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Voici les questions auxquelles James Comey n'a pas voulu ou pu répondre pendant son audition

Grégor Brandy, mis à jour le 09.06.2017 à 14 h 55

L'ancien patron du FBI était interrogé par des sénateurs américains, ce 8 juin.

James Comey, le 8 juin 2017, à Washington. Brendan Smialowski / AFP

James Comey, le 8 juin 2017, à Washington. Brendan Smialowski / AFP

James Comey n'a pas reculé. L'ancien patron du FBI a été auditionné par le Sénat ce jeudi 8 juin pendant plus de deux heures et demie. Entre les instructions sur Michael Flynn, l'enquête sur la Russie que Trump ne lui a pas demandé explicitement d'arrêter, les fuites organisées à la presse, et les «enregistrements» dont il espère l'existence, son audition a fait couler beaucoup d'encre. On pourrait passer des heures sur ce que James Comey a révélé ou confirmé, mais il faut aussi s'intéresser à ce qu'il n'a pas dit. Comme l'indique Quartz, ces absences de réponses soulèvent parfois encore plus de questions.

Au total, a compté le site FiveThirtyEight, James Comey a refusé de répondre en public à treize reprises aux questions formulées par les sénateurs américains. Nous les avons classés en cinq catégories.

Sur les relations entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie

- Sénateur Martin Heinrich: «Il y a des articles sur le fait que la future administration Trump, soit pendant la transition et/ou après l'investiture, a essayé de mettre en place un canal secret de communication avec le gouvernement russe en utilisant leur infrastructure, leurs appareils, leurs installations. Quels seraient les risques particulièrement pour une transition, pour quelqu'un qui n'est pas encore président, de mettre en place des canaux non-autorisés avec un gouvernement étranger hostile, particulièrement quand ils échappent aux services de renseignement américain?»

Réponse de James Comey: «Je ne vais pas commenter sur ce qui a pu se passer ici. Mais le risque est que... le premier est évident: vous épargnez aux Russes les coûts et les efforts à faire pour infiltrer nos canaux de communication en utilisant les leurs. Donc c'est plus facile pour eux d'enregistrer toutes vos conversations, et les utiliser ensuite pour leur bénéfice contre les États-Unis.»

- Sénateur Tom Cotton: «Le 14 février, le New York Times a publié un article dont le titre était “Des associés de la campagne Trump ont eu des contacts répétés avec les renseignements russes.” On vous a demandé plus tôt si cet article était faux, et vous avez dit que oui, principalement. Pourrions-nous qualifier cette histoire de presque totalement fausse?»

Réponse de James Comey: «Oui.»

Tom Cotton: «Avez-vous eu, au moment où cet article a été publié, des indications de quelque contact que ce soit entre l'entourage de Trump et les agents du renseignement russe, d'autres hauts fonctionnaires, ou des proches du gouvernement russe?»

Réponse de James Comey: «Je ne peux pas répondre à cette question ici.»

- Sénateur Angus King: «Que savez-vous de la banque russe VEB?» [Dont le patron a supposément rencontré Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, pendant la transition.]

Réponse de James Comey: «Rien que je puisse dire en public.»

- Sénatrice Kamala Harris: «Êtes-vous au courant de réunions entre responsables de l'administration Trump et responsables russes pendant la campagne, et qui n'ont pas été dévoilées par ces personnes?»

Réponse de James Comey: «Si je me souviens bien, ce n'est pas une question à laquelle je peux répondre en public.»

Kamala Harris: «Êtes-vous au courant de tentatives de la part de responsables de la campagne Trump ou de personnes associées à cette campagne pour cacher leurs communications avec les responsables russes, via des communications chiffrées ou d'autres moyens?»

Réponse de James Comey: «Je vais devoir vous répondre la même chose, sénatrice.»

Kamala Harris: «Au cours de l'enquête du FBI, êtes-vous tombés sur quoi que ce soit laissant suggérer que les communications, enregistrements, documents ou autres preuves aient été détruits?»

Réponse de James Comey: «Je crois que je vais devoir vous donner la même réponse, parce que cela touche l'enquête.»

Kamala Harris: «Et êtes-vous au courant de tentatives pour cacher les communications entre ces responsables de campagne et des responsables russes?»

Réponse de James Comey: «Je crois que je vais devoir vous donner la même réponse, sénatrice.»

Sur l'enquête sur le général Michael Flynn

- Sénateur Angus King: «À propos de l'enquête sur Flynn, n'est-il pas vrai que M. Flynn était et est toujours une figure centrale dans toute cette enquête sur la relation entre la campagne Trump et les Russes?»

