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La folie Supreme: payer 100 dollars pour pouvoir acheter des chaussures à 450 dollars

Repéré par Mélissa Bounoua, mis à jour le 29.05.2017 à 15 h 06

Repéré sur Wired

La marque Supreme cultive tellement la rareté que deux jeunes Américains ont trouvé le moyen de gagner de l'argent en créant un bot qui assure aux clients d'obtenir les vêtements qu'ils souhaitent sur le site.

White Girl So Fly VOL. Cocaine | Guian Bolisay via Flickr CC License by

White Girl So Fly VOL. Cocaine | Guian Bolisay via Flickr CC License by

Il n'y a pas de magasin Supreme à Miami. C'est comme cela que Matt Steiner a commencé à s'intéresser à la façon dont il pouvait obtenir les vêtements de cette marque new-yorkaise sans avoir à faire la queue devant l'une des neufs boutiques (New-York, Londres, Los Angeles, Paris, Tokyo etc.). Le premier magasin a ouvert à SoHo en 1994 et a construit sa notoriété en cultivant la rareté des pièces qu'il vend: t-shirts, sweats, pantalons...

Pour ceux qui ne connaissent pas la marque de vêtements au logo rouge et blanc, Wired résume très bien le phénomène:

«Si vous ne comprenez pas pourquoi quelqu'un voudrait payer 100 dollars juste pour dépenser encore 200 dollars dans une paire de tennis, pas de problème: Supreme ne s'adresse pas à vous. Depuis sa création en 1994, l'entreprise a totalement transformé le consumérisme classique et créé au passage une communauté de fans aux airs de secte. Le premier magasin a ouvert quand personne n'avait encore jamais entendu parlé de “streetwear”.»

À chaque nouvelle collection, le nombre de t-shirts, sweats, pantalons, vestes, porte-clés, casquettes... est extrêmement limité. Les boutiques semblent vides tant les produits sont rares. La raison invoquée par le fondateur James Jebbia est que les clients peuvent y faire du skate. C'est ainsi que des Supreme Jordan 5s peuvent se vendre près de 450 dollars (402 euros) en 2015. 

L'e-shop a ouvert en 2006. Payer un robot pour faire l'achat automatiquement sur l'e-shop peut donc se révéler plus avantageux, d'autant que le client est assuré d'obtenir ce qu'il veut sans que quelqu'un ne l'ait porté auparavant. Matt Steiner et son ami Chris ont compris qu'il y avait un marché en 2014: les files d'attente font généralement le tour du pâté de maison la veille de la nouvelle collection en magasin. En une matinée à la mise en ligne d'une nouvelle collection, ils ouvrent leur site pour une heure, détaille Wired, les clients peuvent acheter l'usage du bot de Matt et Chris, le «Supreme Saint». Quand les Nike Air Jordan 5 ont été commercialisées chez Supreme en 2015, les deux amis ont gagné 20.000 dollars (17.880 euros) en 5 secondes, selon Wired. Chaque place pour acheter les chaussures valait 100 dollars – le duo ne veut pas révéler son chiffre d'affaires annuel.

Comment font-ils pour aller plus vite que tout le monde? Un matin, raconte Wired, avant que le site de Supreme n'ouvre pour la vente, Matt et Chris collectent les listes d'achat de 38 clients, avec leurs coordonnées bancaires, en les dirigeant vers la boutique en ligne au Royaume-Uni, déjà ouvert. Une heure après, ils ferment leur site alors que 10.000 internautes sont dessus. A 11 heures précises, le bot se connecte aux serveurs de Supreme avec les 38 listes et les moyens de paiement associés et double tous les autres clients qui s'acharnent à entrer leurs coordonnées sur le site de Supreme –le design du site n'a pas changé depuis 2006. Trente-huit e-mails sont envoyés aux clients pour confirmer les achats. L'opération a pris 19 secondes.

Ce type d'automatisation n'est pas appliquée qu'à Supreme, les amateurs de sneakers avaient déjà créé les premiers bots en 2012 quand Nike annonçait la mise en vente de certains modèles via Twitter.

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