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Sur Twitter, répondre à Trump est la meilleure stratégie pour gagner des abonnés

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 12.06.2017 à 17 h 14

Repéré sur Buzzfeed, Recode

C'est même devenu une stratégie à part entière.

Impression écran d'une «top» réponse envoyée à Donald Trump.

Impression écran d'une «top» réponse envoyée à Donald Trump.

Chez Slate, chaque jour ou presque en début d'après-midi, certains rédacteurs surveillent leur téléphone ou leur fil Twitter dans l'attente d'une notification particulière: un message de Trump. Le président américain ayant pris l'habitude de déraper régulièrement à grands coups de covfefe sur le réseau social, de nombreux internautes sont très attentifs à chacune de ses prises de parole.

Et comme le raconte Buzzfeed américain, c'est même devenu un jeu. Dès que le président tweete, il ouvre une sorte de champ de bataille où chaque internaute motivé compte bien marquer les esprits avec la réponse la plus cinglante possible.

«Quelques secondes après que le président a envoyé un message à ses plus de 31 millions d'abonnés, il est bombardé par des réponses, presque toutes extrêmes, écrit le site. Il y a des condamnations haletantes de la politique de Trump; des appels pour sa destitution; de furieuses demandes à l'égard de son administration pour qu'elle reconnaisse son implication dans n'importe lequel des complots politiques et mondiaux; des #Resist-ers; des conducteurs et des passagers du #TrumpTrain, des défenseurs exaltés de son personnage...»

On y retrouve des humoristes, des acteurs, des médecins, des politiques, des activistes, des journalistes, et vient sûr des trolls.

Concours de popularité

 

Le but du jeu, derrière ce flot mélangeant insultes, blagues et soutiens indéfectibles est d'apparaître dans les réponses les plus populaires sous le tweet de Donald Trump grâce au classement algorithmique de Twitter. En plus d'apparaître comme celui ou celle qui a défié le président sur son terrain, l'internaute grappille des milliers de retweets, de cœurs, et de nombreux abonnés supplémentaire.

Avec sa réponse spontanée, formulée en dix secondes sous le tweet du président, le journaliste Mike Elgan a atteint 800.000 personnes en quelques heures et gagné 300 abonnés. Sur le site de Recode, il a expliqué sa démarche et conseillé aux lecteurs d'utiliser TweetBot ou Tweetdeck pour voir les messages de Trump dans la seconde, et de privilégier des réponses fact-checkant ses propos. Ainsi, on optimise ses chances de «top reply», de «top réponse».

Ne pas bloquer

 

«Interagir avec Trump est devenu le plus étrange des hacks pour améliorer sa croissance», note Buzzfeed, et ce que l'on soit pro ou anti-Trump, bots ou non. Mike Cernovich, le blogueur de la «nouvelle droite», a battu des records de visibilité avec de simples réponses comme «Construis le mur!» ou «L'Amérique devrait accepter les électeurs de #MarineLePen comme réfugiés politiques».

Trump pourrait évidemment bloquer ces gens, et il l'a souvent fait. Mais les avocats de Twitter lui ont fait savoir qu'une telle manœuvre était une violation du Premier amendement. Si même la Constitution dit que répondre au président est un droit, difficile de ne pas participer à ce jeu d'un nouveau genre. 

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