans le monde sauf ici, la sortie cinéma empêchant toute exploitation en ligne pour une durée de trois ans. Blockbuster de July Hygreck a donc la lourde tâche d'incarner le premier en France sous bannière Netflix ce changement de paradigme dans la distribution. Financée à l'origine en partie à l'aide d'une souscription participative, cette comédie romantique a le mérite d'une certaine fraîcheur, dans un genre souvent très calibré qui a plusieurs fois sombré l'an passé dans le malaise. On y suit les mésaventures de Jeremy (Syrus Shahidi) et Lola (Charlotte Gabris), un couple en crise après que la jeune femme, fan de super-héros, découvre que leur rencontre est basée en réalité sur un mensonge. Si le film n'est pas exempt de maladresses avec quelques blagues un peu lourdes et des personnages secondaires qui peinent à exister réellement, il bénéficie néanmoins du charme de ses principaux intérprètes, d'une brochette de guests savoureuse et d'une manière assez fine de coller à l'air du temps. Avec son esthétique qui doit autant aux bricolages de Michel Gondry, mentor assumé du film, qu'à YouTube et Instagram, Blockbuster questionne au passage le rapport à la vérité et à la mort de cette génération d'adulescents qui aime tant à s'arranger avec la réalité. Intégrant jusque dans la mise en scène cette relation hybride au monde induite par le pouvoir accordé à nos imaginations. Pour le meilleur comme pour le pire.

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Godzilla: la planète des monstres (Kobun Shizuno et Hiroyuki Seshita, 2018, 1h28)

Présenté sur la plateforme comme une série, ce Godzilla Original est en réalité une nouvelle trilogie de films animés consacrée au célèbre monstre japonais. Le premier volet, La Planète des monstres, est sorti en salle à l'automne dernier au Japon. Netflix en assure la distribution à l'international. Le film prend pour point de départ une série de cataclysmes ayant donné naissance à la fin du XXe siècle à un Godzilla surpuissant qui par sa force de destruction a poussé les humains à quitter la Terre. Aux côtés d'autres extraterrestres, ils errent dans l'espace à la recherche d'une nouvelle planète habitable. En vain. Pour certains, il est temps de retourner sur la Terre et affronter la bête. Porté par une belle animation fluide, ce Planète des monstres pose habilement ses personnages et ses enjeux avant de s'enfermer peu à peu dans un récit pré-écrit. Si le monstre est réussi, il tient ici une partition plutôt discrète laissant espérer une montée en puissance pour la suite.

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Le Roi de la polka (Maya Forbes, 2018, 1h34)

Inspirée d'une histoire vraie, cette comédie avec Jack Black suit la figure attachante de Jan Lewan, un chanteur polonais naturalisé américain installé en Pennsylvannie. Pour financer ses activités artistiques et commercialces, ce « roi de la polka » a un jour l'idée de demander à ses proches de financer directement en cash ses affaires contre d'importants retours en investissement. Pour les rembourser, il se trouve dans l'obligation d'emprunter toujours plus. Plus que la drôle de dérive criminelle d'un homme bien sous tous rapports, le film arrive à capter quelque chose d'intéressant dans sa peinture d'un être obnubilé par sa croyance dans le rêve américain. Tout est possible, il suffit d'y croire, professe l'idéaliste qui obtiendra en 1995 une nomination au Grammy Awards. Il touchera ensuite aux limites factices de sa quête effrenée du bonheur, sans en rompre totalement le charme.

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Blade of the immortal (Takashi Miike, 2017, 2h21)

Sélectionné hors compétition au Festival de Cannes en 2017, Blade of the Immortal débarque quelques mois plus tard sur Netflix. Centième film du très prolifique cinéaste japonais Takashi Miike, cette adaptation d'un manga offre une variation moderne du film de samouraï. Frappé d'une malédiction, le héros immortel accepte de devenir le garde du corps d'une jeune femme dont la famille a été terrassée par un puissant clan qui cherche à évincer tous les autres. Malgré une intrigue qui s'étire beaucoup trop en longueur, Miike offre ici quelques scènes d'action réussies qui insufflent une belle énergie, à commencer par l'impressionnante scène d'ouverture, véritable morceau de bravoure qui vaut à elle seule le coup d'œil.

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Un caméraman à Cuba (Jon Alpert, 2017, 1h54)

Chauffeur de taxi devenu caméraman sur le tard, l'Américain Jon Alpert s'est pris de passion pour Cuba à partir des années 1970. Sur place, il fait la rencontre de quelques individus ou familles aussi bien à La Havane qu'un peu plus à la campagne et commence à les filmer. À chacun de ses voyages –espacés de quelques années sur quatre décennies–, il revient prendre des nouvelles autant de leur vie que de celle de l'île sous régime castriste. Tout comme du Leader Maximo avec lequel il sympathise, notamment lors d'un étonnant voyage à New York en 1979 où on le découvre humble et amusé dans l'intimité. Si le regard porté sur Cuba est bienveillant, il n'en cache pas moins les difficultés économiques dans lesquelles s'enfonce l'île à compter des années 1980. Un véritable marasme poussant une partie de la population à l'exode. Mais ce qui ressort par dessus tout, c'est la générosité et la force des liens humains noués ainsi que ce drôle d'aléatoire des trajectoires de vie de chacun. Socialisme ou pas.

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Sauvons le capitalisme (Jacob Kornbluth, 2017, 1h13)

Ce court documentaire centré autour de la figure de Robert Reich, l'ancien secrétaire au Travail de l'administration Clinton, traite avec beaucoup de pédagogie des dérives économiques qui mettent à mal aujourd'hui les démocraties occidentales. À commencer par la concentration d'une part toujours plus importante des richesses dans un nombre de mains, lui, de plus en plus réduit. Explosion des lobbys, essor d'un discours populiste critique des mécanismes de régulation et de l'action de l'État, éloge de la figure de l'entrepreneur individualiste qui réussit par et pour lui même, cupidité grandissante de la sphère financière… Tous les facteurs sont réunis pour mettre à mal le pouvoir de chacun d'infléchir la politique vers plus de partage et de protection. Pourtant, le discours se veut avant tout optimiste, pointant une prise de conscience croissante des dérives à l'œuvre. Déjà au tournant du XXe siècle, une même explosion des inégalités avait débouché sur un sursaut démocratique que Robert Reich appelle aujourd'hui de ses vœux.

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6 Days (Toa Fraser, 2017, 1h34)

Il y a quatre ans, Argo remportait l'Oscar du meilleur film avec une histoire folle de prise d'otages en Iran au tournant des années 1980. L'action de 6 Days, également inspirée de faits rééls, se déroule pendant la même période. Sauf que cette fois, c'est l'ambassade iranienne à Londres qui est le cadre de la prise d'otages. Charge aux autorités britanniques de s'assurer de leur libération. Si le film de Toa Fraser est très appliqué, soucieux de rendre justice à l'opération Nimrod qui fit face à cette attaque terroriste d'un nouveau genre, la comparaison avec le long métrage de Ben Affleck en montre bien les limites. Que ce soit au niveau du travail des personnages ou de la tension dramatique, jamais 6 Days ne semble transcender son matériau d'origine. Un manque de personnalité qui empêche le film, plaisant au demeurant, de vraiment décoller malgré quelques performances d'acteurs convaincantes.

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1922 (Zak Hilditch, 2017, 1h42)

Autre adaptation de Stephen King, 1922 ne réédite pas tout à fait la réussite du Jessie de Mike Flanagan. Zak Hilditch dépeint pourtant avec un certain savoir-faire cette ambiance Southern Gothic qui bascule peu à peu du côté d'un fantastique presque macabre. Cette histoire d'un pauvre cultivateur qui se retrouve au pied du mur le jour où sa femme veut vendre les terres familiales dont elle a la propriété offre au passage une variation intéressante sur la violence de classe et la culpabilité.

