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Iran: l'opposition rend hommage au grand ayatollah Montazeri

Temps de lecture : 2 min

Des milliers de personnes se rendaient en Iran dans la ville de Qom à 125 kilomètres au sud de Téhéran pour participer aux funérailles du Grand ayatollah réformateur Hossein-Ali Montazeri, très critique à l'égard du régime islamique et du président Mahmoud Ahmadinejad.

Selon certaines sources non vérifiées, des personnes se seraient également rassemblées à Téhéran pour lui rendre hommage. M. Montazeri, qui était âgé de 87 ans, est décédé samedi 19 décembre des suites d'une longue maladie.

Ces funérailles seront célébrées lundi 21 décembre à Qom. Il devrait être inhumé dans le mausolée de Masoumeh, soeur de l'imam Reza, 8ème imam de l'islam chiite très vénéré.

A l'annonce de sa mort, des étudiants se sont rassemblés à l'université de Téhéran pour réciter des versets du Coran à sa mémoire, selon le site de l'opposition Rahesabz.

Théologien respecté, l'ayatollah Montazeri a été l'un des théoriciens de la révolution islamique, et l'un des artisans de la constitution de la République islamique. Proche de l'imam Khomeiny dont il avait été l'élève, il s'était progressivement imposé comme l'une des figures clefs de la révolution, jusqu'à être désigné publiquement par le fondateur du régime comme son successeur en 1985.

Considéré comme appartenant au courant le plus libéral et progressiste du clergé, l'ayatollah Montazeri finira toutefois par payer ses critiques croissantes contre le durcissement du régime à l'égard de ses opposants. Ecarté du pouvoir par l'imam Khomeiny en mars 1989, peu avant la mort du fondateur de la république islamique, il sera alors assigné à résidence dans la ville sainte de Qom par le pouvoir qui redoute son influence.

Il y passera près de 15 ans dans une semi-réclusion, sous étroite surveillance et autorisé seulement à des contacts restreints avec l'extérieur, limitant ses déclarations mais conservant une influence morale et intellectuelle parmi l'aile libérale du régime.

La levée de son assignation à résidence en 2003 va lui permettre de retrouver une certaine liberté de parole, pour critiquer notamment la politique du président Mahmoud Ahmadinejad.

Il avait émis des réserves sur la réélection contestée du président Ahmadinejad en juin, estimant que «personne ne pouvait croire» que le scrutin avait été honnête, et dénoncé la répression des manifestations qui avaient suivi. En août, il estimait que les émeutes pouvaient conduire «à la chute du régime».

Dans se dernière prise de position publique le 16 décembre, il dénonçait sur son site internet «la mort de gens innocents», «l'arrestation de militants politiques réclamant la liberté» et les «procès-spectacle illégaux» d'opposants.

La méfiance du régime à l'égard de cette figure dissidente de la révolution islamique transparaissait dimanche dans les médias officiels ou semi-officiels: aucune des agences qui ont annoncé sa mort ne lui a donné son titre de grand ayatollah.

[Lire l'article complet sur BBC News]

Lire également sur le régime islamique iranien: De quoi l'Iran a-t-il peur?, Iran: Comment Ahmadinejad a truqué les élections, Récit d'une captivité en Iran et L'Iran renforce ses efforts pour étouffer l'opposition.

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Image de Une: Une manifestation contre Mahmoud Ahmadinekad à Téhéran Reuters

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