Réponse de Comey: «Je ne peux pas répondre à cela en public, monsieur.»

Angus King: «Et M. Flynn faisait partie de votre soi-disant enquête russe. Pouvez-vous répondre à cette question?»

Réponse de James Comey: «Je vais devoir vous donner la même réponse.»

- Sénateur Tom Cotton: «Un article du 23 janvier publié dans le Washington Post est titré: “Le FBI a passé en revue les appels de Flynn avec l'ambassadeur russe, mais n'a rien trouvé d'illicite”. Cet article dit-il vrai?»

Réponse de James Comey: «Je ne veux pas commenter sur ce sujet, sénateur, parce que je suis à peu près sûr que le FBI n'a confirmé aucune interception de communications. Et je ne veux donc pas en parler en public.»

- Sénateur Tom Cotton: «Avez-vous été près, à un moment, de clore l'enquête sur M. Flynn?»

Réponse de James Comey: «Je ne pense pas pouvoir parler de ça en public non plus.»

Sur Donald Trump

- Sénateur Tom Cotton: «Portons notre attention sur l'activité sous-jacente en cause ici: le piratage russe des e-mails et leur publication, et les allégations de collusion. Pensez-vous que Donald Trump était de connivence avec la Russie?»

Réponse de James Comey: «C'est une question à laquelle je pense que je ne devrais pas répondre en public. Comme je l'ai dit, quand je suis parti, nous n'avions pas d'enquête portant sur le président Trump. Mais c'est une question à laquelle je pense que l'enquête répondra.»

- Sénateur Richard Burr: «Dans le domaine public, il y a cette question sur le dossier Steele, un document qui tourne depuis près d'un an maintenant. Je ne sais pas quand le FBI en a pris possession pour la première fois, mais les médias l'ont eu avant vous et nous. Au moment de votre départ du FBI, est-ce que le FBI était en mesure de confirmer les allégations criminelles que contenait ce document?»

Réponse de James Comey: «M. le président, je ne pense pas que ce soit une question à laquelle je puisse répondre en public. Il faudrait dévoiler les détails de l'enquête.»

- Sénateur Richard Burr: «Quand vous avez lu ce dossier, quelle était votre réaction, étant donné qu'il était complètement consacré au président-élu?»

Réponse de James Comey: «Ce n'est pas une question à laquelle je peux répondre ici, M. le président.»

- Sénateur Angus King: «Est-ce qu'il y a une enquête ou une vérification sur le dossier, est-ce qu'il y a un suivi?»

Réponse de James Comey: «Je ne peux évidemment pas faire de commentaire dans un sens ou dans l'autre. Je ne peux pas parler en public de l'enquête là où elle en était quand j'étais encore chef du FBI. Et c'est évidemment la responsabilité de Bob Mueller maintenant, donc je ne sais simplement pas.»

Sur Jeff Sessions

Sénateur Ron Wyden: «Comment qualifieriez-vous l'adhésion du procureur général à sa récusation, en particulier en ce qui concerne son implication dans votre licenciement, dont le président a reconnu que c'était en raison de l'enquête sur la Russie?»

Réponse de Comey: «C'est une question à laquelle je ne peux pas répondre. Je pense que c'est une question raisonnable. Si, comme le président l'a dit, j'ai été viré à cause de l'enquête sur la Russie, pourquoi est-ce que le procureur général était impliqué dans cette chaîne? Je ne sais pas et je n'ai donc pas de réponse à cette question.»

Sur l'affaire des e-mails d'Hillary Clinton

Sénateur Richard Burr: «Permettez-moi de revenir, si je peux, très brièvement sur la décision d'évoquer publiquement les résultats de votre enquête sur les e-mails. Cette décision a-t-elle été influencée par la rencontre sur un tarmac entre la procureure générale et l'ancien président Bill Clinton

Réponse de James Comey: «Oui. D'une façon finalement définitive, c'est ce qui m'a poussé à faire quelque chose séparément pour protéger la crédibilité de l'enquête, ce qui voulait dire à la fois le FBI et le département de la Justice.»

Richard Burr: «Y a-t-il d'autres choses qui ont contribué à cela et que vous pouvez décrire en public?»

Réponse de James Comey: «Il y avait d'autres choses qui ont contribué à cela. Un élément important que je ne peux pas décrire, mais je sais que le comité en a été informé.»

Grégor Brandy
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