France

Voici les 16 candidats de La République en marche (sur 526) éliminés au premier tour

Grégor Brandy et Mathilde Dumazet, mis à jour le 12.06.2017 à 16 h 35

Ce dimanche soir, on a dénombré 510 qualifiés pour le second tour, et seize malheureux, qui feraient presque figure d'anomalie.

Loser | Lenore Edman via Flickr CC License by

Loser | Lenore Edman via Flickr CC License by

Ils sont seize. Seize candidats investis par La République en marche n'ont pas réussi à se qualifier pour le second tour des législatives. BuzzFeed en a identifié 19, mais parmi eux, certains n'étaient soutenus que par le Modem, et ne se trouvaient pas sur la liste des candidats investis par le parti d'Emmanuel Macron.

Autant dire que dans un parti qui a déjà élu deux candidats au premier tour (Paul Molac dans la quatrième circonscription du Morbihan et Sylvan Maillard dans la première de Paris), ces éliminations font presque figure d'anomalies. Petit passage en revue de ces candidats battus.

1.Alain Husillos-CrespoTroisième circonscription de l’Aisne

Soutien inébranlable de François Bayrou aux élections présidentielles de 2007 et 2012, Alain Husillos-Crespo faisait partie de ceux qui ont été investis dans un deuxième temps par LREM. C’est Marc Delatte qui a dû lui céder sa place dans la troisième circonscription de l’Aisne pour faire de la place au Modem. Il a mené une «campagne éclair», selon l’Union et cela pourrait bien être l’origine de son élimination. Il est arrivé troisième derrière le Front national et le parti socialiste avec 18% des voix. Une défaite un peu dure à avaler pour un candidat particulièrement remonté contre Marine Le Pen. Dans un message publié sur sa page Facebook le soir du scrutin il a déclaré être arrivé «troisième dans une circo déjà vendue au FN».

2.Christelle VorillionTroisième circonscription des Ardennes

«Chères Ardennaises, chers Ardennais, vous ne me connaissez pas, et pour cause», déclarait-elle dans une vidéo postée sur sa page Facebook. Isabelle Raviart, une commerçante sedanaise populaire et pressentie pour l’investiture avait effectivement admis ne pas la connaître lorsque le nom de Christelle Vorillion avait été dévoilé pour la troisième circonscription des Ardennes. Son nom avait été retiré de la liste dans la soirée, avant d'être réintégré quelques jours plus tard. Selon un militant interrogé par l’Union, elle aurait refusé l’investiture pour des raisons de santé. Investiture qu’elle a fini par accepter après la publication de la liste définitive des candidats. Elle est arrivée troisième derrière Les Républicains et le Front national. «Étant donné que je n’ai pas la confiance des citoyens et qu’ils pensent que je n’ai rien à apporter [...], je me retire du monde politique», a-t-elle déclaré sur son compte Facebook après sa défaite.

3.Jean-Charles OrsucciDeuxième circonscription de la Corse-du-Sud

Dès septembre 2016, le maire PS de Bonifacio pensait à déposer sa candidature pour les législatives, mais c’est en mars 2017 qu’il a officiellement soutenu Emmanuel Macron. Fervent défenseur d’En Marche, il avait commencé à faire campagne avant l’élection de son candidat. Sa «proximité» avec le président n’aura pas suffi à lui ouvrir les portes du Palais Bourbon. Il est arrivé troisième derrière le candidat des Républicains et le candidat régionaliste. Si ce dernier et d’autres candidats nationalistes corses accédaient à l’Assemblée, «ils n’auraient aucune visibilité médiatique et ne bénéficieraient d’aucune logistique de groupe», selon Jean-Charles Orsucci.

4.François OrlandiPremière circonscription de la Haute-Corse

Le président du Conseil Départemental de la Haute-Corse est en colère. Investi officiellement par En Marche, il n’était pas le seul à jouer sur les valeurs et le programme portés par le président de la République: Julien Morganti, référent politique du mouvement en Haute-Corse a maintenu sa candidature, devenant ainsi un candidat dissident. C’est probablement ce qui a empêché François Orlandi d’accéder au second tour, il arrive troisième (20,64%) avec un peu plus de 200 voix de retard sur le candidat des Républicains. Julien Morganti arrive quatrième avec 8,4% des voix. À la question «êtes-vous responsable de l’échec de LREM dans votre circonscription», il a répondu par la négative en dénonçant une mauvaise stratégie de la part du mouvement.

