Culture

Les films d’horreur deviennent-ils plus intellectuels?

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 09.06.2017 à 17 h 18

Repéré sur Vulture

Au-delà de vous faire sursauter sur votre canapé, certains films d’épouvante essayent désormais de s’attaquer à des questions sociales et sociétales contemporaines.

Auparavant caractérisés par des effusions de sang et des monstres de toutes sortes, les films d’horreur de ces dernières années laissent à penser que le genre s’intellectualise petit à petit, comme le démontre Vulture dans une courte vidéo.

«Les films d’horreur n’ont jamais été perçus comme des films de prestige», affirme le narrateur. Quelques contre-exemples existent cependant, à l’instar de Shining de Stanley Kubrick, qui a nourri les cauchemars de toute une génération. Mais dans les années 1980, on assimile surtout les films d’horreur à des scènes sanglantes dans lesquelles des adolescent(e)s sont poursuivi(e)s par des tueurs fous. Des longs métrages bon marché qu’on regarde pour le plaisir de sursauter, en somme.

Extrait de Halloween, la Nuit des masques, de John Carpenter (1979)

Pour Vulture, le film Scream, réalisé par Wes Craven et sorti en 1996, a initié un changement:

«Il propose un regard sur les films d’horreur à l’intérieur du film lui-même. Il a ouvert la voix aux films modernes du genre.»

Peu à peu, quelques réalisateurs ont laissé de côté le gore et le sexe. Pour preuve, le récent Get Out de Jordan Peele, acclamé par la critique, est pour une longue partie aseptisé en matière de représentation de la violence: il faut attendre les trois-quarts du film pour voir –un peu– de sang.

Sortir du gore

 

En contrepartie, les récents films d’horreur vont s’attacher à parler de questions sociales ou sociétales à travers l’épouvante. Dans Mister Babadook, sorti en 2015, Jennifer Kent reprend l’histoire du Boogeyman, le croque-mitaine inventé pour effrayer les enfants. Mais Vulture insiste sur le fait qu’il s’agit aussi de parler de la maladie mentale et du deuil auxquels doivent faire face un fils et sa mère. Le monstre devient vite l’incarnation de la dépression dont ne peuvent se débarrasser les deux protagonistes.

De son côté, Get Out ne parle pas uniquement d’un jeune homme noir qui rencontre la famille raciste de sa petite amie. Il symbolise la rivalité raciale et le racisme ordinaire qui perdure aujourd’hui aux États-Unis.

Les nouvelles ambitions des films d’horreur seront peut-être récompensées par des nominations –voir des victoires– de Get Out aux prochains Oscars. Mais les nouvelles questions que ces films posent ne les empêchent pas de nous effrayer, si bien que l’on aura toujours autant peur d’un long couloir noir.

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