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Les horribles blagues du président philippin Rodrigo Duterte

Temps de lecture : 2 min

«Si vous avez violé trois femmes, j'assumerais la responsabilité.»

Rodrigo Duterte lors d'une conférence de presse à Manille aux Philippines, le 24 mai 2017 |
NOEL CELIS / AFP
Rodrigo Duterte lors d'une conférence de presse à Manille aux Philippines, le 24 mai 2017 | NOEL CELIS / AFP

Il fallait rassurer les soldats: c'est ce qu'a fait le président philippin Rodrigo Duterte. Sur le ton de la blague, il leur a donc assuré qu'ils ne seraient pas poursuivis, malgré la loi martiale, s'ils violaient trois femmes. En ajoutant qu'il en prendrait toute la responsabilité, apprend-t-on dans le Guardian.

Le président Duterte est connu pour ses dérapages fréquents. Même s'il a fait cette remarque sur le ton de la blague, il le faisait pour signifier son soutien aux armées qui défendent l'île de Mindanao. Si le chef d'État semble être du côté des troupes, c'est parce que le pays redoute une «invasion» islamiste sur place.

«Si vous tombez, je tombe. Pour cette loi martiale et ses conséquences, moi et moi seulement en suis responsable, faites simplement votre travail, je m'occuperai du reste», a déclaré Duterte, ce vendredi 26 mai. «Je vous emprisonnerai moi-même» a-t-il continué, s'adressant à tout soldat qui enfreindrait la loi, avant de rire: «Si vous avez violé trois femmes, je le prendrais sur moi.»

Duterte s'exprimait avoir imposé la loi martiale sur l'île mardi 23 mai pour empêcher l'avancée de rebelles liés à l'État islamique.

«J'ordonne aux troupes de tuer et d'éliminer toute personne qui n'est pas autorisée par le gouvernement à porter une arme et qui résiste.»

Il ne s'est pas arrêté là dans ces traits d'humour. Il a dit aux soldats qu'il se serait bien joint à eux mais qu'il avait de l'arthrite, précise le Guardian.

Les effroyables «blagues» de Rodrigo Duterte

Ce n'est pas la première «blague» de Rodrigo Duterte à propos du viol. Pendant sa campagne à la présidentielle en 2016, il a plaisanté à propos d'une victime de viol et de meutre australienne.

«Ils ont violé toutes les femmes (...) Il y avait cette missionnaire australienne (...) J’ai vu son visage et je me suis dit, putain, quel dommage. Ils l’ont violée, ils ont tous attendu leur tour. J’étais en colère qu’ils l’aient violée mais elle était si belle. Je me suis dit, le maire aurait dû passer en premier», lance-t-il.

Il s'en était excusé.

Mais Rodrigo Duterte ne tient pas des propos choquants seulement à propos du viol. «Ce fils de pute. Il m'a énervé»: en août 2016, il qualifie encore le diplomate américain Philip Goldberg aux Philippines d'«ambassadeur homosexuel». Il a aussi traité le Pape de «fils de pute» avant d'aller s'excuser. Même insulte encore envers Barack Obama en septembre 2016. Excuses encore. Il s'est aussi comparé à Hitler. Et a qualifié les membres du Congrès américains de «macaques».

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