5.Bertrand TrepoCinquième circonscription de la Marne

Présenté comme un vigneron, Bertrand Trepo est néanmoins plus du côté du marketing œnologique que des vendanges dans le vignoble dont il a hérité en Champagne. Diplômé d’HEC, il a notamment défendu l’inscription de la Champagne au patrimoine mondial de l’Unesco. Candidat dans la cinquième circonscription de la Marne, il faisait face au centriste Charles De Courson, en poste depuis vingt-quatre ans, et au candidat du Front national, Thomas Laval, porté par le score de Marine Le Pen au second tour dans sa circonscription (52%). Bertrand Trepo est arrivé troisième avec un peu moins de 250 voix d’écart avec Thomas Laval.

6.Vincent BerthetDeuxième circonscription de la Haute-Marne

À 34 ans, ce chercheur-professeur-chargé de mission au ministère de l’Enseignement supérieur (secteur sciences humaines et de la société) avait repris ses études pour effectuer un Master 2 en affaires publiques et administration du politique à la Sorbonne. Une bonne préparation au métier de député qui lui servira peut-être en 2022. Après sa défaite, il a en effet publié un message d’espoir sur son compte Facebook: «Au-delà de la déception, je veux voir dans le résultat de ce soir un début plutôt qu’une fin.» Trois semaines de campagne n’auront pas été suffisantes pour dépasser les candidats LR et FN, il arrive troisième avec 21,2% des voix.

7.Sarah RobinTreizième circonscription du Nord

Arrivée à Dunkerque en septembre, Sarah Robin n’a pas su s’imposer face à deux barons de la politique dans le Nord-Pas-De-Calais: Christian Hutin, Les Républicains, élu local depuis 1995 et Philippe Eymery, Front national, élu au conseil régional en 1986, alors que la jeune candidate n’était même pas encore née. Son CV était pourtant loin d’être vide: parlement européen des jeunes, HEC Montréal, cabinet du Directeur général de l’ONU à Genève, Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en europe, think-tank. Elle arrive en troisième position en nombre de voix et en première en nombre d’abonnés Twitter grâce à une campagne particulièrement active sur les réseaux sociaux. Elle est la plus jeune des candidats investis par LREM éliminés au premier tour.

8.Chantal RybakSeizième circonscription du Nord

Son nom avait été annoncé dans la soirée qui avait suivi la publication de la première liste des candidats investis. Sauf qu’elle n’était pas au courant. Elle avait accepté la proposition de candidature, mais n’avait pas reçu d’instructions pendant plusieurs semaines tandis que des rumeurs circulaient sur l’investiture du candidat PS Frédéric Delannoy. Affiliée au Modem, elle aurait été «parachutée» pour pallier le manque de candidat issu du parti centriste. Cette documentaliste, ancienne adjointe à la mairie de Douai arrive en troisième position, à seulement 77 voix derrière le candidat communiste (20,45%) et celle du Front national, arrivée en tête avec 29% des voix.

 

9.Daniel ZielinskiVingtième circonscription du Nord

Jamais élu, Daniel Zielinski passera une nouvelle fois son tour. Inspecteur général de la Jeunesse et des sports, il avait été investi par La République en marche, il y a un mois, mais n'a pas réussi à se faire une place dans cette circonscription historiquement communiste, où Alain Bocquet était élu sans discontinuer depuis 1981. Le candidat de la majorité présidentielle termine troisième à 800 voix d'une potentielle qualification (20,17%). Au second tour, ce sont le communiste Fabien Roussel (23,61%) et le candidat FN Ludovic de Danne (22,65%) qui s'affronteront.

10.Dominique PiedfortSeptième circonscription du Pas-de-Calais

Un petit point: c'est ce qu'il manque à Dominique Piedfort pour aller chercher une place au second tour de ces législatives dans la septième circonscription du Pas-de-Calais. Investie à la dernière minute en lieu et place de Karl Bouche, qui souhaitait «se consacrer pleinement à sa vie de famille», Dominique Piedfort termine à la troisième place d'une circonscription détenue par les socialistes depuis 1997. Pourtant, elle devance largement le député sortant, le socialiste Yann Capet (12,68%). Mais ses 20,32% ne sont pas suffisants pour passer devant le candidat des Républicains Pierre-Henri Dumont (21,67%), et le candidat frontiste Philippe Olivier (24,40%).