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All Eyez on Me (Benny Boom, 2017, 2h20)

Ce biopic de 2Pac ressemble à ses pires moments à une suite de scènes comme tirées de la page Wikipedia du célèbre rappeur américain, suivant une lecture très politique des divers incidents qui ont émaillé sa courte carrière. Puis, une fois, l'épisode de la prison terminé, le film de Benny Boom commence à prendre davantage son temps et à donner un peu d'épaisseur à son personnage principal le confrontant peu à peu ses contradictions. Dommage que la performance en demi-teinte de Demetrius Shipp Jr. peine à rendre compte de l'intensité que dégageait 2Pac comme le montrent cruellement pour le film les quelques images d'archives. All Eyez on Me n'en reste pas moins une bonne introduction à l'univers du rappeur pour ceux qui seraient passés totalement à côté du phénomène décédé tragiquement en septembre 1996.

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Fe de Etarras (Borja Cobeaga, 2017, 1h29)

Peut-on rire du terrorisme? C'est l'option plutôt réussie que prend cet Original Netflix espagnol autour d'une cellule de l'ETA en attente de mission, coincée dans un appartement le temps d'une Coupe du monde de foot ravivant la flamme nationaliste de la population. Ils ont pour ordre de rester les plus discrets possibles, mais là encore tout ne se passera pas comme prévu. Une vision très pied nickelée d'une cellule terroriste, qui a valu à Netflix quelques réprobations de familles de victime en Espagne.

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Notre royaume (Lucy Cohen, 2017, 1h49)

Avec Notre royaume, nous voilà plongé dans le quotidien d'une famille anglaise pas comme les autres. Comprenez pas moins de sept enfants –six filles, un garçon–, dont plusieurs souffrent de troubles autistiques; mais surtout un père qui en 2007 décide se suicider laissant derrière lui un champ de désolation. Le documentaire alterne de nombreux extraits des home movies que ce chanteur à la carrière ratée tournait avec les siens et des scènes filmées par Lucy Cohen, quelques années après le drame. Touchant, ce long métrage montre surtout les diverses stratégies adoptées par chacun pour tenter de faire le deuil et se construire dans un cocon à la fois chaleureux et potentiellement destructeur.

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Long Shot (Jacob LaMendola, 2017, 0h40)

Ce moyen métrage retrace l'histoire incroyable qui est arrivée à Juan Catalan. En mai 2003, ce jeune père de famille est arrêté un matin, accusé du meurtre d'une temoin du procès de son frère. Sauf que lui explique qu'il était en réalité à un match des Dodgers. Va-t-il réussir à démontrer la réalité de son alibi? Un documentaire intéressant qui montre à quel point une vie prise dans le système judiciaire peut basculer pour un détail. Le tout feat. Curb your Enthusiasm, rien que ça.

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Gaga: Five Feet Two (Chris Moukarbel, 2017, 1h40)

Vendu comme un film événement par Netflix, ce documentaire s'inscrit dans la lignée du dernier album de Lady Gaga, Joanne, dont il épouse le geste. Celui de sortir la star de la pop internationale des atours sophistiqués qui ont fait sa gloire pour coller davantage à la personnalité brute de Stefani Joanne Angelina Germanotta. Et effectivement, ceux qui ont pu prendre Lady Gaga pour une créature froide et trop construite trouveront là de nombreuses scènes amusantes ou touchantes laissant entrevoir une artiste créative et sincère jusque dans la douleur –elle confesse ici souffrir de fibromyalgie, une maladie invalidante qui touche surtout les femmes. Toutefois, voilà, c'est bien devant la fenêtre que nous laisse le film qui, en voulant toucher à tous les aspects de la vie la star n'en approfondit aucun. Il manque au final d'un enjeu, d'un vrai regard pour que Gaga: Five feet two puisse réellement prétendre au rang des documentaires musicaux qui comptent. Il ne s'en regarde pas moins sans déplaisir.

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D'abord, ils ont tué mon père (Angelina Jolie, 2017, 2h16)

Après le siège de Sarajevo dans Au pays du sang et du miel et la Seconde Guerre mondiale dans Invincible, Angelina Jolie s'intéresse, pour sa quatrième réalisation, à la prise de pouvoir au Cambodge par les Khmers rouges dans les années 1970. Tourné en khmer, D'abord, ils ont tué mon père se passe de longs discours d'explication réservés au début et à la fin du film pour nous immerger dans le sort tragique d'enfants ballottés jusqu'à perdre leur innocence. Si l'ensemble est par moments touchant, cet Original Netflix –un peu longuet– mise un peu trop sur le décalage du point de vue en gage d'originalité. C'est à la fois la force et la limite du film.

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Vers la surface (Josh Izenberg et Wynn Padula, 2017, 0h27)

Netflix renoue avec les formats courts avec ce documentaire touchant sur un groupe de vétérans américains qui reprend goût à la vie grâce au surf. En plus d'initier à la mystique de la vague, le film ouvre une fenêtre poignante sur le quotidien difficile de ses soldats atteints de stress post traumatique. Pour certains dévorés par la rage et suicidaires, ils trouvent dans les remous de l'Océan une nouvelle source à la fois d'adrénaline et de liberté.

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Litte Evil (Eli Craig, 2017, 1h34)

Cette déclinaison sur le motif de La Malediction en mode humoristique démarre de manière très plaisante. Le film joue habilement du contraste entre les doutes grandissants d'Adam Scott, parfait en beau-père plein de bonnes intentions, la bonhomie d'Evangeline Lilly et les catastrophes en séries qui frappent la famille recomposée. Si Bridget Everett tient ici un deuxième rôle particulièrement savoureux, la suite de péripéties ne tient pas tout à fait ses promesses.

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Bushwick (Cary Murnion et Jonathan Milott, 2017, 1h33)

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Bushwick était la troisième production Netflix à Cannes cette année aux côtés d'Okja et The Meyerowitz Stories (mis en ligne le 13 octobre prochain). Le film nous plonge au cœur d'une insurrection aussi subite que sanglante dans le quartier du même nom, situé à Brooklyn, à coups de longs plans séquences tournés caméra à l'épaule. On suit la jeune Lucy, étudiante, et Stupe, ancien soldat reconverti en concierge, tentant de survivre au milieu d'un chaos dont on comprend au fur et à mesure les tenants et les aboutissants. La faute à un casting assez peu charismatique, à un scénario qui tourne vite court ou à une mise en scène trop répétitive? En tout cas, Bushwick peine à emporter tout à fait l'adhésion. Le film n'en propose pas moins quelques séquences vraiment impressionnantes qui ne sont pas sans rappeler le plus réussi Cloverfield.

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The Incredible Jessica James (Jim Strouse, 2017, 1h23)

Comment remettre sa vie sur de bons rails quand on peine à se remettre d'une rupture amoureuse et que sa carrière artistique n'est qu'une suite sans fin de refus? Voilà la question à laquelle s'attelle avec beaucoup d'enthousiasme cette comédie remarquée à Sundance qui se détourne habilement de quelques poncifs pour dresser le portrait touchant et enlevé d'une jeune femme (Jessica Williams) résolument tournée vers la vie.

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To the Bone (Marti Noxon, 2017, 1h47)

Cette comédie dramatique indé s'attachant au complexe problème de l'anorexie doit beaucoup à la performance très sobre de Lily Collins, déjà présente au générique d'Okja. L'approche est directe et sans fard du sujet n'occultant rien de la douleur des victimes directes et de leurs proches sonne juste. Keanu Reeves fait lui aussi preuve de beaucoup de retenue dans le rôle du psy chargée de les ramener du côté de la vie.

