Science & santé

Les mouvements de votre souris peuvent révéler si vous mentez sur le web

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 12.06.2017 à 12 h 55

Repéré sur Science Magazine

Un algorithme basé sur les mouvements des souris d’ordinateur permettrait de détecter les usurpateurs d’identité.

Un homme navigue sur le web avec sa souris dans un café à Pékin, en juin 2017. GREG BAKER / AFP

Un homme navigue sur le web avec sa souris dans un café à Pékin, en juin 2017. GREG BAKER / AFP

Tous les ans, des millions de gens se font voler leur identité sur internet, comme le montre Science Magazine. Quand quelqu’un veut s’en amuser pour pourrir votre compte Facebook d’informations compromettantes, c’est embêtant. Quand il s’agit de vous dérober des informations bancaires pour vider votre compte, ça devient très dangereux.

Une équipe de chercheurs de l'université de Padoue en Italie s’est penchée sur ce problème et a développé une intelligence artificielle pour y répondre: un algorithme analysant les mouvements des souris d’ordinateur.

Observer la trajectoire de la souris

 

L’expérience, publiée dans le journal Plos One, est assez simple. Les chercheurs ont demandé à une vingtaine de volontaires de mémoriser les détails d’une fausse identité. Ces personnes devaient ensuite répondre par oui ou non à une série de questions telles que «Quel est votre nom?» ou encore «Êtes vous né en 1991?» Parmi ces questions attendues par les testeurs, les chercheurs ont glissé des questions inattendues concernant leurs nouvelles identités, telle que «Quel est votre signe astrologique?» Des fraudeurs connaissent une date de naissance, mais n’ont pas forcément réfléchi au signe du zodiac de la personne dont ils usurpent l’identité.

Les chercheurs se sont alors improvisés chats, surveillant les faux-pas des souris. En observant le temps de réaction de la souris des volontaires et en regardant sa trajectoire depuis le bas de l’écran jusqu’aux cases oui et non, l’algorithme élaboré a su détecter les menteurs dans 90% à 95% des cas. Quand les testeurs répondaient à une question inattendue sur leur fausse identité, ils mettaient de fait plus de temps à répondre et effectuaient des mouvements de souris douteux –ils déviaient notamment de la ligne droite qui se trace logiquement quand on est sûr de sa réponse.

Une méthode réellement efficace?

 

Un concept novateur, mais difficile de dire s’il pourra être mis en application à grande échelle. Giorgia Ganis, neuroscientifique à l’université de Plymouth au Royaume-Uni, doute de l’efficacité de l’algorithme:

«Les criminels et les fraudeurs passent du temps à rechercher un maximum d’éléments sur l’histoire et l’identité de leurs victimes. Trouver des questions surprenantes ou déstabilisantes peut être compliqué.»

Mais selon Giuseppe Sartori, membre du groupe de chercheurs ayant élaboré l’algorithme, même si un fraudeur apprend une quantité de choses sur la personne dont il veut usurper l’identité, la liste des questions inattendues et donc potentiellement piégeuses reste illimitée.

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