Monde

Attentat de Londres: l’humour plus fort que la haine?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 05.06.2017 à 17 h 14

Repéré sur The New York Times

Les médias ont mis en avant des réactions qui soulignent le sang froid et l'humour des Britanniques dans un moment de crise. Ce refus de céder à la peur suffira-t-il pour combattre le terrorisme?

Cette photo d'un homme gardant sa pinte à la main alors que les habitants fuient la scène des attentats est devenue virale.

Cette photo d'un homme gardant sa pinte à la main alors que les habitants fuient la scène des attentats est devenue virale.

Un fêtard qui fuit les attaques, préservant soigneusement sa pinte de bière pendant sa course, est devenu l’emblème du flegme et de l’humour britanniques face à la terreur.

Son image a été largement diffusée depuis l’attaque samedi 3 juin de trois hommes qui ont utilisé un camion sur le London Bridge, puis se sont rués sur les bars, poignardant des clients et causant la mort de sept personnes et faisant 48 blessés.

L’image de l’homme à la pinte «reflète la manière dont les Britanniques aimeraient se voir eux-mêmes pendant une situation de crise: cool, calmes et aux priorités inchangées», écrit Jenni Russell dans le New York Times. Plusieurs plaisanteries de ce type ont fait le bonheur des réseaux en jouant sur ces traits de personnalité volontiers prêtés aux Britanniques.

Les réactions des Londoniens, poursuit l’article du New York Times, sont emrpuntes de sagesse, de sang froid et expriment le refus de céder à la peur. «Nous sommes bons pour les tasses de thé, les tweets sarcastiques et préserver notre pinte de bière pendant les périodes difficiles», s’amuse une journaliste dans une tribune.

Un mantra familier qui rappelle à bien des égards des séquences similaires en France: l’union du pays face aux terroristes, le sursaut citoyen, la fierté renouvelée d’un mode de vie pris pour cible, comme avec la revendication de se rendre en terrasse après les attentats du 13-Novembre.

Mais ces manifestations de confiance dans la société suffiront-elles, alors que le pays a été touché à plusieurs reprises ces derniers mois? Contrairement au terrorisme des années 1970 qui a ensanglanté le pays, poursuit l’auteur de l'article, il n’y a cette fois ni front identifié, ni armée à rejoindre, ni négociations de paix à entamer. Les combattants sont insaisissables, et certains citoyens ont l’impression d’être condamnés à attendre la prochaine atrocité pour ensuite devoir sympathiser avec les victimes en exprimant leur solidarité et leur tristesse par des hashtags. Or dans la période électorale en cours, la réponse politique ne pourra se contenter de blagues réconfortantes sur la bière, conclut la journaliste. Ce qui explique le durcissement de ton de Therera May, la Première ministre en campagne qui se trouve dans une position difficile, ayant été ministre de l'Intérieur ces six dernières années.

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