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Chasing Coral. Climat en péril: la preuve par l'image (Jeff Orlowski, 2017, 1h29)

Dans la lignée de Mission Blue, un documentaire qui tente d'alerter sur les effets devastateurs du réchauffement climatique sur les océans, à savoir ici le corail. La hausse de la température des eaux est en train de profondément modifier l'écosystème marin. Tout l'enjeu du film est alors d'en apporter la preuve visuelle pour accélérer la prise de conscience. Mission réussie.

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Le Procès d'une presse libre (Brian Knappenberger, 2017, 1h35)

Prenant pour appui le procès intenté par Hulk Hogan à Gawker avec le soutien de Peter Thiel ainsi que la rhétorique anti-médias de Donald Trump et le rachat secret par une puissante famille locale d'un quotidien de Las Vegas, le documentaire de Brian Knappenberger pointe les menaces de plus en plus fortes qui pèsent sur la liberté de la presse aux États-Unis. L'ensemble, comme écrasé par son enjeu, manque un peu de nuances.

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You Get Me (Brent Bonacorso, 2017, 1h29)

Ils sont jeunes, beaux, vivent sur la cote californienne et se baignent (parfois) dans de somptueuses piscines. Mais bien sûr, il y a un loup, ou en l'occurence une louve qui vient perturber cette image idyllique. Entre teen drama et thriller, You Get Me maîtrise la mécanique qui entraîne ses personnages. Dommage que ces derniers peinent à dépasser l'archétype. Un possible plaisir coupable de ce début d'été.

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Blame! (Hiroyuki Seshita, 2017, 1h46)

Pour son tout premier anime japonais, Netflix a misé sur un manga signé Tsutomu Nihei, un auteur dont la plateforme a déjà adapté Knights of Sidonia en série originale. Le point de départ de l'histoire? Les humains ont été dépassés par les machines, qui ont pris le pouvoir dans des villes en constante expansion et en chassent les dernières communautés rebelles esseulées. Une histoire de survie mâtinée de scènes d'action.

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Le Vieux qui ne voulait pas payer l'addition (Felix et Mans Herngren, 2017, 1h48)

Petite incursion suédoise pour Netflix avec cette folle histoire d'un homme de 101 ans détenteur de la recette secrète d'un soda soviétique qui, dans le scénario, a été enterré à la demande des États-Unis en l'échange du retrait des missiles Pershing. Sauf que ce trésor caché fait des envieux. Derrière des personnages un peu patauds, une narration implacable qui rend l'ensemble plaisant.

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La Femme la plus détestée d'Amérique (Tommy O'Haver, 2017, 1h31)

Il y a de grande chance pour que vous ne connaissiez pas Madalyn Murray O'Hair. Ce biopic à la narration soignée, qui place en son cœur une sombre affaire d'enlèvement, est l'occasion de découvrir le destin de cette cheffe de file de l'athéisme, qui a notamment obtenu de la justice l'arrêt de la prière du matin dans les écoles publiques. Un portrait habité sans flagornerie inutile.

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Girlfriend's Day (Michael Paul Stephenson, 2017, 1h10)

Les amateurs de la série Better Call Saul seront heureux de retrouver Bob Odenkirk dans ses œuvres. Soit l'histoire d'un touchant écrivain de carte postale au charme anachronique et à l'humour pince-sans-rire qui traîne sa lose en attendant de rebondir. Une comédie de personnage joyeusement désuète.

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David Brent: Life on the road
(Ricky Gervais, 2017, 1h40)

Le héros de The Office revient le temps d'un nouveau long métrage dans lequel Ricky Gervais aiguise un peu plus son sens du malaise. Devenu simple employé, gagné par la solitude et le vide, habité par une lose qui devient presque une deuxième peau, son David Brent nous ferait presque davantage pleurer que rire. C'est peut-être là le génie de Ricky Gervais.

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IBoy (Adam Randall, 2017, 1h30)

Visuellement très réussi, ce film de science-fiction vient chasser sur les terres des plus modestes des super-héros, dans la lignée de Chronicle. Adam Randall s'attache ici à un ado qui développe d'étranges pouvoirs après qu'un bout de son téléphone s'est logé dans son cerveau à la suite d'une rixe. La narration ne tient pas tout à fait le niveau de l'esthétique, mais l'ensemble se regarde avec plaisir, là encore comme une très belle promesse.

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L'Autoroute (Chester Tam, 2017, 1h20)

Cette comédie aux tonalités presque stoner autour d'un duo de jeunes adultes vaguement losers déterminés pour l'un à quitter les États-Unis pour l'Amérique du Sud, pour l'autre à se rendre à un festival de musique, se démarque par une narration travaillée, découpée en saynètes qui bousculent la chronologie mais n'en n'emmènent pas moins nos personnages de catastrophe en catastrophe.

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Clinical (Alistair Legrand, 2017, 1h44)

Les films produits par Netflix ne sont soumis à aucune classification équivalente à ceux produits pour le cinéma. Pourtant, quasiment aucun des cinéastes ne s'est pour l'heure réellement emparé de cette libérté. Ce thriller psychologique qui n'hésite pas ponctuellement à se jouer d'une esthétique horrifique permet d'une part de retrouver Vinessa Show loin de l'univers du Two Lovers de James Gray, d'autre part de frissonner devant les aventures de cette psy traumatisée confrontée à un drôle de patient.

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Justin Timberlake + Tennesse Kids (Jonathan Demme, 2016, 1h30)

Ultime film de Jonathan Demme, grand cinéaste de la musique, cette captation de la dernière tournée de Justin Timberlake s'ouvre modestement avec la présentation de chacun des participants au spectacle avant de coller au plus près, grâce à un savant montage, au show sophistiqué de l'acteur-chanteur-performer.

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Amanda Knox (Rod Blackhurst & Brian McGinn, 2016, 1h32)

S'il y a un domaine de la fiction que Netflix maîtrise, c'est bien le récit de faits divers. Toutefois, si on ne s'ennuie pas devant l'histoire de cette étudiante américaine prise dans une drôle d'affaire de meurtre de sa colocataire lors d'une année passée en Italie, Amanda Knox n'a pas la force magnétique d'autres fictions de la plateforme. La jeune femme au cœur du documentaire se joue pourtant très bien de l'ambiguïté de son image.

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Extremis (Dan Krauss, 2016, 24 minutes)

En fin de vie, quels choix adapter face à la mort? Ce court documentaire suit les débats qui animent deux familles de proches hospitalisés. Un questionnement touchant et difficile traité avec sensibilité.

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The Fundamentals of Caring (Rob Burnett, 2016, 1h37)

Un adolescent atteint d'une myopathie de Duchenne se lie d'amitié avec son aide soignant qui se remet tout juste de la mort de son fils. Un film plein de bons sentiments mais pas gnangnan, qui trouve une juste distance pour parler de la maladie et emmène sur sa route une poignée de personnages secondaires attachants.

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Tigre et Dragon 2 (Yuen Woo-Ping, 2016, 1h40)

Moins poétique qu'Ang Lee, Yuen Woo-Ping, chorégraphe de Kill Bill ou Matrix, apporte ici toute sa science du découpage pour de nombreuses scènes de combat très réussies dans des décors flamboyants. Le prétexte d'une lutte de pouvoir entre deux clans autour d'un sabre légendaire fascine moins.

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What happened, Miss Simone? (Liz Garbus, 2015, 1h42)

Au-delà d'ouvrir une fenêtre sur l'œuvre à la portée universelle de la célèbre chanteuse, ce documentaire s'attarde sur l'enfer intime qui l'a peu à peu broyé, aidé du témoignage de certains de ses proches et d'images d'archives. Nina Simone, icône tragique.

