Science & santé

D'où vient cette étrange impression parfois de «déjà-vécu»?

Repéré par Mathilde Dumazet, mis à jour le 31.05.2017 à 14 h 04

Repéré sur Mosaic

Le déjà-vu est une sensation qu’au moins la moitié de la population a déjà ressentie. Le déjà-vécu est plus rare. Dans certains cas, les personnes qui le vivent n’arrivent plus à distinguer l’hallucination de la réalité.

Bill Murray dans Un jour sans fin de Harold Ramis

Bill Murray dans Un jour sans fin de Harold Ramis

Le déjà-vu est l’une des expressions les plus appréciées des anglo-saxons: c’est «un sentiment que l’on ne peut décrire qu’avec un mot français», écrivait Stephen King dans Tout est fatal en 2003. Le niveau supérieur du déjà-vu est aussi décrit en français par les scientifiques britanniques, c’est le «déjà-vécu».

Dans Un Jour sans fin, de Harold Ramis, Phil Connors, joué par Bill Murray, est condamné à revivre la même journée, au point qu’il devient difficile de distinguer ce qui relève de la réalité. Mais cette sensation troublante dépasse largement la fiction. Pat Long, journaliste au Times, l’a expérimentée plusieurs fois lors de crises d’épilepsie liées à sa convalescence après une opération pour une tumeur au cerveau.

Pour Mosaic, le journaliste a tenté de faire un point sur les recherches scientifiques en cours sur le sujet, tout en essayant de raconter sa propre expérience du phénomène pour mieux s’en défaire et «retrouver son chemin vers la réalité». Parfois, le sentiment d’avoir déjà vécu le souvenir hallucinatoire créé par son cerveau «est si prégnant que plusieurs jours ou semaines après, [il se bat] pour faire la différence entre ce [qu’il a] vraiment vécu, [ses] rêves, [ses] souvenirs, [ses] hallucinations et les produits de [son] imagination».

L’état de la recherche

L’impression de déjà-vu est assez commune pour qu’au moins la moitié de la population l’ait déjà ressentie, en témoignent les nombreuses références au phénomène dans les films, les chansons et les séries. Selon Chris Moulin, l’homme est en recherche permanente de familiarité dans son environnement au point que le phénomène neurologique n’est plus nécessaire pour que l’expression soit employée pour décrire une situation. Mais les cas de réels déjà-vu, dans lesquels la sensation de familiarité persiste au delà de vingt secondes, sont plus rares.

Deux thèses s’opposent actuellement sur le sujet, l’une, portée par Chris Moulin avance que le déjà-vu et le déjà-vécu trouveraient leur origine dans un dysfonctionnement du processus neurologique pour retrouver un souvenir dans sa mémoire. La zone du cerveau touchée serait celle du lobe temporal, que certaines pathologies (épilepsie, ou tumeur dans le cas de Pat Long) peuvent précisément toucher.

La deuxième (expliquée très simplement dans cette vidéo à 18:30) consiste à dire que l’image arrive en deux temps dans le cerveau –quand on est particulièrement fatigué, stressé ou après un choc– et que celui-ci interprète donc la deuxième image comme un souvenir.

Les explications du déjà-vu et du déjà-vécu sont nombreuses et leur vérification difficile. Même si une équipe de chercheurs dont faisait partie Chris Moulin a réussi à recréer un déjà-vu expérimental, la recherche sur le sujet n’en est qu’à ses débuts.

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