Monde

Aux Émirats arabes unis, soutenir le Qatar peut vous valoir quinze ans de prison

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 09.06.2017 à 13 h 42

Repéré sur Motherboard

Les Émirats arabes unis ne plaisantent au sujet de leur rupture diplomatique avec le Qatar: toute forme de cyber-soutien à Doha est désormais passible de plusieurs années d’emprisonnement et d’une lourde amende.

Le président des Emirats arabes unis, Khalifa ben Zayed Al Nahyane, durant un voyage diplomatique à Londres en 2013. DAN KITWOOD / POOL / AFP

Le président des Emirats arabes unis, Khalifa ben Zayed Al Nahyane, durant un voyage diplomatique à Londres en 2013. DAN KITWOOD / POOL / AFP

Le 5 juin dernier, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, le Yémen, Bahreïn ainsi que les Émirats Arabes Unis ont annoncé rompre tous leurs liens diplomatiques et physiques avec le Qatar. Le petit émirat est accusé de financer le terrorisme et de soutenir des groupes tels qu’Al-Qaida, l’État islamique ou encore les Frères musulmans.

Une rupture totale que les Émirats arabes unis ont pris au pied de la lettre, comme l'explique Motherboard: le 7 juin, le procureur général du pays, Hamad Said al-Shamsi, a déclaré que toute personne qui ferait part de son soutien au Qatar sur les réseaux sociaux et sur internet en général encourait plusieurs années de prisons doublées d’une lourde amende.

«Des mesures fermes et strictes seront prises contre ceux qui témoigneront d’une quelconque forme de sympathie envers le Qatar, et contre ceux qui critiquent la position des Émirats arabes unis, que ce soit à travers les réseaux sociaux, ou par n'importe quelle forme écrite, visuelle ou verbale.»

Le combat permanent des Émirats arabes unis contre les «cyber-crimes»

Plus question donc de liker une publication Facebook pro-qatari ou de retweeter un post critiquant la rupture diplomatique décidée par Abou Dabi. Une telle «infraction» est passible de trois à quinze ans de prison ainsi que d’une amande de 136.000 dollars (soit environ 120.000 euros), en conformité avec le décret fédéral contre les cyber-crimes, entré en vigueur en 2012. Il précise notamment que «quiconque menace les intérêts, la stabilité et l’unité national du pays» encourt de telles sanctions.

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La notion d’«expression de sympathie» envers le Qatar n’a pas été explicitée par le procureur général, mais tout laisse à penser que la justice émirienne ne sera pas clémente avec les internautes. Le pays possède des lois très strictes en matière de cyber-criminalité et de diffamation. Des journalistes, des intellectuels et des activistes sont régulièrement emprisonnés pour avoir critiqué le gouvernement sur les réseaux sociaux.

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