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E-Team (Katy Chevigny & Ross Kauffman, 2014, 1h29)

Une plongée fascinante dans le quotidien des enquêteurs de Human Rights Watch, en Syrie notamment pour documenter les crimes d'Assad, mais aussi en Libye. Un travail d'alerte essentiel dont on mesure la complexité au regard de l'importance des enjeux politiques. À travers trois figures touchantes, le documentaire sert de vibrant plaidoyer pour défendre un peu plus cette exigence de vérité et de justice.

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Print The Legend (Luis Lopez & Clay Tweel, 2014, 1h39)

Ce documentaire sur le marché émergent de l'imprimante 3D juxtapose les visions concurrentes de plusieurs entrepreneurs pour mieux saisir les enjeux à la fois économiques et idéologiques qui ont cours dans la Silicon Valley. Un éclairage incarné et passionnant.

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Mission Blue (Robert Nixon & Fisher Stevens, 2014, 1h34)

Bel hommage au combat de l'exploratrice sous-marine Sylvia Earle pour la sauvegarde de notre environnement. Un documentaire alternant images d'archive et beaux plans de la nature aussi irréprochable que son modèle.

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ALLEZ, SOYONS FOUS! (48 films)

Bleach (Shinsuke Sato, 2018, 1h48)

Adaptation live des premiers tomes d'un manga de autour de l'histoire d'un adolescent qui reçoit des supers pouvoirs d'un être fantastique pour terrasser les mauvais esprits. Outre ce jeu outrancier du live qui perd du charme du dessin, une certaine idée de l'ennui.

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Le Banquier de la résistance (Joram Lürsen, 2018, 2h03)

Le film de Joram Lürsen dépeint une page méconnue de l'histoire de la résistance néérlandaise. Soit la création d'une banque souterraine destinée à financer les actions contre les nazis grâce à un ingénieux système de détournement de fonds légaux. Un récit inspiré de faits réels donc tenu de manière très classique.

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The After Party (Ian Edelman, 2018, 1h40)

The After Party contient deux films en un. L'histoire d'un apprenti rappeur, sur le point de s'engager pour l'armée, qui a une dernière nuit pour tenter de réaliser les rêves auxquels il s'apprête à renoncer. Et celle de son meilleur ami, fortuné mais loser, déterminé à lui offrir l'opportunité qui s'acharne à lui échapper. Si le premier fil est joliment tenu, le second résulte en une suite de situations attendues et peu drôles qui entachent l'ensemble.

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Brij Mohan Amar Rahe ! (Nikhil Bhat, 2018, 1h40)

Cette nouvelle comédie indienne s'attache aux déboires d'un homme qui fuit l'échec de son mariage et de son commerce dans les bras d'une amante libérée. Mis sous pression par une accumulation de dettes, il décide de mettre en scène une fausse mort et de fuir. Mais les ennuis ne font que commencer. Jouant dans un premier temps sur un humour plutôt grossier, Brij Mohan Amar Rahe ! affine peu à peu le trait en changer de ton jusqu'à basculer vers une noirceur absurde.

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Dans la peau du loup (Samu Fuentes, 2018, 1h50)

Ce film espagnol sur un trappeur qui, fatigué de sa solitude, se trouve une femme dans un village en contrebas de là où il vit tente de se démarquer par un travail d'épure : une narration réduite quasiment à deux personnages, des dialogues plus que minimalistes… Dommage qu'outre un intéressant glissement des points de vue entre les deux personnages, l'ensemble manque un peu d'enjeux ou de scènes fortes pour nous intéresser réellement à leur sort.

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Tau (Federico D'Alessandro, 2018, 1h37)

Une jeune femme kidnappée se retrouve au cœur d'une expérience durant laquelle elle est prisonnière d'une intelligence artificielle. L'idée de ce thriller moderne était attirante sur le papier. On s'imaginait déjà dans un escape game façon Cube. L'exécution en est très loin. Malgré une mise en scène très soignée et la présence de Maika Monroe, l'actrice principale d'It Follows, on peine à s'intéresser aux mésaventures de notre héroïne et à ses échanges avec la machine qui manquent cruellement d'un véritable enjeu.

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Les Goûts et les couleurs (Myriam Aziza, 2018, 1h35)

Ce troisième film français à intégrer le pavillon Original en France est sans doute le plus inégal des trois. La faute à des dialogues pas toujours à la hauteur, une interprétation sur certaines scènes fragiles, un mélange des genres par moments infructueux. Après Je ne suis pas un homme facile, Les Goûts et les couleurs confirme toutefois la volonté de Netflix d'engager la comédie française sur un terrain plus politique et inclusif aussi bien devant que derrière la caméra. Ici, la réalisatrice Myriam Aziza s'attaque aux conservatismes en tous genres à travers l'histoire de Simone (convaincante Sarah Stern), une jeune femme issue d'une famille juive traditionnelle, en couple avec une autre femme depuis plusieurs années, qui cherche à faire son coming out auprès de ses parents. C'est à ce moment là qu'elle rencontre Wali, un chef sénégalais qui ne la laisse pas indifférente. La voilà ballottée entre des sentiments contradictoires, prête à assumer enfin ce qu'elle ressent au risque de la confusion. Cette quête d'une vérité et d'une liberté filmée au plus près des corps et des visages est la partie la plus convaincante du film. Les Goûts et les couleurs pointe bien la difficulté de lutter contre ses propres préjugés, d'expérimenter le monde en évitant de poser trop d'étiquettes sur les choses, de s'affranchir des attentes de ses origines. Simone et Wali y sont dépeints avec nuance, défiant les représentations stéréotypées qu'offre en général ce type de protagonistes, via notamment leur rapport à la nourriture. Dommage qu'à cette fine ligne s'en superpose une seconde, propre à tous les personnages secondaires, où les clichés grossiers sont assumés pour servir de ressorts comiques au risque de saper la première.

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Histoires sensuelles (Zoya Akhtar, Dibakar Banerjee, Karan Johar et Anurag Kashyap, 2018, 2h00)

Le problème des films à sketch, c'est que le résultat est en général inégal tirant la perception de l'ensemble plutôt vers le bas. Ces quatre Histoires sensuelles (attention le titre est trompeur) venues d'Inde et tournées par des réalisateurs prestigieux n'échappent pas à la règle les deux éléments les plus grossiers étant pour en rien arranger mis au début et à la fin. Si l'ensemble se positionne de manière intéressante du coté des femmes pour explorer le rapport des Indiens au désir et à la sexualité, certaines intuitions sur nos sociétés modernes ont presque déjà pour nous des airs de poncifs. Restent deux segments dramatiques plus réussis sur le sort d'une domestique et d'une femme adultère.

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Maktub (Oded Raz, 2018, 1h40)

Cette comédie dramatique israélienne signée Oded Raz cherche à tirer un peu de légèreté d'un sujet grave, soit la crise existentielle que traversent deux petits délinquants qui survivent à une attaque terroriste en plein Jérusalem. Soudain, voilà qu'ils changent de vie, déterminés à venir en aide à ceux qui délaissent leurs problèmes sur papier au Mur des lamentations. Si le mélange des genres est intéressant, le côté farce de l'ensemble et la volonté de s'aventurer sur un terrain plus humain et social ont plutot tendance ici à s'annihiler l'un l'autre malgré le bel abattage des deux acteurs principaux.

