France

À quoi ressemble la vie des enfants oubliés du camp de Calais

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 30.05.2017 à 11 h 41

Repéré sur Buzzfeed

Plusieurs mois après, ils se retrouvent seuls face à la Manche.

Des migrants marchent le long de l'A25, près de Calais, le 15 février 2017. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Des migrants marchent le long de l'A25, près de Calais, le 15 février 2017. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Il y a six mois de cela, la «Jungle» de Calais, où plusieurs milliers de migrants vivaient avec l'espoir de rejoindre l'Angleterre, était évacuée. «1.918 majeurs ont quitté Calais à bord de 45 bus pour rejoindre 80 centres d'accueil et d'orientation (CAO) situés dans onze régions de France», a affirmé Bernard Cazeneuve, alors encore ministre de l'Intérieur. «Quatre cents mineurs ont pour leur part été orientés au centre d'accueil provisoire.»

Seulement voilà, 200 mineurs non accompagnés ont été laissés sur place, pour la plupart originaires d'Afrique subsaharienne, d'Afghanistan ou d'Irak. Buzzfeed UK, qui a décidé d'aller à leur rencontre dans ce qu'il reste du camp, note que, si plus de 750 enfants ont été réunis avec leur famille de l'autre côté de la Manche, d'autres attendent toujours qu'on les prenne en charge.

«Ils ont perdu la foi dans le système et dans leur chance d'arriver en sécurité au Royaume-Uni via une voie légale, explique Philli Boyle, manager de l'association Help Refugees. Si les enfants sont poussés à envisager d'autres façons pour rejoindre le Royaume-Uni et trouver refuge, ils s'exposent à un grand danger.»

Foot, jardinage et géographie

On peut lire alors de témoignage de Daniel, qui a tenté de traverser «peut-être quinze fois» la Manche, de Beba, qui dit avoir une sœur de l'autre côté et vouloir la rejoindre pour jouer au football, ou de Solomon Ayuub, qui affirme que la police française leur prend leur sac de couchage et qu'il a passé quatre jours en prison.

Témoigne aussi Samira, Érythréenne de 17 ans, qui a voyagé quatre mois pour atteindre Calais. Après l'évacuation, et alors qu'on lui avait fait comprendre qu'elle pourrait rejoindre le Royaume-Uni, elle a été laissée sur place. Après avoir disparu du camp pendant un temps, elle a été retrouvée à Paris, stressée et fatiguée, des bleus sur le corps.

«Elle croyait qu'elle aurait une chance d'atteindre le Royaume-Uni depuis là-bas, écrit Buzzfeed. Elle dormait sous une tente dans le quartier de La Chapelle avec d'autres filles. C'est là que des hommes, qu'elle a rencontrés auparavant, lui ont dit qu'elle devrait “travailler” si elle voulait rester.»

Aujourd'hui, elle a appris qu'elle pourrait enfin rejoindre Birmingham. Elle raconte à Buzzfeed sa joie, sa volonté d'aller à l'école pour en apprendre plus sur les gens, qu'elle aimerait étudier la géographie, faire du jardinage (une activité qu'elle a observée chez un voisin italien en Érythrée) et surtout qu'elle aimerait, une fois adulte, aider les gens qui ont connu sa situation. «Je veux juste aider les gens comme moi.»

La suite de ce reportage est à lire sur Buzzfeed UK

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