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Le siège d’Apple, ce grand projet signé Steve Jobs qui tourne le dos à l’avenir

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 10.06.2017 à 9 h 16

Repéré sur Wired

Le nouveau bâtiment semble davantage répondre à des exigences du XXe siècle que du XXIe.

Photo: Apple.

Photo: Apple.

Le nouveau siège d’Apple à Cupertino en Californie –l’Apple Park conçu par Norman Foster– prend peu à peu vie depuis le mois d'avril. Tout naturellement, il fait l’objet d’une intense couverture médiatique en raison de la démesure du projet, et de la volonté de la firme de rester fidèle à son souci obsessionnel du détail et du contrôle. La prouesse architecturale de ce «Spaceship» qui focalise l’attention, vaisseau encore qualifié de «Ring» (anneau) pour sa forme circulaire, masque pourtant le profond anachronisme du projet, note le site Wired, qui ne tarit pourtant pas d’éloge sur Apple.

Construire un siège d’entreprise en banlieue résidentielle était la norme dans la deuxième moitié du XXe siècle, quand l’isolation était perçue comme productive et bénéfique pour cultiver l’esprit d’entreprise. Jugés dans les années 1950 comme «sales, trop peuplées et trop divers» par l’Amérique des affaires, les centre-villes étaient alors contournés au profit de la banlieue. Mais les mentalités ont évidemment évolué depuis, et le futur bâtiment Apple tourne le dos à la ville et à la population à une époque qui valorise à l’inverse une inclusion de la sphère économique dans la société.

Manque de flexibilité

 

La volonté d’isolement d’Apple se matérialise aussi par sa réticence à contribuer à l’aménagement urbain de la Silicon Valley, qui connaît une crise du logement sans précédent en raison de l’afflux toujours plus important de travailleurs de l’industrie high-tech. Alors que les sièges de Google, Facebook ou Amazon (basée à Seattle) ont fait «des pas de bébé» dans la direction d’une architecture plus en phase avec leur environnement, en construisant par exemple des logements, Apple semble incarner un modèle daté.

Autre problème, le bâtiment qui a coûté 5 milliards de dollars sera beaucoup trop marqué par l’empreinte d’Apple et de Steve Jobs pour être un jour réemployé par une autre entreprise ou dans le cadre d’un autre usage. Alors que l’Apple Park devait être le dernier grand projet de son fondateur décédé en 2011, qui en avait conçu le principe, conclut Wired, et le voyait comme une extension de sa vision de l'entreprise, le bâtiment «ressemble à un cercle, mais est en réalité une pyramide: un monument plus en phase avec un passé en décomposition qu'avec le futur complexe» qui nous attend.

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