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Ibiza (Alex Richanbach, 2018, 1h34)

Cette nouvelle déclinaison façon Very Bad Trip –mêlée d'une touche de comédie romantique – d'un voyage de trois jeunes Américaines quelques jours en Espagne brille par sa légèreté proche de l'inconséquence. Si on passera donc sur le scénario célébrant l'hédonisme de la culture club, reste les performances attachantes des trois fêtardes (Gillian Jacobs, Vanessa Bayer et Phoebe Robinson) et en filigrane tout un jeu sur l'introversion ou la maladresse dont on aurait rêvé qu'il soit traité avec davantage d'attention.

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Mariage à Long Island (Robert Smigel, 2018, 1h56)

Après la parenthèse The Meyerowitz Stories (new and selected) de Noah Baumbach qui avait vu le comédien briller dans un registre un peu plus dramatique et avant son incursion dans l'univers des frères Safdie, Adam Sandler revient ici à son registre comique habituel. Soit l'histoire d'un père dont la générosité à organiser le mariage de sa fille dépasse les moyens. L'exact inverse du père du marié (Chris Rock). Le film dépeint ainsi une semaine de préparatifs menant à la cérémonie où s'accumulent les contretemps auxquels fait infailliblement face notre héros au prix de quelques arrangements pas toujours conventionnels. Si la bizarrerie traitée avec tendresse de ces freaks au grand cœur rappelle de loin l'univers des frères Farrelly, Mariage à Long Island pâtit d'un rythme longuet et de gags très inégalement drôles.

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Sila Samayangalil (Priyadarshan, 2018, 1h32)

Ce nouveau film indien traite d'un sujet sensible. Sept personnes passent un test de dépistage du sida. On les suit pendant cette journée particulière à attendre les résultats. Ils sont de milieux et d'âge différents. Dans un premier temps, écrasés par la gêne, il s'ouvrent peu à peu et commencent à échanger sur leur vie. Outre cette mise en place un peu lente, le film souffre d'un didactisme pas toujours très fin qui s'il est parfaitement louable sur le fond pèse autant sur les dialogues que les personnages pour un résultat convenu.

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Pickpockets (Peter Webber, 2018, 1h34)

Une production française, un réalisateur britannique et une histoire qui se déroule en Colombie dans le cercle des pickpockets de Bogota. La génèse de ce nouvel original sud-américain est très internationale pour un résultat malheureusement inégal. Après une entame alléchante présentant une bande de jeunes voyous essayant de faire leur trou abordée par un mystérieux mentor, le film retombe ensuite sur des ficelles un peu grossières où sera mise en danger leur loyauté. Pickpockets a toutefois le grand intérêt de donner envie de revoir La Vierge des tueurs de Barbet Schroeder sur une thématique très proche.

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Orbita 9 (Hatem Khraiche Ruiz-Zorrilla, 2018, 1h34)

Elle se croyait depuis toujours en orbite autour de la Terre. Un ingénieur lui révèle un jour la supercherie, elle fait en réalité partie d'une simulation dans un laboratoire de notre planète. Hatem Khraiche Ruiz-Zorrilla tire de ce pitch prometteur un film qui à force de vouloir gagner sur les tableaux du drame à la romance en passant par l'action ou la science-fiction finit par diluer la force de ses prémices dans une suite de péripéties accompagnant la cavale de nos héros. Cet Orbita 9, s'il se regarde sans déplaisir, méritait mieux.

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Ram Dass, le pouvoir de l'instant présent (Derek Peck, 2018, 0h31)

Ce court métrage recueille la parole intime de Richard Alpert, plus connu sous le nom de Ram Dass après qu'un voyage en Inde à la fin des années 1960 a changé sa vie. Le guide spirituel y parle de l'importance de l'âme, de notre rapport à la mort, exhortant à choisir pleinement le camp de la vie. L'imagerie, elle, fait la part belle à la communion de l'homme et la nature. L'ensemble, lui, reste un poil convenu.

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Game Over, man! (Kyle Newacheck, 2018, 1h41)

«Die Hard with dick jokes». C'est ainsi que le Guardian a titré sa chronique de cette comédie Netflix et il faut dire que la formule est parfaitement bien trouvée. Game Over, man!, c'est l'histoire de trois geeks déterminés à financer leur jeu vidéo pris dans une suite d'imbroglios liés à une prise d'otage dans un hôtel. Si la suite de péripéties amusent un peu, les gags arrachent difficilement un sourire, tapant lourdement en-dessous de la ceinture. Nos trois interprètent masculins n'aident pas beaucoup plus.

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The Outsider (Martin Zandvliet, 2018, 2h)

Esthétiquement, il n'y a pas grand chose à reprocher à cet Outsider à l'élégance un peu froide plutôt maîtrisée. Même la performance toute en sobriété de Jared Leto, impassible façon Kitano ou avant lui Alain Delon, est estimable au milieu de jolies performances du cast japonais. Sauf que cette histoire d'un Américain se liant à un gang de yakuza dans le Japon de l'après-guerre ne dépasse jamais l'hommage à ce genre, à la limite du pastiche. Le film ne dit rien d'autres que les codes éculés qui le régissent sans jamais sembler vouloir les interroger ou les détourner. À réserver aux amateurs donc.

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When We First Met (Ari Sandel, 2018, 1h37)

Saint-Valentin oblige, Netflix fait la part belle ce mois-ci aux comédies romantiques, à commencer par ce When We First Met au charme un peu éteint. Soit l'histoire de Noah qui, par l'intermédiaire d'un photomaton, se voit donner l'opportunité de revivre la soirée où il rencontre la femme dont il est amoureux jusqu'à ce que celle-ci le devienne aussi. Sauf que chacun de ces choix auront des conséquences inattendues. Si le pitch rappelle Un jour sans fin, sachez tout de même qu'Adam Devine est loin d'avoir le charme de Bill Murray et que l'humour ici n'approche jamais la finesse de celui d'Harold Ramis. Reste qu'Ari Sandel a le bon goût de ne pas se positionner sur le terrain de la morale pleine de bons sentiments pour finir par tenir un propos légèrement décalé aux canons sur l'amour. Trop peu, trop tard, malheureusement.

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Le Marchand (Tamta Gabrichidze, 2018, 0h23)

Ce documentaire multiprimé qui suit la tournée d'un marchand ambulant au cœur de la campagne géorgienne est l'occasion de rendre un peu d'humanité à une population frappée par la pauvreté au point de devoir se résoudre au troc pour survivre. Malheureusement, la courte durée du film n'offre qu'une petite fenêtre –à l'esthétique très soignée– sur un monde dont on aurait aimé savoir bien davantage.

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Step Sisters (Charles Stone III, 2018, 1h48)

Ce teen movie qui prend pour cadre l'univers des sororités américaines met à l'honneur la discipline du stepping, une forme de danse athlétique aux racines africaines et cubaines. On suit ainsi les aventures de la sérieuse Jamilah qui afin d'obtenir une lettre de recommandation pour Harvard doit coacher une bande de filles, blanches à une exception, plus connues pour leur goût de la fête que leurs performances sportives. Si le récit initiatique comme la mise en scène sont plutôt convenues, le film va de manière intéressante à l'encontre du dogme actuel de l'appropriation culturelle.

