Monde

À Istanbul, le terrorisme conduit à la dé-gentrification

Repéré par Juliette Mitoyen, mis à jour le 08.06.2017 à 14 h 27

Repéré sur CityLab

2016 fut une année noire pour la Turquie et particulièrement pour Istanbul, le centre économique et culturel du pays. Frappée à plusieurs reprises par des attentats terroristes meurtriers, la ville voit depuis disparaître les classes aisées et les touristes du centre.

Des gens passent devant de nombreux commerces fermés dans Istiklal, la principale rue commerçante d'Istanbul, le 12 août 2016. OZAN KOSE / AFP

Des gens passent devant de nombreux commerces fermés dans Istiklal, la principale rue commerçante d'Istanbul, le 12 août 2016. OZAN KOSE / AFP

Au cours des années 2000, la Turquie était «the place to be» pour les globe-trotters du monde entier, qui faisaient un arrêt obligatoire à Istanbul. Petit à petit, des quartiers très populaires et underground comme celui de Cihangir ont alors connu une forte gentrification: les classes aisées et les touristes occidentaux affluaient, des bars branchés ouvraient, les loyers augmentaient. Mais le boom économique d’Istanbul fut de courte durée, comme l’explique Paul Benjamin Osterlund sur CityLab.

Aujourd’hui, la ville observe un phénomène sévère de dé-gentrification. Les terrasses des bars et boîtes de nuit sont vides et ce ne sont plus les bobos mais les signes «à louer» qui fleurissent dans les quartiers autrefois huppés d’Istanbul. Yalçin Bayazitli, agent immobilier stambouliote, déplore ce déclin:

«Les prix ont chuté de 20% depuis les attentas. Un appartement qui coûtait avant 1.400 dollars n’en vaut plus que 980 maintenant.»

Le coeur du problème: des touristes absents

 

Et pour cause: en 2016, la Turquie a été frappée par huit attentats terroristes dans lesquels plus de 200 personnes, dont de nombreux touristes, ont perdu la vie. Le 19 mars 2016, une voiture piégée explose dans l’avenue d’Istiklal, la plus touristique et la plus célèbre de d’Istanbul. Minés par l'insécurité et le risque de récidive, des dizaines de magasins qui faisaient vivre cette allée ont fermé boutique et les hôtels adjacents autrefois favorisés par les touristes déplorent un taux d’occupation très bas. Les policiers, aux aguets, surveillent maintenant  sans repos cette artère devenue une cible de choix pour les terroristes. Un sentiment d’insécurité entoure le pays et les voyageurs plébiscitent désormais d’autres destinations.

Pourtant, des politiques d’urbanisation orientées vers le tourisme ont été mises en place à Istanbul. Le grand projet du Galataport, un front de mer aménagé avec hôtels de luxes et promenades, a coûté plus d’un milliard de dollars à la ville. Mais en avril dernier, le chantier a été stoppé… faute de touristes.

Les conséquences de ce déclin sont lourdes: en 2016, la Turquie a accusé une chute de 30% de ses revenus touristiques par rapport à 2015. Une situation qui risque de s’installer dans la durée à Istanbul au regard du climat actuel et de la situation politique instable en Turquie.

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