France

La liste des évadés fiscaux de la HSBC serait truffée d'erreur

Slate.fr, mis à jour le 20.12.2009 à 21 h 37


Les données volées par un ex-employé de la HSBC que détiennent les autorités françaises sont soit incomplètes soit comportent des erreurs, assure le directeur général de la filiale genevoise de la banque britannique HSBC dans une interview publiée dimanche par le journal suisse Le Matin.

Alexandre Zeller, directeur général de la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation (HSBC) à Genève, a affirmé au journal suisse que la liste comportait moins de dix noms, soupçonnés par la France d'évasion fiscale ou blanchiment d'argent. «La seule chose de concrète que nous ayons pu voir à ce jour, c'est une liste de sept noms que nous a montrée le ministère public de la Confédération. Après vérification, nous pouvons affirmer que cette liste comporte des inexactitudes et des incohérences. Les données de Falciani (ex-salarié de la banque à Genève ayant volé ces données) que j'ai vues sont soit incomplètes soit comportent des erreurs.»

La Suisse fait pression sur la France pour récupérer les informations confidentielles que Hervé Falciani a dérobées entre 2006 et 2007 et qui ont servi à alimenter partiellement la liste de fraudeurs détenue par le ministère français de l'Economie et des Finances.

«Dans les banques on ne met jamais toutes les données ensemble. La personne que nous avons employée loyalement pendant huit ans a pris en quelque sorte des pièces de plusieurs puzzles et a essayé de les mettre ensemble», assure le directeur général. «Ces données restent toutefois extrêmement difficiles à exploiter, tant sur le plan technique que juridique.»

Dans le cadre de cette affaire, le procureur de la République de Nice Eric de Montgolfier a ouvert une enquête pour blanchiment d'argent. Il a confirmé avoir transmis au fisc français les données concernant des soupçons d'évasion fiscale. Selon lui, il y a «beaucoup plus» de 3 000 noms sur les listings dérobés en Suisse, «et ils ne concernent pas uniquement la France». Il a évoqué 130.000 noms.

«Je n'ai aucune crainte de cas de blanchiment dans notre banque. Quel que soit le pays, nous sommes très stricts là-dessus. S'il y avait le moindre souci, nous l'aurions dénoncé. Eric de Montgolfier parle de «déceler s'il y a des soupçons de blanchiment», parce que c'est la seule façon pour lui de garder ce dossier», ajoute Alexandre Zeller.

Les autorités helvétiques qui ont ouvert le 29 mai 2008 une enquête contre Hervé Falciani accusé de violation du secret bancaire, assurent qu'il a tenté de vendre ces listes et les les codes permettant de les déchiffrer, à plusieurs Etats.

[Lire l'article complet sur Le Matin]


Lire également: Evasion fiscale: Eric Woerth aurait menti, Faisons une croix sur la Suisse et Comment réussir son évasion fiscale.

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Image de Une: Coffres d'une banque de Zurich. REUTERS/Christian Hartmann
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