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Bright (David Ayer, 2017, 1h57)

Blockbuster doté d'un budget de 90 millions de dollars, Bright est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour Netflix. Le film de David Ayer (Fury, Suicide Squad) montre que le géant de la SVOD peut venir concurrencer les géants d'Hollywood sur leur propre terrain sans avoir trop à rougir. Et en même temps, ses deux heures de visionnage terminées, on ne peut que regretter que l'entreprise connue pour laisser une marge de liberté aux artistes n'arrive pas à faire mieux ou du moins différemment. Tout semble ici calibré au point que l'univers original du fim posé dans les premières minutes entre orques, fées, elfes, gangsters, policiers, baguette magique et drôles de prophéties (rep à sa Harry Potter et Le Seigneur des anneaux), plus aucune surprise ne vient ensuite dévier le train lancé à toute vitesse. Bright rejoue les défauts que l'on a maintes fois soulevé déjà concernant les productions maison: une attention si poussée sur l'enchaînement des péripéties que les personnages peinent réellement à exister. L'effet d'attente créé par la présentation d'une mythologie riche finit par se dégonfler même si la suite de scène d'actions se regarde sans déplaisir. Le film ne déploie au final qu'une version très superficielle de ses possibilités. Reste Will Smith, attachant de sobriété.

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Noël à Snow Falls (Ernie Barbarash, 2017, 1h45)

Une pelletée de neige et une grosse louche de bons sentiments. Ce nouveau (et décevant) volet de la trilogie de Noël de Netflix colle parfaitement au canon, soit l'histoire d'Ellen, jeune new-yorkaise frivole destinée à reprendre les rênes de l'entreprise familiale envoyée remettre une missive à son oncle dans la petite ville où tout a commencé. Une tempête de neige aidant (et la présence bienveillante d'Andie McDowell, rare satisfaction du film), l'héritière retrouvera le droit chemin des bonnes valeurs. Malheureusement, n'est pas Un jour sans fin ou Gilmore Girls qui veut.

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Un noël à El Camino (David E. Albert, 2017, 1h29)

Après A Christmas Prince, Netflix poursuit sa livraison saisonnière de films marketés pour la fin de l'année. Et si ce Un noël à El Camino s'éloigne des clichés qui collaient tant au premier, le résultat est peut-être ici encore moins réjouissant. Sur le papier, le casting pouvait donner un peu envie –Jessica Alba, Vincent d'Onofrio, Tim Allen–, mais très vite la faiblesse des dialogues comme de la mise en scène plombent les quelques bonnes idées d'un scénario au potentiel réjouissant –par une suite de circonstances malheureuses, l'arrivée d'un homme inconnu tourne à la prise d'otage la veille de Noël. Die Hard a encore de beaux jours devant lui comme référence du genre.

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A Christmas Prince (Alex Zamm, 2017, 1h32)

Quand Netflix se lance dans le genre du film de Noël, il ne fait pas les choses à moitié. Dans A Christmas Prince, on retrouve donc un univers de prince et de princesses, château compris, le tout dans un étrange pays étranger fantasmé et immaculé. Bien sûr, il y a aussi des batailles de boule de neige et des courses en luge, des secrets de famille, des gentils qui n'en ont pas l'air et des méchants qui trompent leur monde, des amours contrariés, des rebondissements (presque) inattendus, des balades à chevaux en forêt… et, Noël oblige, une résolution heureuse au pied du sapin. Derrière cette trame vue et revue, le charme d'A Christmas Prince tient sans doute à l'application très premier degré de son programme de réjouissances. Le film d'Alex Zamm a l'humilité de ne jamais se prendre pour autre chose que ce qu'il ait: un plaisir coupable à regarder au chaud sous la couette en attendant l'hiver.

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O Matador (Marcelo Galvao, 2017, 1h39)

Ce western brésilien sur fond de fresque historique raconte l'histoire d'un tueur retiré dans une province lointaine, territoire maudit sur lequel il va connaître la richesse puis la perte. C'est aussi l'histoire d'une filiation le film mêlant sur une autre temporalité la quête d'un fils. Derrière une belle photo et l'apparition surprise d'Étienne Chicot, une œuvre âpre traversée par quelques éclats de violence pour laquelle on a grand peine à se passionner.

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The Babysitter (McG, 2017, 1h25)

Un jeune adolescent mal dans sa peau et brimé par ses camarades trouve réconfort auprès de sa babysitter dont il est secrètement amoureux. Malheureusement pour lui, le temps d'une folle nuit, celle-ci se révélera ne pas être celle qu'il croit. Si l'exposition de l'amitié presque improbable touchant nos deux héros est soignée et si McG (Charlie's Angels) ne manque pas d'idées pour une mise en scène à l'esprit pulp, le film bascule très vite dans une suite de scènes sanglantes comme un vulgaire slasher faisant fi de l'intérêt que l'on pouvait jusque-là porter pour les personnages.

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The Bad Batch (Ana Lily Amirpour, 2017, 1h59)

Dès les premiers plans, on était accroché. Par le travail de mise en scène d'Ana Lily Amirpour, son sens du cadrage, de la durée des plans. Par le magnétisme à l'écran de Suki Waterhouse. Par ce côté un peu traumatisant de nous jouer «All That She Wants» de Ace of Base sur une dure scène de torture. Puis là, c'est le drame. Malgré un univers prometteur, ce survival autour d'une jeune femme lancée à sa sortie de prison dans un monde désertique sans foi ni loi où sont regroupés tous les membres non productifs de la société tourne très vite à vide. Les personnages sont à peine dessinés, l'intrigue patine. Reste quelques scènes très réussies esthétiquement et un caméo très amusant de Keanu Reeves (avec la moustache). Sur deux heures, ça fait peu.

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#Realityhigh (Fernando Lebrija, 2017, 1h39)

Un teen movie de plus à l'actif de Netflix cette fois autour de l'histoire d'une élève brillante, dont l'amour pour la star de l'équipe de natation va provoquer la colère de l'ex de celui-ci, YouTubeuse star du lycée. Si le cast est particulièrement attachant, les personnages peinent à dépasser les clichés et l'intérêt de cette comédie se dilue peu à peu dans une forme très premier degré de bonne morale.

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Death Note (Adam Wingard, 2017, 1h41)

Cette adaptation à l'américaine d'un manga et d'un animé japonais est malheureusement symptomatique des ravages de cette approche popisante du monde des super-héros. Là où le matériau d'origine semblait propice aux questionnements moraux sur la nature de la justice et notre rapport au mal, le film d'Adam Wingard balaye tout ça rapidement au profit d'une psychologisation un peu facile et d'une approche donnant la primauté aux rebondissements. Reste une esthétique sombre estompée à coups de morceaux pop.

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Lucid Dream (Jun-seong Kim, 2017, 1h41)

Ce film coréen sur un père obsédé par la perte de son fils au point de revisiter ses rêves à la recherche du moindre indice permettant de le retrouver rappelle trop Inception sans l'inventivité formelle pour qu'on s'y attache durablement.

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Laerte-se (Lygia Barbosa Da Silva & Eliane Brum, 2017, 1h40)

Plongée dans la vie et l'œuvre du dessinateur brésilien Laerte Coutinho, dont l'imaginaire devançait déjà la transformation en femme. Portrait touchant d'une femme trans qui laisse la part belle à la fantaisie.

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Mindhorn (Sean Foley, 2017, 1h29)

Même dans leurs comédies à moitié réussies, les Britanniques ont un sens de l'absurde et de la lose inégalé. Un ancien acteur télé connu pour un rôle d'inspecteur reprend ici du service à la demande d'un assassin. Steve Coogan a le droit à sa petite apparition, ce qui fait toujours plaisir.

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Tramps (Adam Leon, 2017, 1h22)

Après le succès de Gimme The Loot, Adam Leon revient avec la déambulation attachante de deux jeunes acteurs unis par les circonstances dans une drôle de combine sans savoir à quel point ils peuvent se faire confiance. Plaisant et l'occasion de voir Grace Van Patten dans ses œuvres en attendant de la retrouver dans The Meyerowitz Stories, signé Noah Baumbach.