11.Raynald Magnien CœurdacierQuatrième circonscription des Vosges

Ils étaient trois à se présenter sous l'étiquette «majorité présidentielle» dans la quatrième circonscription des Vosges, mais un seul accède au second tour, et ce n'est pas le candidat Modem, investi par la République en marche. Raynald Magnien Cœurdacier a été battu (17,34%), ce dimanche 11 juin, et termine à la troisième position. Son score ne lui permet pas de se maintenir. Il termine derrière le candidat des Républicains, Jean-Jacques Gaultier (22,09%), et Christian Franqueville le député socialiste sortant, qui se présente sous l'étiquette «majorité présidentielle» (18,5%).

12.Chantal MaignanPremière circonscription de la Martinique

Alfred Marie-Jeanne ne se représentant pas, la première circonscription de la Martinique devait se choisir un nouveau (ou un nouvelle) député. Ce ne sera cependant pas une candidate de La République en marche, puisque Chantal Maignan a fini en troisième position, derrière deux candidats divers gauche et divers –Josette Manin (24,81%), qui pourrait devenir la première femme députée de Martinique, et Philippe Edmond-Mariette (17,67%)– et qu'elle n'a pas récolté assez de voix pour se maintenir au second tour et forcer une triangulaire.

13.Max OrvilleTroisième circonscription de la Martinique

Le président du Modem Martinique doit lui aussi dire adieu à ses chances de rejoindre l'hémicycle. Il a été largement battu dans la troisième circonscription de la Martinique, où il a fini à 5,34% des suffrages exprimés, loin derrière les plus de 60% de Serge Letchimy, qui «n'a raté sa réélection dès le premier tour qu'à cause de l'abstention classique à Fort-de-France», souligne Outre Mer Première. Il affrontera Françis Carole au second tour. Max Orville a néanmoins fini devant Miguel Laventure, conseiller exécutif de la collectivité territoriale de Martinique.

14.Carine GarciaTroisième circonscription de la Réunion

Sur les quatre candidates en lice à La Réunion, Carine Garcia qui voulait être «une force nouvelle» fait partie des trois éliminées. Investie dans la troisième circonscription de l'île, elle a terminé à la quatrième place, et n'a pas réalisé un score assez élevé (10,69%) pour forcer une quadrangulaire. Elle arrive loin derrière la candidate Les Républicains Nathalie Bassire (28,28%), le candidat divers droite Jacquet Hoarau (26,20%), et le socialiste Jean-Jacques Vlody (11,42%). Sur Facebook, elle regrette que «les appareils municipaux [soient] hélas bien présents dans encore beaucoup de communes de l'île», même si elle a fini «dans trois villes sur quatre devant la personne qui a été qualifiée pour ce second tour».

15.Anaïs PatelQuatrième circonscription de la Réunion

La marche était également trop haute pour Anaïs Patel, qui finit troisième dans la quatrième circonscription de l'île (13,56%). Elle arrive loin derrière le candidat des Républicains, David Lorion (33,22%), et la candidate divers gauche Virginie Gobalou (23,63%). L'ancienne attachée parlementaire du député sortant Jean-Jacques Vlody (troisième circonscription) et cheffe d'entreprise avait choisi de tenter sa chance de son côté cette fois-ci, sans succès.

«Je me suis rendu compte pendant ces cinq ans où j’étais collaboratrice parlementaire qu’il y avait beaucoup de projets que je souhaitais porter et qui n’étaient pas validés par monsieur Vlody. Donc je me suis dit que j’avais aussi mon projet. Lorsque j’ai créé le mouvement En marche! à La Réunion en mai 2016, alors qu’Emmanuel Macron était encore ministre de l’Économie, j’ai été poussée par son équipe qui m’a incité d’y aller.»

16.Léopoldine Settama-VidonCinquième circonscription de la Réunion

Comme Carine Garcia et Anaïs Patel, Léopoldine Settama-Vidon a été battue au premier tour des législatives (15,92%). La candidate de La République en marche dans la cinquième circonscription de l'île est pourtant passée près d'une qualification pour le second tour puisqu'elle ne compte que 333 voix de retard sur Jean Hugues Ratenon, candidat divers-gauche, qui arrivé en deuxième position. C'est le candidat des Républicains, Daniel Gonthier, qui est largement arrivé en tête dans cette circonscription (30,51%).

Grégor Brandy
Grégor Brandy (439 articles)
Journaliste
Mathilde Dumazet
Mathilde Dumazet (13 articles)
Étudiante à l'école de journalisme de Sciences Po
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