Monde

C'est Donald Jr., le fils de Trump, qui a tweeté l'audience de l'ex-chef du FBI

Claire Levenson, mis à jour le 09.06.2017 à 10 h 39

Si le président est resté silencieux au sujet du témoignage de James Comey, son fils Donald Jr. s'est déchaîné contre lui sur Twitter.

James Comey, l'ancien directeur du FBI, prête serment avant son audience devant le Sénat le 8 juin 2017 à Washington | MARK WILSON/AFP

James Comey, l'ancien directeur du FBI, prête serment avant son audience devant le Sénat le 8 juin 2017 à Washington | MARK WILSON/AFP

Alors que l'ancien directeur du FBI, James Comey, témoignait au Sénat au sujet de l'enquête sur les liens entre des proches de Donald Trump et la Russie, le président américain était très occupé à la Maison-Blanche.

En effet, ce jeudi 8 juin, ses conseillers avaient préparé un programme chargé afin d'empêcher le président d'écrire des tweets gênants en réaction aux propos de  l'ex-chef du FBI. Après l'avoir limogé début mai, Trump avait qualifié Comey de «fanfaron» et de «cinglé».

Le journaliste du Washington Post Robert Costa explique que, selon ses sources à la Maison-Blanche, «Trump était très occupé par des réunions avec Mattis [le ministre de la Défense], Tillerson [le Secrétaire d'Etat], McMaster [conseiller à la sécurité nationale] et la préparation d'un discours sur la foi et la liberté.»

«Des sources à la Maison-Blanche me disent qu'ils sont soulagés que Trump n'ait pas live-tweeté. C'était une inquiétude qu'ils avaient en début de semaine. Don Jr. a pris la relève de son père».

Le jour avant l'audition, Politico avait déjà rapporté que les conseillers du président allaient essayer de faire en sorte qu'il ne regarde pas le témoignage de James Comey à la télévision. 

«Mais s'il veut regarder, on ne peut pas lui dire “oh la télé ne marche pas”», avait confié un officiel.

Les bars de Washington qui avaient promis des tournées gratuites à chaque tweet du président n'ont finalement rien offert. 

A la place de Donald Trump, c'est son fils, Donald Jr., qui s'est lâché sur Twitter: il a tweeté et retweeté une quarantaine de fois pendant l'audience au Sénat. Son frère Eric avait récémment déclaré que l'enquête sur les liens entre la Russie et l'équipe de campagne de Trump était «le plus gros canular de l'histoire»Et c'est dans cet esprit que Donald Jr. a commenté l'audience. Il a notamment retweeté ceci:

«La tête que tu fais quand tu te rends compte que tu as gâché six mois de ta vie sur un truc qui n'existe pas. #CanularRussie #JournéeComey.»

Il a aussi retweeté plusieurs personnalités conservatrices et complotistes, dont Bill O'Reilly, un ancien de Fox News poursuivi pour harcèlement sexuel, et Michelle Malkin, une invitée régulière de Fox News, qui a qualifié James Comey de «lâche». 

Une des questions cruciales de l'audience était de savoir si certaines conversations entre Trump et Comey constituent une tentative d'obstruction à la justice de la part du président. Lors de leurs nombreuses conversations en tête à tête, Trump a demandé au directeur du FBI de suspendre l'enquête sur Michael Flynn, l'ancien conseiller de Trump, et de «dissiper le nuage» de l'enquête sur la Russie. 

Selon Comey, le président a dit:

«J'espère que vous allez pouvoir laisser tomber cela, laisser Flynn tranquille. C'est quelqu'un de bien. J'espère que vous allez laisser tomber cela.»

Le sénateur républicain Jim Risch a demandé à Comey de faire la différence entre le fait d'«espérer» et d'«ordonner». Pour lui, il ne peut y avoir de soupçon d'obstruction si le président a juste dit qu'il espérait.

Pour Donald Jr., cela ne fait également aucun doute:

«On est très loin de toute coercition ou influence, certainement pas d'obstruction!»

«Je connais mon père depuis 39 ans et quand il "ordonne ou dit" à quelqu'un de faire quelque chose, il n'y a pas d'ambiguïté, vous saurez exactement ce qu'il veut dire.»

Lors de l'audience, l'ancien directeur du FBI a expliqué que le contexte –un tête à tête avec le président– changeait un peu la donne:

«Cest le président des États-Unis, seul avec moi, qui me dit qu'il espère quelque chose. Je l'ai compris comme: c'est ce qu'il veut que je fasse. Je n'ai pas obéi, mais c'est ainsi que je l'ai compris.»

Lorsqu'un autre sénateur lui a demandé s'il s'agissait selon lui d'une obstruction à la justice, Comey a répondu que ce serait à Robert Mueller, le procureur chargé de l'enquête sur la Russie, de le déterminer. 

Claire Levenson
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Journaliste
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