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Slam (Andrea Moliaoli, 2017, 1h39)

Cette romance à l'italienne met en scène un jeune homme effrayé par sa paternité à venir qui va chercher des conseils en s'intéressant de plus près à la vie de son idole, le skateur Tony Hawk. Une narration riche en imagination.

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Sandy Wexler (Steven Brill, 2017, 2h11)

Pour son troisième film Netflix, son plus réussi, Adam Sandler fait son Broadway Danny Rose en incarnant un agent au grand cœur qui met toute sa passion à représenter toutes sortes d'artistes plus loufoques les uns que les autres jusqu'au jour où il découvre une chanteuse pleine de promesses. Différence majeure: là où le film de Woody Allen durait 1h24, celui-ci dure 2h11.

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Pandora (Park Jeong-woo, 2017, 2h16)

Ce film catastrophe sud-coréen commence comme une virulente charge politique contre le nucléaire dans un climat post-Fukushima. Il s'embourbe malheureusement peu à peu dans un héroïsme sacrificiel grandiloquent. Tellement dommage.

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Burning Sands (Gerard McMurray, 2017, 1h42)

Prenant pour prétexte une histoire de bizutage scolaire au sein d'une fraternité, Burning Sands explore la question suivante: jusqu'où est-on prêt à mettre un voile sur sa morale pour s'intégrer?

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Mercy (Chris Sparling, 2016, 1h27)

Cette histoire de mère mourante soutenue par une mystèrieuse communauté au moment où sa famille recomposée se déchire déjà pour des questions d'héritage vaut surtout pour son ambiance presque macabre, quelque part entre le drame et le film fantastique.

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Spectral (Nic Mathieu, 2016, 1h48)

Visuellement très réussi, ce petit film de science-fiction dans lequel l'armée américaine se retrouve confrontée à une mystérieuse force dotée de super-pouvoirs manque de souffle, de profondeur et d'incarnation. La promesse reste inaboutie.

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7 años (Roger Gual, 2016, 1h17)

Cette histoire de médiation autour d'un casse-tête juridique visant à déterminer lequel des quatre associés d'une entreprise menacée par la justice doit se sacrifier pour les autres a des petits airs de film d'arnaque. Qui bluffe?

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L'échelle celeste: l'art de Cai Guo-Qiang (Kevin MacDonald, 2016, 1h19)

Quatre ans après Marley, Kevin MacDonald s'aventure sur un terrain un peu plus pointu avec ce portrait d'un artiste chinois qui a choisi pour terrain d'expression la pyrotechnie à grande échelle. Une œuvre éphémère à la beauté fascinante.

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ARQ (Tony Elliott, 2016, 1h28)

Une relecture d'Un jour sans fin version apocalyptique où un groupe d'ingénieurs doit revivre la même journée jusqu'à résoudre l'énigme qui les maintient prisonniers. Malin à défaut d'être complètement brillant.

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Je dormirai quand je serai mort (Justin Krook, 2016, 1h19)

Ce documentaire consacré au DJ Steve touche une corde sensible quand il évoque ses difficiles relations avec un père froid et ambitieux.

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Special Correspondents (Ricky Gervais, 2016, 1h41)

Ce remake de notre Envoyés très spéciaux relocalisé entre les États-Unis et le Venezuela vaut surtout pour la performance de Ricky Gervais, toujours parfait pour incarner des personnages totalement à côté de la plaque et donc terriblement humains.

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My Beautiful Broken Brain (Sophie Robinson & Lotje Sodderland, 2016, 1h24)

Ce documentaire sous haut patronage lynchien offre une forte leçon de vie à travers la longue convalescence d'une jeune femme dont le cerveau se remet difficilement d'un AVC. Une invitation à être davantage à l'écoute de ses rêves pour regarder le monde autrement.

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Winter on Fire: Ukraine's Fight for Freedom (Evgeny Afineevsky, 2015, 1h38)

Ce récit des troubles politiques qui ont secoué l'Ukraine entre 2013 et 2014 autour de la question du rapprochement avec l'Union européenne se regarde comme un feuilleton.

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Keith Richards: Under the influence (Morgan Neville, 2015, 1h22)

Invité à interviewer le guitariste des Rolling Stones à l'occasion de la sortie d'un de ses albums solo, Morgan Neville débarque chez Keith Richards avec un tas de vinyles sous le bras. S'ensuivent trois heures d'interviews sur ceux qui ont inspiré le musicien, qui en appelleront d'autres les jours suivants. Une belle porte d'entrée dans la musique des Rolling Stones.

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The Other One: The Long Strange Trip of Bob Weir (Mike Fleiss, 2015, 1h24)

En s'attachant à la figure de Bob Weir, Mike Fleiss retrace non seulement l'épopée musicale du Grateful Dead, mais raconte aussi une belle aventure riche en amour et en amitiés.

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BON, SI VOUS Y TENEZ VRAIMENT (26)

Le Paquet (Jake Szymanski, 2018, 1h34)

Cinq amis partent camper quelques jours dans la forêt quand l'un d'entre eux coupe accidentellement son pénis. Il est rapatrié d'urgence par hélicoptère, mais le malheureux organe, lui, reste derrière. Les autres n'ont alors que quelques heures pour le ramener à bon port. Le début d'une balade tout sauf tranquille. Le pitch donne une assez bonne idée d'à quoi s'attendre, blagues lourdes et graveleuses comprises. Le scénario est tellement poussif que quand on croit être arrivé à la fin, on est en réalité seulement à la moitié du film.

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Benji (Brandon Camp, 2018, 1h27)

Netflix redonne vie au héros canin d'une franchise populaire dans les années 1970. Et le résultat ressemble exactement à ce que vous pouvez imaginer. Le gentil chien errant accueilli par deux enfants issus d'une famille brisée vient ensuite à leur secours quand ceux-ci sont en danger.

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Fullmetal Alchemist (Fumihiko Sori, 2018, 2h14)

Pour qui n'est pas familier avec l'univers de ce manga japonais dont différentes adaptations sont déjà disponibles en version anime sur Netflix, l'entame de ce Fullmetal Alchemist version live action laisse légèrement pantois. Une longue séquence d'action aux effets spéciaux réussis s'ils ne s'intégraient pas si mal avec les acteurs lance rapidement ce film dont on met beaucoup de temps à comprendre les enjeux. Très vite, les ruptures de rythme et de ton amènent à décrocher un peu plus d'une œuvre dont on retiendra néanmoins le chouette personnage touchant du frère réduit à n'être plus qu'une âme habillée dans une armure de métal.

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The Cloverfield Paradox (Julius Onah, 2018, 1h42)

Si Netflix a réussi un sacré coup en sortant par surprise sur sa plateforme The Cloverfield Paradox quelques heures seulement après la diffusion de sa bande-annonce lors du Super-Bowl 2018, c'est avant tout marketing. Au risque d'un triste retour de bâton tant le troisième volet de la franchise à succès tient du naufrage scénaristique. Le long métrage signé Julius Onah accumule un grand nombre des clichés vus dans les films de science-fiction de ces dernières années, à commencer par la celui de la quête spatiale comme réponse au deuil. Drame intime, film de monstre, prequel de la saga, space opera sur fond de théorie scientifique à coups de choc multi-dimensionnel… The Cloverfield Paradox tire de nombreuses ficelles sans jamais réussir à les connecter vraiment dans un même élan, chaque piste annihilant la précédente jusqu'à sombrer, le temps de quelques plans ou scènes maladroites (le baby-foot, le bras...), dans le ridicule. Reste un casting international attachant qui, de Chris O'Dowd à Gugu Mbatha-Raw en passant par Roger Davies, maintient l'illusion le temps d'une longue exposition avant de laisser le film crouler sous ses paradoxes.

