Monde

«House of Cards» et Trump, une longue histoire d’amour (et de trolling)

Repéré par Mathilde Dumazet, mis à jour le 02.06.2017 à 13 h 43

Repéré sur The Hollywood Reporter

Les politiques qui ont fait les frais des tweets de la série Netflix «House of Cards» sont nombreux. Parmi eux, Donald Trump occupe sûrement la première marche du podium sans jamais avoir pris la peine de répondre aux piques lancées par le compte officiel de la série.

 Capture // Donald Trump: JIM WATSON / AFP

Capture // Donald Trump: JIM WATSON / AFP

Tout a commencé le 15 décembre 2015, lors du premier débat organisé pour la primaire du Grand Old Party (Républicains américains). Avec un tweet et un faux clip de campagne de Frank Underwood, le héros de la série, diffusés pendant l’intermède publicitaire.  

À cette époque, le Community Manager ne se doutait peut-être pas que Trump allait emporter la primaire, et encore moins les élections. «On ne fait que commencer», prévenait-il.

Et en effet, House of Cards a commenté toute la campagne sur Twitter, avec un penchant certain pour les fantaisies de Donald Trump (et celles de Manuel Valls). The Hollywood Reporter a retracé la chronologie des railleries de la série, depuis les primaires jusqu’aux premiers scandales de la présidence de Trump.

Quelques jours après un débat houleux entre les candidats républicains –pendant lequel ils auraient discuté de choses «qu’on ne peut pas changer» selon House of Cards–, la série a posté un tweet assez clair sur ses sentiments pour Donald Trump en répondant à un tweet du site d’information Politico. Dans la vidéo publiée, on peut voir un animateur de télévision qui dit à Trump que son argument est digne d’un enfant de 5 ans.

Mais lorsque Donald Trump a commencé à s’envoler dans les sondages, lors de la campagne d'investiture côté Républicains, le ton sur le compte Twitter de la série s’est un peu durcit. «Je ne sais pas comment nous allons survivre à cette histoire», était sobrement publié le 11 mai 2016. «Parfois la vérité est plus bizarre que la fiction», le 10 juin 2016, en référence aux premières grosses fake news diffusées par Trump.

Quelques jours avant l’intronisation officielle de Trump en tant que candidat des Républicains, House of Cards répond au logo de campagne de celui-ci par un gif assez moqueur. Même esprit dans la réponse de la série au soutien de Ted Cruz à Trump qui réutilise le même gif que lorsque Jeb Bush avait soutenu Ted Cruz pour battre Trump.

Arrive le jour de l’élection: le Twitter de la série enjoint les citoyens américains à voter pour le candidat qui les «regardera dans les yeux et exprimera clairement ce qu’il compte faire». Le Hollywood Reporter raconte que l’équipe du film était en plein tournage le 8 novembre 2016 «et qu'elle s’attendait à ce que Hillary Clinton gagne». Quand ils commencent à comprendre que les résultats ne seront peut-être pas ceux attendus, ils publient un premier message d’impatience, puis un gif, deux heures plus tard, alors que les résultats commencent à être confirmés.

Depuis l’élection, le compte Twitter de la série s’est fait plus discret mais n’a pas manqué de remercier le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Sean Spicer. Celui-ci a porté un badge du drapeau américain dans le mauvais sens (sens du logo de la série) lors d’une conférence de presse. À l’occasion du limogeage du patron du FBI, le Community Manager s’est également fait plaisir en publiant un gif accompagné d’un commentaire moqueur.

De manière toute aussi moqueuse, c’est le compte américain de la plateforme SVOD qui a décidé d’ajouter son grain de sel sur les réseaux sociaux le jour de l’investiture de Donald Trump en publiant un trailer de la saison 5, sobrement intitulé «We make the terror», dans lequel on entend des enfants réciter le texte d’investiture. Le tweet précise ironiquement «on ne saurait commenter quoi que ce soit».

De manière beaucoup plus engagée et virulente, c’est le créateur de la série et showrunner des quatre premières saisons, Beau Willimon, qui a décidé de déclarer la guerre aux idées de Donald Trump. Dans une série de tweets, il a appelé le peuple à sauver la «nation du tyran».

Depuis la cérémonie d’investiture, les publications sur le compte Twitter officiel de la série sont plus obscures et assez floues pour qu’on puisse confondre la série avec la réalité. Et c’est peut-être ça la plus grande leçon qu’on a appris de Trump: parfois la réalité rattrape largement la fiction.

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