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The Open House (Matt Angel et Suzanne Coote, 2018, 1h34)

Netflix assure le service après-vente. Quelques mois après le succès fulgurant de la série Thirteen Reasons Why, revoilà l'acteur Dylan Minnette dans un film d'horreur cette fois. Le comédien joue un jeune homme traumatisé par la mort de son père qui part quelques jours au vert avec sa mère dans la maison isolée de sa tante. Pas forcément la meilleure idée. Si la mise en scène est soignée pour faire monter doucement l'angoisse, la manière dont le scénario travaille de manière abrupte sur de simples archétypes du genre plonge le spectateur dans un désintérêt croissant jusqu'à la chute. Théoriquement, le parti pris était intéressant. Théoriquement seulement.

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Naked (Michael Tiddes, 2017, 1h36)

Avec Marlon Wayans (Scary Movie) dans le rôle principal, une comédie qui lorgne sans vergogne vers Un jour sans fin autour de l'histoire d'un fiancé qui revit en boucle la même journée jusqu'à être fin prêt pour son mariage. Passées quelques saillies amusantes dans le premier quart d'heure, ce décalqué manque autant de la finesse que du charme de son modèle.

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Le Dernier Jour de ma vie (Ry Russo-Yooung, 2017, 1h38)

Beaux héros teenage, ancrage très contemporain (on y écoute du Shamir et on mate les snaps des copines), boucle temporelle… Le Dernier Jour de ma vie, autour d'une adolescente forcée de revivre une drôle de Saint-Valentin, vire presque à la caricature du film Original Netflix. La gentille leçon de morale sous-jacente n'aide pas non plus.

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Joshua: Teenager vs. Superpower (Joe Piscatella, 2017, 1h19)

À Hong Kong, le combat d'un jeune activiste politique adolescent pas loin de faire trembler le pouvoir pro-chinois. La démocratie, c'est pour aujourd'hui ou pour demain?

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The Mars Generation (Michael Barnett, 2017, 1h37)

Ce plaidoyer geek pour une poursuite de la conquête spatiale est porté par une telle bande de premiers de la classe qu'il en deviendrait presque contreproductif. La Nasa approuve.

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Le Phare aux orques (Gerardo Olivares, 2017, 1h50)

Une comédie familiale pleine de bons sentiments, tournée dans un beau décor de Patagonie dans laquelle un orque vient aider un enfant autiste. Un hymne à la vie. Cute.

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Handsome, une comédie policière Netflix (Jeff Garlin, 2017, 1h21)

Malgré un lead assez peu charismatique –Jeff Garlin se met lui-même en scène ici–, cette comédie policière Netflix peut se prévaloir de quelques personnages secondaires et gags rigolos. C'est à la fois peu et déjà beaucoup.

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Deidra & Laney Rob a Train (Sydney Freeland, 2017, 1h40)

Alors que leur mère est en prison, deux adolescentes se mettent à voler la marchandise de trains. La platitude du titre saisit assez bien la valeur de l'ensemble, qui se regarde sans réel plaisir.

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Coin Heist (Emily Higgins, 2017, 1h37)

Cette comédie légère qui suit quatre lycéens bien décidés à sauver leur établissement de la faillite se joue de ressorts très attendus. Les protagonistes n'en restent pas moins très attachants.

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La Filature (Renny Harlin, 2016, 1h30)

Gags et scènes d'action se disputent la vedette de cette comédie portée par le duo Jackie Chan-Johnny Knoxville quelque part entre la Russie et Macao autour d'une histoire à multiples rebondissements qui verra nos héros devenir alliés puis amis. Le vainqueur? Pas forcément le spectateur, non. Disons plutôt l'action, mais vraiment à l'usure.

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Les Mémoires d'un assassin international (Jeff Wadlow, 2016, 1h38)

Ça commence avec espièglerie façon Le Magnifique avec Belmondo, puis la grosse comédie d'action vient doucement reprendre le dessus sur le décalage entre ce que l'on souhaiterait être et ce que l'on est. Dommage.

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The Ivory Game (Kief Davidson & Richard Ladkani, 2016, 1h52)

L'Afrique, ses éléphants sauvages, son douloureux trafic d'ivoire. Construit comme une enquête, ce documentaire culmine dans une scène de caméra cachée en Chine où l'appareil enregistreur est repéré par ceux qui étaient espionnés. Le reste devrait peu vous surprendre.

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Mascots (Christopher Guest, 2016, 1h29)

Ce faux documentaire sur des mascottes sportives amenées à s'affronter dans un concours est à réserver aux amateurs d'humour absurde et pince-sans-rire. On est loin toutefois de l'hilarant niveau de malaise de The Office.

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XOXO (Christopher Louie, 2016, 1h32)

Ce petit film hédoniste sur de jeunes adultes se rendant à un festival de techno aux États-Unis a l'ambition de faire vivre l'événement de l'intérieur. Réalisé par un passionné à la vision très romancée, l'objet a la qualité de ses défauts: un goût très prononcé pour la légèreté.

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Rebirth (Karl Mueller, 2016, 1h40)

Sorti sur Netflix le même jour que le documentaire Tony Robbins, sur un sujet proche mais avec un point de vue beaucoup plus mordant, Rebirth tente de venir marcher sur les plates-bandes de David Fincher période The Game/Fight Club. Autant dire que la comparaison est peu flatteuse pour Karl Mueller.

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The Do-Over (Steven Brill, 2016, 1h48)

Cette histoire de losers tentant de se faire passer pour morts, entre rebondissements poussifs et ersatz de scènes d'action, s'appuie sur un humour légèrement grinçant et bas du front. Adam Sandler, cet ami qui vous veut beaucoup trop de bien.

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Naman le brahmane (Qaushiq Mukherjee, 2016, 1h35)

Est-ce la barrière culturelle? Cette comédie indienne loufoque mêlant quiz show et débordements de testostérone m'a laissé totalement pantois. Netflix tient-il là son premier nanar? À réserver aux plus curieux.

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Pee-wee's Big Holiday (John Lee, 2016, 1h29)

Trente-et-un ans après le premier film de Tim Burton, revoilà le personnage loufoque toujours coincé quelque part entre son corps d'adulte et l'imaginaire de l'enfance. Est-ce moi qui ai vieilli? Le road trip vire ici à la farce un peu grotesque.

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The Ridiculous 6 (Frank Coraci, 2015, 2h)

Honni comme une sorte d'incarnation du diable –il n'y a qu'à voir la violence des critiques sur Rotten Tomatoes–, le premier film Netflix d'Adam Sandler, un drôle de western autour d'une histoire poussée de filiation, n'est pas la catastrophe annoncée. Il suscitera néanmoins difficilement plus que quelques sourires.

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My Own Man (David Sampliner, 2015, 1h22)

Ce documentaire à la première personne s'attaque à la question de la filiation et de la virilité. Sur le point de devenir père à 40 ans, David Sampliner s'interroge sur l'image de la masculinité qu'il renvoie et qu'il veut transmettre. Le face-à-face avec son père reste assez touchant.

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Virunga (Orlando von Einsiedel, 2014, 1h30)

Produit par Leonardo DiCaprio, ce documentaire engagé dénonce la corruption internationale qui pille les ressources de l'Afrique. L'ensemble est assez bavard. Les gorilles sont néanmoins très mignons.

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The Short Game (Josh Greenbaum, 2013, 1h40)

Ce documentaire sur un prestigieux tournoi de golf pour enfants suit plusieurs compétiteurs en herbe venus de différents pays, de leur préparation à l'annonce des résultats. Une réflexion sur les bienfaits et les limites de cette obsession pour la gagne.

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Boris Bastide Éditeur à Slate.fr

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